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Say Something || Jaoirse

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Jeu 22 Sep - 16:13
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Jack & Saoirse
Elle était en vie, elle était bel et bien dans cette ville, elle était présente dans la moindre de ses pensées. Elle ne pouvait oublier le goût salé des larmes sur ses lèvres, elle ne pouvait oublier les mots qui avaient été échangés. Son regard se posa sur l’alliance qu’elle tenait au creux de sa main et sa poitrine s’agita d’angoisse. Il était difficile de digérer une telle nouvelle alors que voilà bien deux ans étaient passés depuis… tout ça. Le deuil avait été impossible, voir inenvisageable pour la jeune femme pendant ces années.  Voilà qu’elle avait pensé pouvoir tourner la page lorsqu’elle se réveilla dans les bras de Louisa, mais voilà que cette dernière lui avoua la vérité et tout ce petit univers si joliment formé éclata en éclats.

Cette femme qui avait été sa belle mère avait fait de sa vie un enfer en faisant un tel chantage à sa femme. D’un revers de main, Jack chassa ses larmes et contempla l’heure. Il fallait qu’elle la revoie, qu’elle comprenne qu’il n’était pas question d’un rêve, mais bel et bien de la réalité. Il avait été trop tôt la dernière fois pour qu’elles puissent réellement discuter. L’émotion avait été si forte que Jack s’était retrouvée à saisir ses lèvres pour ne pas sombrer, mais les mots avaient été trop lourds, imprononçables.

Elle offrit un bref sourire au serveur qui lui demanda si elle souhaitait commander, mais elle déclina gentiment l’offre. Elle attendait quelqu’un. Son magnifique regard se jeta de l’autre côté de la rue et son cœur rata un battement lorsqu’elle la vit, là. Magnifique comme toujours, une déesse parmi les hommes qui avait été un jour sienne. Jack ne pouvait nier le désir de la sentir une nouvelle fois contre elle, sentir la chaleur de sa peau et le frisson de cette dernière sous son toucher, mais elle ne pouvait…

Elle poussa un soupir et se leva de sa chaise lorsque sa femme fit son entrée dans le café. Comment devait-elle l’accueillir ? Comment devait-elle agir ? Tout ceci n’était qu’un terrible bordel. « Saoirse. » salua-t-elle avant de lui voler un bref baiser. Elle ne voulait pas que les gens autour ne s’intéressent à elles, alors autant jouer le couple heureux le temps des salutations. « Je t’ai attendu pour commander. » Une conversation banale pour masquer les mouvements paniqués de son cœur. Avait-elle le droit de lui dire qu’elle la trouvait à couper le souffle ? Ses yeux s’abîmaient à pareille contemplation, elle ne pouvait se mentir là-dessus.

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Sam 1 Oct - 20:46
La bouteille de vin et le verre à moitié vide (ou plein tout dépend l'humeur du moment)  qui traînaient, abandonnés sur la table démontraient que la soirée avait été on ne peut plus productive. Et Saoirse avait certes eu de la compagnie, s'était enivré un peu plus que de raisons, comme pour trouver le courage. Le courage de la revoir, encore. Elle avait encore le bourdonnement dans la tête, les lèvres qui vibraient, comme quand Jack avait de nouveau déposer sa bouche contre celle de l'Irlandaise, l'ivresse du moment, les gestes maladroits, les mains froides qui contrastent avec la peau chaude. Saoirse avait tourné encore et encore le moment qui s'était passé dans la réserve, elle avait refait le film, l'histoire, une fois, deux fois puis durant les nuits d'insomnie. Et il avait fallu qu'elle lui demande de la revoir, parce qu'elle voulait savoir. Parce qu'elle voulait enfin avoir le fin mot de l'histoire, si c'était ce que Jack voulait, alors Saoirse ferait en sorte de divorcer. Elle ne voulait que le bonheur de celle qui avait été sa libératrice, la libératrice d'un sentiment qui avait été étouffé longtemps par une mère un peu trop intense, une mère qui n'avait eu de cesse de lui appuyer la tête pour qu'elle la garde sous l'eau et Jack avait été ses poumons, sa bouée de sauvetage. Sa rédemption.

Elle attrapa la première chemise et la première paire de bottes qui traînaient là, les accessoirisa d'une grosse ceinture et elle se mit en route direction l'endroit que lui avait indiqué Jack pour qu'elle se retrouve, le coeur qui battait un peu trop la chamade, le coeur qui battait au diapason de leur relation perdue. Elle était un peu trop dans ses pensées Saoirse, si bien qu'elle se fit klaxonner par un chauffard bien trop pressé alors qu'elle traversait, ce qui la fit sursauter, elle secoua la tête, reprit son chemin et vérifia par deux fois l'adresse avant de l'aperçevoir dans la vitrine. Elle coupa son téléphone professionnelle, le mit sur silencieux, et entra dans le café, se rapprocha de sa femme et elle fut presque étonnée quand elle lui vola un baiser. Son estomac se tordant un peu plus. Elle s'installa en face de sa femme et lui sourit  Merci.  Pourquoi la remerciait-elle ? Il n'y avait aucune raison. Mais elle ne put retenir ses mots. Elle jeta un regard coulant vers sa femme et s'humidifia les lèvres Comment vas-tu ? Elle serra les dents et se fustigea intérieurement d'être si faible. Je suis- Merci d'avoir accepté de me revoir, encore. Elle souffla un peu et regarda le serveur qui venait d'arriver à leurs côtés et elle commanda un thé matcha, elle regarda Jack en passant une main dans ses cheveux Que veux-tu Ja- darling ?

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Dim 16 Oct - 15:17
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Jack & Saoirse
Elle pouvait sentir qu’elle était tendue, il ne fallait pas être un expert en la matière pour remarquer la tension de la mâchoire, la flamme hésitante dans le regard et les doigts qui ne savaient quoi toucher pour s’occuper. Jack avait été dans le même état ce matin même mais avait su garder son calme en voyant sa femme arriver devant elle. Elle s’assit alors et vint tripoter quelque peu l’alliance qu’elle avait remis à son doigt, elle ne pouvait expliquer sa décision de le faire. Après tout, la française n’était pas encore prête à tout lui pardonner, on ne pouvait oublier une telle tragédie en un claquement de doigts. L’amour ne pouvait tout résoudre, l’aimait-elle encore ? Jack ne voulait même pas se poser la question.

Elle coula un regard dans sa direction et dut se retenir d’attraper la main de la brune pour la calmer. Un tel geste pouvait même avoir l’effet inverse, Jack avait fini par la connaître par cœur. « Je vais bien, un peu fatiguée à cause du travail et toi ? » La jeune femme tourna son attention sur le serveur qui venait de les rejoindre de nouveau. Elle laissa Saoirse commander en première et fut étonnée du surnom qu’elle lui donna. Un simple mot qui vint créer un ras de marée dans son esprit, les souvenirs envahissaient ses barrières. « La même chose, merci. » Il s’en alla et elle vint embrasser son regard du sien. Les mots manquaient, mais elle devait se faire violence. Jack ne l’avait pas fait venir ici pour simplement la fixer et siroter une boisson. Non. Il fallait qu'elle sache comment sa femme avait pu réussir à disparaître le jour même où elles se réveillaient dans leur lit sans ne lui piper mot.

Elle prit une profonde inspiration et se passa une main devant les yeux. « Je ne pouvais te laisser partir une seconde fois après tout. » commença-t-elle doucement. « Mais je ne pouvais non plus t’accueillir une nouvelle fois les bras ouverts, ce n’est pas possible. » Nouveau soupir et voilà que sa main vint finalement chercher la sienne. « Mais ce n’est pas pour autant que je suis furieuse contre toi, je suis simplement perdue, en colère ce qui est normal, mais surtout perdue. » Elle se mordit l’ongle du pouce. « Il faut que tu m’expliques les moindres détails. Je sais que ta mère en est la raison, mais j’ai besoin de connaître toute l’histoire, chérie. »


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Ven 21 Oct - 18:15
Un air familier, une odeur familière, des mots qui flottent dans l'air, et une appréhension qui n'avait de cesse de grossir au creux de son estomac quand elle s'imaginait revoir Jack. Elle avait encore les effluves de leurs précèdentes rencontres, la sensation des lèvres de sa femme contre ses lèvres et elle voudrait que cette sensation revienne encore et encore. Mais elle n'en était pas digne, du moins, c'était ce qu'elle pensait. Elle n'était pas digne de son amour, elle n'était pas digne des sentiments que Jack avait pu éprouver à son encontre, parce qu'elle avait été lâche. Lâche de croire qu'elle l'attendrait alors qu'elle ne donnait pas signe de vie, mais si elle avait fait ça, c'était pour Jack principalement. Même si elle avait certainement agi égoïstement, elle ne voulait pas que Jack soit un dommage collatéral d'une relation familiale qui venait simplement d'exploser. Saoirse haussa simplement les épaules face à la question de sa femme « Je suis un peu fatiguée aussi, j'ai enfin terminé de vider mes cartons, je prends mes marques à l'Outpost et la galerie tourne bien, mais j'aimerais que ma vie cesse d'avancer à 1000 à l'heure. » répondit-elle simplement. Le serveur qui les regardait, Saoirse aurait eu envie de lui dire d'aller se faire voir avec ses oreilles attentives qui trainaient et lui dire qu'il ferait mieux de faire son boulot s'il ne voulait pas d'une esclandre, mais elle se retenait pour ne pas passer pour une hystérique.

Ses yeux scannèrent ceux de Jack, puis son regard dévia lentement vers son visage, ses pommettes, ses lèvres, son sourire. Et elle se rendit compte de tout ce qu'elle avait perdu. De tout ce qu'elle avait abandonné quand elle avait laissé sa mère gagner. Elle écoutait, imprimait les mots qui semblaient être difficiles à prononcer, déglutit quand la main de sa femme trouva la sienne et machinalement, elle entrelaça leurs doigts, la laissant terminer. Elle imprima les informations qui tournaient dans sa tête, encore et encore. « Je me doute que tu es perdue, et j'en suis désolée. » commença t-elle, son pouce caressant le dos de la main de son interlocutrice et elle passa sa main libre derrière sa nuque en soufflant « Ma mère est venue un soir chez nous quand tu n'étais pas encore rentrée » commença t-elle, une boule qui se formait d'ores et déjà au fond de sa gorge « Et elle m'a dit que si je ne te quittais pas, j'étais finie. Elle allait salir mon nom, ma réputation, elle allait me blacklister de toutes les soirées, de toutes les galeries, de tout. Elle m'a dit que si je ne te quittais pas, elle ferait de ma vie un enfer. » Le serveur qui revint coupa Saoirse dans son élan et elle souffla avant de le remercier, la mâchoire serrée, face à ce type qui ne se cachait pas de reluquer sa femme. Elle resserra un peu l'emprise de ses doigts sur ceux de Jack et la regarda quand il s'échappa « Et je ne voulais pas qu'elle m'atteigne, parce que m'atteindre moi, c'était t'atteindre toi. Et je ne voulais pas que tu sois un dommage collatéral d'une relation qui s'était étiolé avec le temps. Mais il n'y a pas un jour sans que je n'ai pas pensé à toi. Je t'ai toujours dit que tu serais mon éternelle et j'ai tenu cette promesse. Je n'ai pas été capable de renoncer à toi, de renoncer à nous. Parce que c'est- c'était avec toi que je voulais être. Pour toujours. » Quand elle eut terminé, Saoirse retira doucement sa main, moite, de celle de Jack et l'essuya frénétiquement sur ses cuisses avant de prendre une gorgée de sa boisson chaude, le regard baissé, la honte trop présente.

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Mar 1 Nov - 12:00
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Jack & Saoirse
Est-ce que tout ceci n’était pas une énorme farce ? Une farce bien trop ridicule pour cette femme qui ne la méritait pas, elle qui était revenue à peine des enfers. Pourquoi lui faire subir pareil supplice, elle qui avait à peine gouter au bonheur ? La douleur agitait son cœur alors que la colère animait son esprit. Cette femme avait décidé de tout lui prendre sans le moindre remord, cette marâtre qui ne l’avait jamais aimé et qui souhaitait lui faire payer sa propre intolérance. Comment avait-elle réussi pareil tour ? Pareille menace ? Elle connaissait tout simplement bien sa fille et savait toucher ses points faibles en un simple claquement de doigts.

Jack avait envie de fuir, tout comme elle avait envie de se révolter. Elle avait l’impression que le passé qu’elle avait souhaité oublier pour de bon revenait à la charge sans prévenir. Ce foutu passé qui avait failli avoir raison d’elle. Ce passé où la drogue avait été son unique échappatoire face à une existence tortueuse, douloureuse, sans avenir. Tout avait été néant et Jack avait perdu pied pour de bon jusqu’à parvenir à remonter la pente.

La libraire vint clore ses paupières dans une tentative de faire taire ses pensées. Mais voilà qu’un visage se peignit contre ses yeux clos. Louisa. Cette fille qui avait su lui rendre le sourire et lui offrir une nouvelle perspective d’avenir. Cette fille dont la personnalité solaire l’aidait au quotidien à ne pas broyer du noir. Quelle égoïste elle avait fait ces derniers jours à ne cesser de lui parler de sa défunte épouse revenue d’entre les morts sans se soucier de ce que pouvait ressentir son employée. Certes, Louisa avait quelqu’un dans sa vie, une personne qu’elle aimait follement, mais Jack savait très bien que l’alchimie qui les liait était encore forte.

Elle ouvrit, de nouveau, les yeux et se mordit l’intérieur de la joue. Saoirse. Sa femme semblait sur le point de faillir pour de bon et le silence qu’avait instauré Jack n’aidait en rien à dissiper le malaise. Elle vint entourer sa tasse de ses doigts comme pour garder la chaleur de la paume qui venait de quitter la sienne et ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. Les paroles étaient douloureuses pour cette femme qui n’avait su faire le deuil de celle qu’elle avait désespérément aimé.

« Je vois que tu n’as pas chômé. Tu es de retour sur New York depuis combien de temps exactement ? » Saoirse ne cessait de lui rabâcher qu’elle ne pensait qu’à elle, ne souhaitait qu’elle et autres belles paroles qu’elle avait du mal à croire face à son discours de femme d’affaires névrosée. « Je vois que ta mère a toujours su taper là où ça faisait mal. Ta carrière. » répondit-elle presque sèchement. Elle se souvenait encore des paroles arrogantes de son épouse lorsqu’elle parlait de sa carrière ou encore les fois où elle s’était sentit comme un trophée à son bras lors de quelques vernissages. Certes, il ne s’agissait que de minimes moments douloureux dans sa mémoire, mais ils étaient marqués au fer rouge à cet instant même.

« Tu ne cesses de me dire que tu ne veux que moi, me retrouver moi, encore et encore. Et pourtant tu as pris le temps de te refaire une carrière avant de revenir m’annoncer ton retour. Trois putain d’années, Saoirse, je ne sais pas si tu te rends compte d’à quel point c’est long trois putain d’années. Je suis quoi ? Le plan B après ta petite carrière ? Depuis combien de temps je suis en putain de second plan ? »

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Dim 13 Nov - 14:48

Elle avait l’impression de marcher sur un fil tendu entre deux buildings sans protection, rien que ses pieds avançant l’un devant l’autre, et prier de ne pas s’étaler sur el sol. Elle savait quand elle avait revu Jack, que ça aurait été compliqué, mais elle n’imaginait pas ça comme ça. La revoir, la toucher de nouveau, sentir son souffle contre ses lèvres, c’était quelque chose qu’elle avait longtemps imaginé, mais elle avait peur Saoirse. Même si elle semblait affreusement sûre d’elle, elle avait peur de la perdre définitivement et même si elle avait passé trois ans de sa vie séparée de la femme qu’elle aimait, elle n’avait pas envie de passer tout le restant de sa vie à pleurer une relation qui avait été belle, et qui serait belle. Elle voulait y croire Saoirse même si c’était bien trop compliqué en ce moment. La revoir là, remuait tant de souvenirs qu’elle avait seulement envie de fuir. Mais elle ne pouvait pas lui faire ça, elle ne pouvait agir de la sorte une fois de plus parce que son cauchemar se matérialiserait plus vite qu’il n’en faut pour le dire. Elle ne voulait pas, plus, lui mentir. Alors elle lui avouait tout ce qu’elle avait fait depuis son retour à New York, persuadée que ça ne ferait pas de mal. Mais c’était tout autre. Saoirse sentit son coeur qui se serrait dans sa poitrine, saisit sa tasse en tremblant et la regarda cracher sa haine déguisée, en ne sachant que dire, elle ne savait même pas si elle devait répondre « Depuis assez de temps pour avoir fait tout ça. » répondit-elle sèchement à son tour avant de se rendre compte que ça ne mènerait à rien. Elle déglutit et secoua négativement la tête « Ma mère a toujours su taper où ça fait mal. » et c’est pour ça que j’ai voulu te protéger avait elle envie de rajouter mais elle se mordit la langue pour ne pas le faire. Consciente que ça aggraverait la situation.

Elle commença à serrer la tasse qu’elle avait gardé dans ses mains, ses jointures devenant blanches face aux accusations de sa femme et elle se pinça les lèvres, elle ne devait pas s’énerver, malgré le fait que Jack la poussait dans ses retranchements, Saoirse n’haussa pas le ton de la voix, il n’y avait pas besoin de faire une scène en plein milieu du salon, elle ne voulait pas donner satisfaction au commères présentes dans la pièce. Elle secoua la tête, lassée des attaques de sa femme, tenta de modérer ses propos, de les tourner pour qu’ils ne déclenchent pas une troisième guerre mondiale. « Comment tu peux dire ça ? ,demanda t-elle en guise d’introduction, tu n’as jamais été mon plan B Jack. Jamais. Tu aurais été mon plan B, quand ça n’allait pas à l’époque, quand tu n’étais pas bien, je ne serais pas restée auprès de toi, j’aurais agit comme la grosse connasse que tu penses que j’étais ou que je suis. Tu n’as jamais été en second plan et si je ne suis pas revenue te voir tout de suite, c’est parce que- c’est parce que j’avais peur. » expliqua t-elle, en serrant la mâchoire. « Parce que tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais je t’aime. J’aurais tiré un trait sur nous, je ne serais pas revenue, je serais restée recluse en Irlande ou en Suède, je ne serais pas revenue. Mais j’avais l’impression de crever sans toi, trois ans c’est quoi ? Trois ans c’est long quand on est séparé de la personne qu’on aime. Mais pense ce que tu veux, que tu es un plan B, une roue de secours, un second plan, pense ce que tu veux. Mais ne dis pas que je n’ai rien ressenti quand je suis partie, ne dit pas que je n’ai rien ressenti quand j’étais loin de toi. J’avais l’impression de crever, mais crever loin de toi n’était rien quand je savais que je te protégeais Jack. » Saoirse but une gorgée de sa boisson à la fin de sa tirade, fuyant le regard de sa femme parce qu’elle ne voulait pas voir le ressentiment qui se pointait dans ses yeux. Rien ne lui ferait plus mal que de voir qu’elle la détestait. Rien ne lui ferait plus mal que de savoir que tout était brisé, par sa faute.

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Dim 13 Nov - 16:17
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Jack & Saoirse
Cette situation était épuisante, éreintante pour ces deux femmes qui ne cherchaient -pourtant- qu’à se retrouver. Mais la rancœur et la colère étaient de puissants obstacles dont on ne pouvait ignorer la présence. Même si l’une implorait le pardon, les larmes perlant sur les jours, l’autre ne pouvait nier les fissures de son cœur. Mais se rendaient-elles compte que toute deux souffraient pareillement ? Que les pensées étaient les mêmes ? Que les fissures étaient quasi-sœurs ? Pourquoi alors se déchirer de la sorte au lieu d’avancer ensemble ? De tenter de réparer l’autre en effaçant la cause de tout leur tourment ? Cette cause qu’on ne pouvait malheureusement pas éradiquer en un claquement de doigts puisque les liens du sang étaient parfois bien trop présents pour accepter de se voir mettre derrière des barreaux.

Jack ne craignait pas de soutenir son regard, loin de là, elle assumait la cruauté de ses paroles car c’était exactement ce qu’elle ressentait en cet instant. Il y a bien quelque chose dont la jeune femme ne parlait jamais et ne comptait pas le faire. Sa famille. Depuis son arrivée à New York, il n’existait qu’une personne au courant de son passé en Europe et elle resterait la seule à le savoir. Enfin, c’était ce qu’elle souhaitait, elle ne pouvait malheureusement pas l’affirmer. Mais ce passé l’avait bien trop secoué pour qu’elle accepte d’en parler sans en souffrir derrière. Qu’il était difficile d’admettre que ceux qui nous avaient fait voir le jour étaient également ceux qui nous avaient fait voir l’enfer.

Jack avait toujours détesté son père et sa mère. L’un était violent et l’autre impassible, une statue de marbre témoin de bien trop d’horreurs. Mais elle s’en était foutu de ce passé pendant des années parce qu’une personne avait su, était parvenue à clore la porte de ses démons pour laisser la lumière éclabousser son existence. Cette peintre qui était venue réchauffer son cœur, taire ses peurs et embrasser ce qu’elle était. Jack ne pouvait nier que Saoirse avait été son oxygène, sa thérapie dès le début de leur relation. Cette fille ne l’avait jamais jugé et n’avait jamais baissé les bras en la voyant en si mauvais état. Cette fille n’avait jamais hésité à la rassurer des nuits entières lorsque le manque se faisait sentir. Alors pourquoi se déchirer ainsi au lieu d’avancer ensemble ?

Le regard finit par se détourner, finit par se faire brillant alors qu’elle sentait ses dernière barrières s’effondrer. Il était dur de l’entendre prononcer de tels mots, de l’entendre ainsi crier à l’aide sans pouvoir lui tendre les mains. Les phalanges étaient désormais blanches autour de cette foutue tasse et elle fut effrayée de sentir cette envie de l’envoyer valser contre un mur sans réfléchir. Elle ne voulait pas ressembler à son géniteur, c’était hors de question. « Je t’aime tellement, Saoirse, tu n’as pas idée d’à quel point je t’aime. » murmura-t-elle, presque pour elle-même. « Me protéger ? » Finalement elle se permit de la regarder alors que les larmes inondaient ses joues, un flot d’émotions trop longtemps contenues. « Cette femme ne me fait pas peur, Saoirse. J’avais juste besoin de toi. Et tu n’étais plus là, c’est tout, je n’ai rien d’autre à ajouter. »

« J’ai connu un père violent qui m’a tellement frappé que j’ai fini aux urgences. J’ai connu une mère qui n’a pas sourcillé en voyant mes bras dévorés par les marques de seringue. Ta mère est, certes, une sale garce qui a de l’influence et qui peut me ruiner, mais elle ne pourra jamais me détruire mentalement comme eux l’ont fait. » Finit-elle par avouer. « Je ne veux pas débattre pendant des heures d’un passé qu’on ne pourra jamais changer, je ne veux pas te hurler dessus. Je ne veux pas leur ressembler et je ne veux pas donner satisfaction à ta mère d’avoir enfin réussi à nous séparer. » D’une main tremblante, elle essuya ses larmes et but une gorgée de son thé. « Tu avais tes raisons. Tu as souffert. J’ai souffert. Elle a eu ce qu’elle voulait, mais tu es revenue. »


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Ven 13 Jan - 9:24
Elle savait avec assurance qu'elle n'avait pas son mot à dire Saoirse. Qu'elle ne devait pas plaider sa cause parce que c'était comme foncer dans un mur. Elle était fautive de tout le mal qu'elle leur avait fait, elle était la seule et unique fautive et elle n'avait pas à blâmer Jack. Ne pas assumer son amour face à une mère destructrice, ne pas faire force à deux, ne pas avoir le courage d'en parler à celle qui était -est- sa femme, voilà ce qu'elle avait fait de mal. Et elle avait mal au coeur Saoirse, de la voir dans cet état, de la voir pleurer, elle ne méritait pas ses larmes, elle ne méritait pas que Jack pleure pour elle, elle devrait trouver quelqu'un qui la rende heureuse, quelqu'un qui n'était pas elle. Mais égoïstement, elle voulait la prendre dans ses bras, elle voulait la serrer contre elle et lui dire que tout irait bien. Qu'elle finirait par trouver quelqu'un qui l'aimerait autant qu'elle pouvait le faire. Sauf qu'elle ne lui dirait jamais ça, bien trop occupée à vouloir réparer les fissures de leur relation qui avait éclaté avec son départ. Reprendre les morceaux un à un, les recoller, les solidifier, retrouver ce qu'elles avaient avant. Les mots qu'elle avait entendu tant de fois dans son esprit la percutèrent de plein fouet et elle devait garder une contenance pour ne pas sombrer, pour ne pas se mettre à pleurer elle aussi. Elle avait tant de fois pleurer, elle avait tant de fois noyer son chagrin dans l'alcool, au point de finir comme tout ce qu'elle exécrait. Une pauvre âme en peine, sans assurance. Saoirse voulait de l'assurance, elle était de celle qu'on ne pensait pas faible et quand elle pleurait, elle se sentait faible. Elle serra la mâchoire face au début de phrase de sa femme et elle ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Elle se contenta d'écouter, son rythme cardiaque qui s'accélérait encore et encore. Son coeur qui menaçait de sortir de sa poitrine. Saoirse déglutit en la laissant continuer, serrant les poings sur ses cuisses pour ne pas exploser en vol, pour ne pas faire une scène et se donner en spectacle devant tout ces gens qui n'attendaient que de pouvoir alimenter leurs côtés commères et pouvoir cracher leur venin dans leurs soirées avec leurs amis, pour pouvoir parler des deux femmes qui se sont engueulés à quelques mètres de leur table. Lorsque Jack eut terminé, Saoirse lui attrapa la main et doucement, lui caressa le dos de la main de son pouce. « Elle n'aura plus cette satisfaction. C'est toi que j'aime. » commença Saoirse, d'une voix mal assurée, trahissant la peur d'un rejet un peu trop violence «  Je suis revenue et je ne partirais pas. Je ne veux plus partir, je ne veux plus souffrir loin de toi. » ajouta t-elle en plongeant son regard dans celui de Jack « J'ai envie qu'on reprenne où on s'est arrêtée, j'ai envie- j'ai envie qu'on ait ce bébé, j'ai envie que- j'ai envie qu'on se marie de nouveau, que le monde entier comprenne que c'est toi que j'aime, que je n'ai besoin de personne d'autre dans ma vie que toi. Parce que je t'aime et je n'ai jamais cessé une seconde de t'aimer quand j'étais trop loin de toi. »

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Lun 30 Jan - 14:41
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Jack & Saoirse
Malgré tout ce qui était en train de se dire, tout ce qui était en train de se passer, Jack avait bien du mal à croire qu’il s’agissait bel et bien de la réalité. Elle en avait tellement rêvé, elle s’en était tellement persuadée qu’il lui était difficile de croire que tout ceci était réel, que sa femme se trouvait là en face d’elle dans ce café à tenter de réparer les pots cassés. On n’avait cessé de lui dire de faire son deuil d’aller de l’avant et de cesser d’espérer un retour, tellement qu’elle s’était fait à l’idée de déposer une fleur sur la tombe. Et voilà que Saoirse écartait les rideaux de sa disparation pour revenir sur scène. Jack en était extrêmement troublée, déstabilisée, paniquée. L’envie viscérale de l’avoir contre elle, de l’embrasser, de la toucher, de la ravir jusqu’à son dernier souffle bataillait avec celle de crier, hurler toute sa peine à la figure de son aimée. Une véritable guerre qu’elle peinait à contenir dans sa boîte crânienne.

Ne pas flancher, c’est tout ce qu’elle souhaitait en cet instant précis.

Mais voilà que sa femme lança un nouvel assaut, terrible, brutal, destructeur. Ainsi elle se confessait sur ses souhaits pour l’avenir, pour leur avenir et Jack ne parvenait pas à articuler une réponse. C’était trop soudain, trop douloureux pour s’exclamer. Avoir un bébé, se marier de nouveau, revivre ensemble ce passé qu’on leur avait arraché. En était-elle capable Jack ? Était-elle capable de promettre à cette femme de lui offrir ce qu’elles avaient perdu ? Il lui fallait du temps, il lui fallait de l’air, son cœur étouffait à ainsi être malmené.

L’amour, Saoirse le lui jetait en plein visage comme une évidence, comme s’il n’y avait que ça à prendre en compte en cet instant précis. Mais Jack voyait bien d’autres silhouettes se présenter sur le tableau. La déesse ainsi revenue trônée en son centre alors qu’une douce prétendante faisait signe sur le côté. Louisa. Elle ne pouvait nier leurs baisers tendres parfois cachés aux yeux des clients, ni même ignorer leurs nuits endiablées devant des films qu’elles mettaient simplement pour la forme. Devait-elle le lui dire ? Devait-elle avouer sa faute ? Était-ce réellement une faute, elle qui pensait ne plus jamais revoir celle qu’elle aimait ?

« Saoirse… » peina-t-elle à articuler comme prise d’une soudaine panique. « Je sais plus quoi penser ;;; j’ai envie d’être avec toi, de revivre tout ça et en même je suis si en colère… » Enfin, elle osait dire les choses, se prononcer sur ses émotions. « On peut partir d’ici ? J’ai l’impression que tout le monde nous regarde et ça m’angoisse énormément. » Et même si je suis énervée, j’ai une furieuse envie de t’embrasser. Mais ça, bien sûr, elle le gardait pour elle.


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Dim 19 Fév - 14:08
La sensation dans son coeur s’était un peu amenuisé, il battait moins vite, moins fort. Mais elle avait toujours cette sensation étrange qui l’habitait, comme si tout allait se casser la gueule incessamment sous peu. Parce qu’elle avait merdé, parce qu’elle avait fuit lâchement, abandonnant tout ses sentiments et tout ce qu’elle ressentait pour Jack derrière elle. Tout ça pour la protéger, pour se protéger elle-même aussi. Elle avait peur de ce que sa mère aurait pu faire à Jack tant elle était incontrôlable, et les voilà, là. A se dire des choses horribles sous couvert de l’amour qui est encore présente entre elles deux. Elle le sait Saoirse, que tout n’est pas terminé, elle peut le sentir. Elle s’en doute en tout cas. Et puis, elle n’avait plus rien.à perdre. Donc elle lui exposait tout ses sentiments. Et tout ce qu’elle voulait. Un coup de poker comme elle avait l’habitude de faire. Elle écoutait la douce voix de Jack qui arrivait à ses oreilles et elle cligna des yeux, elle ne savait pas vraiment si elle avait terminé et elle opina du chef « Oui, allons y. » Elle se leva, déposa un billet sûrement trop important sur la table, parce qu’après tout, rien n’avait plus d’importance qu’être près de Jack. Elle attrapa la main de sa femme et elle entrelaça leurs doigts avant de sortir du restaurant, resserrant les pans de sa veste. Elle rêvait de se débarrasser de ses chaussures mais elle n’avait pas envie d’attirer encore plus l’attention. Elle s’arrêta pour déposer sa main le long de la joue de Jack « Est-ce que tu veux passer à l’appartement ? On pourra discuter là-bas. » Elle insista sur le mot discuter pour ne pas que Jack pense qu’elle avait d’autres idées derrière la tête « J’ai envie de te retrouver Jack… » un murmure qui s’échappait, incontrôlable, de ses lèvres. « S’il te plait. »

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