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You are the dream I was waiting for (Angelica)

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the dream I was waiting for  ;
Shawn & Angelica


J’suis plus très certain d’avoir envie d’faire des mômes après avoir eu les tympans déchirés par les cris incessants de cette gamine pendant près de vingt minutes. Elle avait rien de bien grave, pourtant. Juste un vilain hématome qui s’était mal résorbé et avait laissé une poche de sang sous la peau. Pas de quoi s'époumoner au point de plus être en mesure de respirer correctement. Mais peut-être qu’elle avait pas trouvé mieux pour tenter de capter l’attention de sa mère. Complètement impassible, sans même prendre la peine de regarder sa fille une seule fois, pendue constamment au combiné de son téléphone. Durant la consultation, elle a dû intercepter au moins cinq appels, si pas plus. Que pouvait-il y avoir de plus urgent que sa fille ? Distraitement, elle avait écouté mes recommandations avant de disparaître avec sa progéniture au coin d’un couloir. Qu’adviendrait-il d’elles une fois qu’elles seraient sorties de l’hôpital ? Aucun moyen de le savoir. Je devais simplement me résoudre à laisser cette gamine s’évaporer dans la nature, avec une mère qui en avait visiblement rien à faire d’elle. J’savais que j’pourrais pas sauver tout le monde, mais ça me rendait quand même malade de me sentir aussi impuissant et démuni.

J’avais plus qu’à espérer que le patient suivant serait pas aussi mal loti, mais rien n’était moins sûr. Dans le service de pédiatrie, on voyait rarement des choses joyeuses. Je m’étais pas vraiment préparé à ça en débarquant avec mes faux papiers le jour de l’entretien, mais y avait aussi du positif, des moments de joie, des éclats de rire. Et j’imagine que tout ça, ça vaut tout l’or du monde.

Sans me bercer de trop grands espoirs, je traverse les couloirs labyrinthiques de l’hôpital, jusqu’à ce que je rejoigne enfin la salle d’attente, qui n’est pas particulièrement remplie à cette heure. Trois enfants attendent sur les chaises en plastique, tous accompagnés d’au moins un adulte. Sans vraiment les observer en détail, je jette un oeil sur la fiche du prochain patient, qui aurait une blessure au bras.

- Teddy ?

Deux pairs d’yeux se braquent dès lors sur moi et c’est à cet instant que j’croise ton regard. T’es pas bien grande, t’as le teint mat, les yeux pétillants et plein de douceur. En fait, t’as tout pour me plaire mais il faut rapidement que j’me sorte cette idée de la tête. T’es ici avec un enfant, qui est sans doute le tien, et peut-être que t’as un mari, chez toi, qui attend sagement que tu reviennes de l’hôpital avec votre fils.

- Vous pouvez me suivre.

Je t’adresse un sourire en faisant volte face pour arpenter l’immense couloir, jusqu’à rejoindre la salle d’auscultation, dont j’pousse la porte pour vous laisser entrer, toi et Teddy. La pièce est chaleureuse, colorée, agrémentée de peintures et de stickers en forme d’animaux.

- Alors Teddy, raconte-moi tout. Tu as mal au bras, c’est ça ? Que s’est-il passé ?

Je m’accroupis pour me retrouver à la hauteur du petit garçon, qui semble assez impressionné par les lieux, et quelque peu déconcerté aussi. Il a tes yeux. C’est évident que c’est ton fils.

- Vous êtes sa maman, j’imagine ? C’est la première fois qu’il vient à l’hôpital ?

Pendant un court instant, j’détourne mon attention de Teddy, pour faire plus ample connaissance avec toi, tâter le terrain. Est-ce que, toi aussi, t’as senti cette connexion entre nous ? Est-ce que, toi aussi, t’as eu une sorte d’électrochoc en me voyant ? J’me le demande, j’me retourne déjà la tête, mais j’devrais sans doute me calmer. C’est évident qu’il y aura pas la moindre porte ouverte entre nous.
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Aujourd’hui, c’était journée paperasse, montage et mails. Une journée très amusante. Notez le sarcasme. J’avais commencé par le pire ce matin. Assise à même le sol du salon, j’avais commencé à classer et organiser chaque papier. Contrats, comptabilité, lettres de fans, tout y a passé. Ça faisait déjà un moment que je repoussais ce classage, je ne pouvais plus repousser. Surtout que mon comptable ne faisait que me revenir pour avoir ma comptabilité du mois. Alors fallait que ça se fasse. Les lettres de mes abandonnés ont rendu le tout un peu plus agréable. Lire les bons mots me fait toujours un bien fou. Tout ça m’a pris plusieurs heures. Je me suis juste arrêtée pour le diner le temps de regarder un épisode de ma série. Cela étant, j’ai attrapé mon ordi pour ensuite bien me caller dans mon canapé avec une bonne tasse de café à mes côtés. Il était temps de répondre à mes mails. C’était long, mais je pouvais y trouver de très bons commanditaires ou des personnes qui me proposaient de très bonnes idées de vidéos en partenariat. Puis, avec de la bonne musique, tout se fait toujours mieux. Les minutes défilent pour laisser place à des dizaines de minutes, puis des heures. Cependant, au bout d’une heure quarante-cinq, ma musique s’arrête pour laisser place à ma sonnerie de téléphone. J’ai presque envie de le laisser sonner pour continuer mes mails, mais au bout de la troisième sonnerie, un mauvais présentiment se présente dans mon esprit. Je me redresse donc, dépose mon ordi à mes côtés, puis décroche. Je ne m’attendais aucunement à ce que ce soit l’école de mon fils et encore moins que ce soit le directeur à l’autre bout du fil qui m’apprend que mon fils s’est blessé pendant la récré en jouant au soccer. Aussitôt, je suis sur mes deux jambes entrant de mettre mes bottines. Je prends en note qu’il est déjà en route pour l’hôpital avec sa professeure. Je remercie le directeur, attrape mon manteau, mon sac et mes clés et je file à ma voiture pour retrouver le plus vite possible mon fils.

J’ai eu beaucoup de mal à respecter les limites puisque je suis inquiète pour mon Teddy, mais j’arrive bien à l’hôpital sans encombre. Rapidement, je retrouve mon fils dans l’urgence pédiatrie. La première chose que je fais en le voyant est de le prendre dans mes bras tout en faisant attention à son bras en écharpe. Et seulement ensuite que je remercie sa professeure pour l’avoir accompagné. Elle s’assure qu’elle peut nous laisser avant de dire au revoir à Teddy. Je prends donc sa place aux côtés de mon fils qui fait son grand garçon. Je le connais assez pour voir la douleur sur ses traits. Après tout, il semble être réellement blessé au bras, comme une cassure que les ambulanciers ont dû replacer et immobiliser avec les moyens du bords. Malgré tout, il fait son grand garçon même s’il vient s’appuyer contre moi. Je lui caresse les cheveux, essayant de l’apaiser le temps que ce soit notre tour. Ce qui ne fut plus très long puisque mon petit Teddy se fait appeler. Je m’attendais à voir une femme un peu plus vieille que moi arrivé et non un homme de mon âge. Un homme très beau en plus. Quel dommage de le rencontrer ici et non dans un autre contexte où le professionnaliste ne serait pas requis. Quoi que, je ne suis pas certaine d’avoir eu le courage d’aller l’aborder même dans d’autres circonstance. En tout cas. On se lève pour le suivre, comme il nous l’indique, et je lui rends sans vraiment m’en rendre compte son sourire. Depuis, Adriel, le père de Teddy, je n’ai plus vraiment fréquenté d’hommes, préférant me concentrer sur mon bébé, sur ma chaîne YouTube et le groupe de musique de mon meilleur ami. C’était le plus important pour moi à ce moment-là et… je me suis laissée aller dans cette routine. En plus, c’est dur de rencontrer un homme lorsque les médias font éloges de ton faux couple avec ton meilleur ami. Ça fait tellement longtemps que les médias et nos fans communs pensent et croient qu’on forme un couple, mais qu’on ne veut juste pas le dire officiellement qu’on a fini par laisser le mystère aller. S’ils veulent croire à cela, c’est leur droit. Bref, tout ça pour dire que je suis peut-être en train de m’imaginer trop de choses avec son simple sourire qui devait être qu’un sourire de politesse. Il faudrait vraiment que je recommence à fréquenter d’autres mecs que Karl, Tony et Edge. Mais, genre vraiment. On rentre dans la salle d’auscultation, Teddy coller contre moi. Ça me brise le cœur de le voir avoir si mal. Mon pauvre petit garçon. Je vois rapidement son regard balayer les lieux et un doux sourire se dessine sur mes lèvres lorsque je le vois regarder la salle avec son regard brillant. Je lui caresse à nouveau les cheveux alors que le médecin s’accroupis devant mon fils et qu’il commence à lui parler. Son premier réflexe est de me lancer un regard auquel je lui réponds par un doux sourire pour l’encourager à répondre par lui-même. Il commence donc par hocher la tête et se mordiller la lèvre un instant en se collant un peu plus contre moi.

- On joue au ballon dans la cours et je suis tombé sur mon bras. Il a fait un bruit bizarre et les monsieur dans le camion jaune l’ont bougé et ça a fait encore plus mal, mais d’une autre façon. Et il me fait encore mal.

Il parle d’une petite voix en jetant des regards furtifs à l’homme face à lui alors que je profite que l’attention du docteur soit sur mon fils pour le regarder un peu mieux. Il est vraiment beau. Et il semble tellement gentil, attentif et attentionné face aux enfants que je ne le verrais pas dans un autre métier que celui qu’il exerce maintenant. C’est bien sa place. Je sursaute presque lorsqu’il s’adresse à moi. Une légère chaleur prend place sur mes jours dont mon teint halé camouffle à mon plus grand bonheur.

- Oui je suis sa mère et, en effet, c’est la première fois qu’il vient à l’hôpital.

Car, moi, ce n’est malheureusement pas la première fois. Quoi que, de ce côté-ci de l’hôpital oui. Je n’ai jamais mis les pieds du côté pédiatrique. J’y suis déjà venu pour accoucher et c’est ce moment qui m’a réconcilié avec les hôpitaux en quelque sorte parce que les fois d’avant était loin d’être très plaisante.
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Shawn & Angelica


T’es belle. T’es tellement belle que j’ai presque du mal à me concentrer sur la tâche que j’dois accomplir. C’est pas faute de connaître les gestes par coeur, pourtant. Mais toi, t’arrives à me troubler, à me faire perdre mon sang froid, alors que t’as même pas encore ouvert la bouche. Ton fils reste blotti contre toi, effrayé. Cette pièce aux murs blancs doit sacrément l’impressionner, en même temps. Quand je m’accroupis pour mieux l’observer, je remarque à quel point il te ressemble. C’est fou. Est-ce que t’es encore avec le père ? Ou est-ce que tu fais partie de ces mères célibataires au coeur brisé qui peinent à se reconstruire après une rupture difficile ? Je sais que je devrais pas me poser autant de questions, surtout que tu m’as même pas encore réellement adressé la parole, mais c’est plus fort que moi.

Je tourne la tête vers Teddy pour ne plus être tenté par l’envie de te dévorer des yeux, et lui pose une question simple, à laquelle il répond après une brève hésitation. Il est attendrissant, ce gamin. Bien plus que tous ceux que j’ai pu voir défiler aujourd’hui en tout cas.

- Ah oui ? T’as toujours mal ? On dirait pas du tout, t’es super courageux en tout cas !

Je redresse furtivement la tête pour t’adresser un clin d’oeil complice quand je remarque que t’étais déjà en train de me fixer. Je me demande ce qui peut bien te passer par la tête à cet instant précis. On dirait presque que je te sors brutalement de tes pensées au moment où j’te pose l’une des questions qui me taraudaient l’esprit depuis que je t’ai vue. Mais tu réponds sans te laisser déstabiliser.

- Il va falloir que je l’ausculte, que je t’explique d’une voix douce, même si tu t’en doutes très certainement. Toi, c’est sûrement pas la première fois que tu viens dans un hôpital.

Je me redresse doucement et adresse un sourire à Teddy, afin de lui expliquer le déroulement de l’auscultation. C’est pas parce qu’il est jeune qu’il n’a pas le droit de comprendre.

- Teddy, tu veux bien t’asseoir sur la table qui se trouve juste là ? Il faut que je regarde ton bras. Promis, j’essayerai de pas te faire mal.

Je m’éloigne de quelques pas pour m’approcher de la table et presser, de la pointe de mon pied, la pédale permettant de l’abaisser suffisamment afin que Teddy puisse se hisser dessus avec mon aide. Évidemment, je t’ai pas oubliée, alors je m’empresse de saisir l’une des chaises se trouvant dans la pièce et l’installe juste à côté de la table d’auscultation.

- Ne restez pas debout, installez-vous ! que j’te lance de ma voix la plus chaleureuse, en espérant que tu apprécies toutes ces petites attentions que je mets en place rien que pour toi.

Délicatement, je retire l’écharpe qui entoure le bras de Teddy, effectuant les gestes les plus doux afin de ne pas le brusquer. Le membre dégagé des pans de tissus, il me suffit d’un simple regard pour deviner le diagnostic : avant-bras fracturé. Doucement, je le manipule en demandant à Teddy s’il a mal lorsque j’exerce une pression ici ou là. Au bout de quelques minutes, je me tourne vers toi avec un air désolé :

- Je suis presque sûr qu’il est cassé… Mais il faudrait passer une radio pour avoir la confirmation. Je vais demander à ce qu’on vous programme ça. Vous savez où se trouve le service de radiologie ou vous voulez que je vous y accompagne ?

Même si tu sais où il se trouve, je prie pour que tu me demandes de t’accompagner malgré tout. Passer quelques minutes de plus à tes côtés, avoir l’opportunité de grapiller quelques secondes supplémentaires en ta compagnie, c’est tout ce qui m’importe depuis que j’ai croisé ton regard dans la salle d’attente de l’hôpital.
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En venant rejoindre Teddy à l’hôpital, je ne m’attendais aucunement à tomber sur un médecin aussi beau et jeune en fait. Moi qui n’ai même pas pris la peine de m’assurer que j’étais un minimum présentable avant de quitter l’appartement puisque je voulais simplement arriver auprès de mon fils le plus vite possible. Tant pis rendu là. Il est trop tard pour s’en préoccuper. Puis, bon, pourquoi je me préoccupe de ça ? Est-ce que je veux vraiment être à nouveau en couple ? Est-ce que j’ai le temps pour ça ? Pas vraiment. Mais surtout, je me fais très certainement des idées. Il doit sourire comme ça à tout le monde puisqu’il travaille avec le public et que c’est plus agréable de voir un médecin souriant qu’avec un air bête.

Je fais de mon mieux pour rester concentrer sur mon fils après tout il a besoin de sa maman présentement. Je l’encourage à répondre par lui-même, surtout que je ne sais pas exactement ce qui s’est passé puisque ça s’est passé à l’école et que je n’étais donc pas là. La réponse et l’attitude de Teddy me serre le cœur puisque je remarque à quel point il grandit vite. Il n’est plus mon petit bébé, il est rendu grand maintenant.

- Comme mon papa !

Un petit sourire heureux et timide se dessine sur mes lèvres lorsque le docteur me lance un clin d’œil et aux paroles de Teddy. Qu’est-ce qu’il l’aime son papa, même s’ils ne partagent pas le même sang. Mais, ça Teddy ne le sait pas… encore. Timide, parce qu’il m’a vu en train de le fixer. Heureusement que mon teint hâlé camouffle mes pommettes rougissantes légèrement. Je hoche doucement la tête à ses paroles qui semble évidentes pourtant.

- Il n’y a pas de problèmes.

Que j’ajoute même si c’est inutile. Je le suis du regard et encourage Teddy a écouté ce que le médecin lui dit d’un sourire. Ça me touche que le docteur Carpenter – selon son nametag – prenne le temps d’expliquer à Teddy ce qu’il va faire. C’est vraiment attentionné de sa part. C’est encore avec un regard vers moi que Teddy avance et s’installe avec l’aide du médecin sur la table. Je vois son soulagement dans son regard lorsque l’homme installe une chaise jusqu’à ses côtés. Je lui prends donc sa petite main et remercie le docteur d’un sourire.

- Merci beaucoup.

Je caresse de mon pouce la main de mon fils en lui souriant doucement. Je commence même à lui caresser les cheveux lorsque je le vois serrer les dents, car le médecin lui bouge le bras. Mon fils répond à ce dernier d’une petite voix à chacune de ses questions tout le long de l’auscultation. À son diagnostic, je hoche doucement la tête pas très surprise d’apprendre que Teddy a le bras cassé.

- Euh non je ne sais pas où il se trouve alors votre aide serait appréciée.

Je lui fais un petit sourire pour accompagner mes paroles. Je ne suis pas du genre à demander de l’aide en temps normal. Je sais me débrouiller seule. J’aurais très bien pu trouver le service de radiologie seule en suivant les indications sur les pancartes, mais mon envie de passer quelques minutes de plus avec lui a pris le dessus. Et, qui sait, peut-être que lors de ces quelques minutes, l’atmosphère professionnelle se dissipera et qu’une conversation naîtra entre nous deux. Peut-être que je me fais des idées, mais au moins ça me fait du bien sur l’instant. Croire qu’on plait malgré les années qui passent, ça fait toujours du bien à l’égo après tout.
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Shawn & Angelica


Je m'étais promis de pas refaire les mêmes erreurs que par le passé. Je m'étais promis de pas me faire avoir, cette fois. De rester sur mes gardes, de pas succomber trop vite au charme d'une inconnue croisée furtivement au détour d'une rue. Mais avec toi, tous mes principes s'effondrent. L'alchimie s'installe sans que je ne puisse rien y faire. Je suis impuissant, vulnérable, incapable de me débattre face à ton emprise ensorcelante. Au détour de quelques regards, quelques sourires, il me semble percevoir un semblant de connivence, mais tu ne laisses rien paraître d'évident. C'est comme si tu t'amusais à me laisser dans le flou, et ça te rend d'autant plus désirable.

Teddy interrompt la magie dès l'instant où il prononce ce mot : papa. Deux syllabes insignifiantes qui pèsent pourtant de tout leur poids sur les espoirs que je nourrissais à ton égard. Mon sourire se ternit un peu, s'ébrèche, mais ne s'évapore pas complétement. Il est figé par la compréhension de cette information que j'avais presque failli oublié, l'enfant me ramenant à cette réalité parfois nettement plus rude que les songes.

- Ah ouai ? Ton papa est courageux ? Il fait quoi dans la vie ?

Je prie pour que t'interviennes, pour que tu me dises que j'dois pas m'en faire. Que son père, c'est de l'histoire ancienne pour toi et que t'es toute disposée à laisser l'amour s'emparer de nos deux âmes. Mais ça n'arrivera pas et ce, malgré le regard complice que j'te lance et ce sourire en coin. Qu'il m'est difficile de lutter contre la contrariété qui m'envahit à l'idée qu'un homme puisse faire partie de ta vie.

J'ausculte ton fils, et t'invite à venir prendre place à ses côtés. Réflexe d'infirmier bienveillant, mais je veux surtout te montrer à quel point je peux être un homme prévenant. Peut-être que ça t'aidera à laisser germer, dans ton esprit, l'idée que je puisse être l'homme idéal, mais peut-être que je m'emballe un peu. Je veux pas sauter les étapes, ni te brusquer, alors j'essaye de me concentrer sur mon travail.

T'es d'une tendresse infinie, avec ton fils. C'est déroutant. Je vois bien comment tu lui caresses les cheveux avec affection, pour le rassurer. Ça me rappelle que quand j'étais enfant, j'avais pas droit à la moindre marque d'affection. Ma mère, le seul langage qu'elle connaissait, c'était celui des coups, des claques, des paroles cinglantes. Jamais sa main ne se serait approchée de ma joue pour seulement l'effleurer.

Après avoir observé le bras de ton fils, je t'explique mes conclusions mais tu ne sembles pas t'en inquiéter outre mesure. Tu sais que Teddy est entre de bonnes mains. Je te propose alors de t'accompagner jusqu'au service de radiologie si, par malheur, tu ignorais sa localisation au sein de l'hôpital. Et visiblement, c'est le cas, puisque tu acceptes mon aide avec cet air presque désolé de déranger.

- Avec plaisir, suivez-moi.

De toute façon, les patients ne se bousculent pas aujourd'hui. C'est une chance pour moi. Pour nous. Comme si le destin l'avait fait exprès, finalement. Comme si toutes les planètes s'étaient parfaitement alignées pour nous permettre de passer le plus de temps possible ensemble.

Je me relève, aide Teddy à descendre de la table d'auscultation et te guide jusqu'à la porte, que j'ouvre pour vous laisser passer dans l'un des nombreux couloirs labyrinthiques de l'hôpital. Je m'y avance sans la moindre hésitation, connaissant les moindres recoins de ces lieux, cherchant désespérément une question à te poser pour te faire la conversation, mais sans paraître complètement indiscret non plus.

- Vous êtes toujours aussi sereine ? Mes journées seraient nettement plus agréables si tous mes patients étaient comme Teddy, et si tous les parents étaient calmes comme vous.

Un compliment. Ça ne pourra être que du meilleur effet. Ça te fera sans doute plaisir et tu ne pourras que constater à quel point je suis observateur, et comme je t'ai déjà bien cernée.

Ma montre émet un bip sonore de quelques secondes, que je fais taire presque immédiatement. Elle me signale que mon service est terminé, et que je devrais déjà me diriger vers les vestiaires, mais j'ai pas envie de t'abandonner ici. Je serais prêt à faire des heures supplémentaires pour passer un peu plus de temps avec toi.

Devant nous, quelques panneaux indiquent que nous arrivons au service de radiologie. Faisant partie des meubles, je m'avance et frappe doucement sur la porte avant de faire mon entrée. Je signale l'arrivée d'un patient et dès l'accord du radiologue, je t'invite à entrer avec Teddy dans la cabine qui fait office de vestiaire.

- Ça ne devrait pas prendre trop de temps, je pense. Vous pouvez l'accompagner, ça le rassurera. Si vous voulez, je peux vous attendre dans le couloir. J'ai fini mon service de toute façon et je pourrais m'occuper de faire son plâtre, si nécessaire. Enfin, si ça vous convient ?

J'espère voir tes yeux s'illuminer à l'idée de grappiller quelques minutes de plus en ma compagnie, mais peut-être que je me fais des illusions.
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Teddy n’est pas le genre d’enfant timide qui se cache derrière sa mère lorsqu’un inconnu lui parle. Cependant, je me doute que toute cette histoire le rend nerveux. C’est angoissant de se rendre à l’hôpital et encore plus lorsqu’un proche n’est pas avec toi. Je sens mon fils beaucoup plus détendu depuis que je l’ai rejoint en fait. Puis, je suis certaine que l’attitude du médecin y joue pour beaucoup aussi. Il est avenant, gentil et lui pose des questions directement. Il le considère réellement, presque comme un grand garçon. Et je suis persuadée que ça joue pour beaucoup dans l’attitude plus relaxe de Teddy.

À la mention du son papa, je vois bien que ça affecte le docteur Carpenter. De quelle façon ? Je préfère ne pas trop y penser pour ne pas me faire de fausses idées. Je préfère ne pas imaginer que c’est parce qu’il croit que je suis encore avec son père et qu’il vient de voir ses chances se briser. Je préfère ne pas me faire de scénario. J’ai peur d’être déçue. Et j’ai peur de revivre la même chose qu’avec Lorenzo ou avec l’acteur de L.A. J’ai tellement pas eu de chances en amour que je préfère m’en tenir loin, ça fait moins mal comme ça, même si mes deux relations étaient totalement opposées l’une de l’autre. J’ai eu le cœur trop brisé en comprenant que Lorenzo et moi, ça ne menait à rien malgré nos sentiments. Je n’ai pas envie de revivre cette douleur. Malgré tout, j’ai envie de spécifier que je ne suis plus avec le père, que ce n’est que mon meilleur ami, mais comment faire pour être subtile ? Je ne sais vraiment pas.

- Beaucoup courageux ! Il chante devant pleins de personnes tout le temps ! Et maman joue de la batterie avec eux ! C’est tellement bruyant.

Finit-il par dire en riant, oubliant le mal de son bras. Je profite de la mention du groupe pour apporter quelques spécifications au beau docteur espérant qu’il connaisse le groupe et qu’il sache que Karl est mon meilleur ami, malgré les rumeurs qui disent que nous sommes ensembles.

- Son père, Quentin Karlson, est le chanteur du groupe The RIP en fait et, moi, je remplace notre ami, depuis quelques mois, à la batterie. En temps normal, je m’occupe de leur réseaux sociaux, de leur image comme ils le répètent tout le temps. Tu connais le groupe ?

Je demande pour savoir s’il connait le groupe, car s’il le connait les chances qu’il sache pour mon lien d’amitié avec Karl sont plus hautes. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’aimerais tellement qu’il le connaisse pour qu’il sache sans que j’aille à le dire. Pourtant, j’ai très peu d’espoir à ce niveau-là puisqu’il n’a montré aucun signe qui pourrait montrer qu’il m’a reconnu. Je ne suis peut-être pas un membre principal du groupe, mais, depuis la création de ce dernier, je tourne autour d’eux. Tous les fans me connaissent puisque je ne suis jamais loin d’eux depuis leur début.

Teddy se fait ausculter par le médecin, qui m’approche une chaise pour que je sois à ses côtés. Il est tellement attentionné que je pourrais pratiquement craquer pour lui si je me laissais aller, mais ce n’est pas le moment et… je me répète, mais je me fais surement des films. Il doit être aussi attentionné avec tous les patients. Après tout, il travaille avec des enfants, donc il doit savoir que la présence d’un parent proche de l’enfant qu’il soigne le rassurer et le rend plus calme. Voyant les grimaces de douleurs sur le beau visage de mon fils, je lui caresse tendrement les cheveux pour le rassurer. Il est tellement courageux, même si je sais qu’il contient en partie sa douleur parce que son père ne ressent jamais de douleur et qu’il veut faire comme lui. Il est encore trop jeune pour comprendre réellement que c’est normal de réagir à la douleur au contraire de son père à cause de malformation chromogénique ou je sais trop quoi. Il veut faire comme son héro et c’est normal pour un petit garçon de 5 ans. Ce dont j’ai peur cependant, c’est qu’il grandisse en intégrant qu’il ne doit pas montrer ses émotions et je ne veux aucunement ça.

Le verdict est tombé, il a le bras cassé. Je m’en doutais un peu, donc je ne suis pas vraiment surprise. Je ne m’inquiète pas plus que ça non plus puisque bon… on est à l’hôpital, il est à la bonne place pour se faire soigner. J’accepte aussi sa proposition de nous conduire au service de radiologie bien que je ne sois pas du genre à demander de l’aide. Peut-être que ces instants de plus en sa compagnie pourra m’éclairer sur ces beaux sourires et sur son… malaise face à l’évocation du père de Teddy. Nous le suivons donc dans les couloirs qui forment l’hôpital. Je suis bien contente de lui avoir demander de l’aide finale, c’est un vrai labyrinthe cette bâtisse. Après quelques pas, j’ai repris mon fils dans mes bras, lui caressant tendrement le dos alors qu’il enfoui sa tête contre mon cou. Mon pauvre petit loup. Mon attention est à nouveau attirée vers le médecin et, à sa question, un doux et petit rire franchi mes lèvres avant que je lui fasse un tout aussi doux sourire.

- Je ne suis pas aussi sereine que j’en ai l’air, vous savez. Mais, j’ai appris à rester calme aux nombres de fois que Teddy et mon meilleur ami, son père, se bataille dans le salon. C’est juste un peu plus grave cette fois. Mais, comment je pourrais être paniquer lorsque lui est si calme ?

Je dépose un baiser sur le crâne de mon fils pour appuyer mes dires. Après tout, c’est vrai. Pourquoi je serais sur la panique alors qu’il est si maître de lui-même alors qu’il souffre ? Ça serait illogique. Pourtant, ses paroles me touchent puisque c’est un compliment caché, j’en suis sûr. Ça me fait chaud au cœur aussi de savoir qu’il voudrait plus de patients comme nous puisque ces journées seraient meilleures et plus calmes.

Je fronce légèrement les sourcils en entendant un bip. Je comprends vite la provenance de ce dernier lorsque je le vois éteindre l’alarme de sa montre. Que signifie cette alarme ? Mais, en fait, pourquoi je me le demande, c e n’est pas de mes affaires. Je le suis dans le service de radiologie et m’approche du vestiaire lorsqu’il nous invite à y entrer jusqu’à ce que je m’arrête lorsqu’il se met à parler à nouveau.

- Je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps. Vous devez avoir d’autres choses à faire ou… quelqu’un qui vous attends. Même si je crois que ça le rassurerait que vous soyez toujours là après.

Je ne peux m’empêcher d’être heureuse de sa proposition, même si la partie plus rationnelle de moi me ramène les pieds sur terre. Il doit avoir d’autre chose à faire que de faire des heures supplémentaires pour simplement faire un plâtre à un gamin. Mais, je me l’avoue à moi-même, mais jamais à haute voix, j’aimerais bien grappiller quelques minutes encore avec lui.
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Shawn & Angelica


Il est mignon, ton fils. Ça se voit qu’il est fier de toi, fier de son père, obstacle désormais bien réel entre nous. J’ai presque du mal à masquer mon écoeurement face à ce constat douloureux mais je me dois de rester professionnel. Que penserais-tu de moi si tu me voyais sortir de mes gonds, déjà dévoré par la jalousie, alors qu’on se connaît à peine ? Mais tu sais, ce n’est pas de ma faute, si je réagis de manière disproportionnée. J’ai toujours vécu mes relations bien plus fort que je ne l’aurais dû. Et là, entre toi et moi, c’est le coup de foudre. Je le sais, je le sens. Pourtant, je m’étais juré de ne plus me laisser avoir, mais l’aura que tu dégages est si forte qu’il m’est presque impossible d’y résister. J’en viens même déjà à imaginer de quelle manière je pourrais briser ton couple, afin de pouvoir m’immiscer dans ta vie tel un serpent. Mais ça, évidemment, je ne t’en dis rien. Je ne veux pas avoir l’air d’un dingue, je ne veux pas passer pour un fou. Je ne veux briser aucune de mes chances. Mais parfois, l’amour nous pousse à commettre des gestes insensés, des gestes qu’on aurait jamais posés dans d’autres circonstances. Finalement, l’amour, c’est la gangrène du bon sens.

- Ah oui ? Tu dois souvent te boucher les oreilles alors ?

Je relève la tête avec un sourire sur les lèvres. Un sourire qui, je l’espère, te fera craquer. Je te lance un clin d'œil complice, comme si une certaine connivence s’était déjà installée entre nous - et je sens qu’en quelque sorte, c’est le cas. Je ne connais même pas ton prénom, mais je sais qu’un lien s’est déjà créé entre nous. Un lien impossible à briser, qui nous amènera sans doute à nous revoir. Après tout, si on s’est retrouvé sur la même route, toi et moi, ce n’est certainement pas par hasard.

- Oui, oui, je connais le groupe de nom, et l’une ou l’autre chanson, mais j’avoue que je ne m’y étais jamais intéressé plus que ça. Ce sera l’occasion d’étendre ma culture musicale.

J’espère que mon intérêt pour ce que tu fais te touchera en plein cœur. D’ailleurs, tu ne le soupçonnes pas encore, mais la première chose que je ferai, en rentrant chez moi, c’est taper le nom du groupe sur le clavier de mon ordinateur, afin de trouver ton nom et d’en apprendre plus sur toi. Quand on est un personnage public - comme toi -, on dit parfois trop de choses personnelles sur la toile. Ce sera, pour moi, l’occasion ou jamais d’en apprendre plus à ton sujet. À moins que tu fasses partie de cette espèce rare qui cherche à garder un maximum de secrets, afin de générer une sorte de mystère sensuel autour de son image ? Qui sait ?

Je crève d’envie de te demander ce qu’il y a entre toi et le père de ton fils, mais je dois me mordre la langue, car je sais que cette question serait bien trop indiscrète. Je tente de ravaler ma frustration, me concentrant sur la manipulation que je dois opérer afin d’ausculter ton fils. Il est possible qu’il s’agisse d’une fracture, mais seule une radio et l’avis d’un médecin pourra le confirmer. Je t’emmène alors à l’autre bout de l’hôpital, dans le service de radiologie, te conduisant parmi les couloirs labyrinthiques tel un guide. Tu sembles en confiance avec moi, et Teddy aussi, alors je me permets de poser des constats qui semblent parfaitement innocents, mais dont le but est, bien entendu, de te flatter.

- Oui, c’est vrai… Mais j’imagine que cette qualité doit lui venir de quelqu’un. soufflé-je en posant sur toi ce regard empli de douceur et d’éclat.

Mes yeux se plissent légèrement alors que je me remémore ce fragment de phrases que tu as prononcé, dans lequel tu précises que le père de Teddy est ton meilleur ami. J’ai presque le sentiment que tu n’as pas énoncé ce fait par hasard, mais bien pour me donner une information primordiale pour la suite de notre relation.

- Vous êtes séparée du père de Teddy ? ne puis-je m’empêcher de demander, comme soudainement piqué par la curiosité et incapable de la réfreiner. Après tout, pourquoi l’aurais-tu présenté comme un simple meilleur ami s’il était bien plus que ça ? Mais soudainement, je réalise que cette question n’a rien de très professionnel et que je devrais la balayer aussitôt.

- Excusez-moi, c’était indiscret. Ça ne me regarde en rien.

Embarrassé, je détourne le regard. Le bip émis par ma montre me pousse à réorienter mon attention sur la tâche qui nous a conduits jusqu’ici : je te guide à l’intérieur du vestiaire. Je trouve tout de même une nouvelle opportunité pour te garder plus longtemps à mes côtés, mais j’ignore si elle fonctionnera. Mais qui ne tente rien n’a rien, pas vrai ?

- J’ai tout mon temps après, ne vous inquiétez pas.

Sur ces mots, le radiologue fait son irruption dans le vestiaire, par l’autre porte battante permettant d’accéder à la grande pièce où l’on procède aux rayonnements. Il me demande quelle partie du corps il faut radiographier et après avoir reçu mes instructions, il t’explique, en quelques mots, la suite de la procédure. Teddy devra retirer son haut dans le vestiaire puis, entrer avec toi dans la grande salle, se coucher sur la table et rester le plus immobile possible pendant que le radiologue prendra les clichés. Une fois l’opération terminée, Teddy pourra rejoindre le vestiaire afin de se rhabiller et il pourra revenir dans le couloir, avec toi, afin d’attendre les résultats. Après m’être assuré que tout soit parfaitement clair pour toi, je te lance, sur un ton doux :

- Je vous attends dans le couloir.

Je disparais derrière les portes et m’installe sur l’un des sièges fixés au mur. Je me perds sur mon téléphone en attendant votre retour. Au bout de dix longues minutes, les portes du vestiaire se rouvrent enfin.

- Tout s’est bien passé ? demandé-je en me relevant et en rangeant mon téléphone dans la poche intérieure de ma blouse.

À cet instant précis, j’ai presque déjà l’impression d’être ton conjoint, d’être l’espèce de père de substitution de Teddy. Cette idée fait accélérer les battements de mon coeur mais à nouveau, la réalité m’arrache brutalement au rêve éveillé qui est en train de s’insinuer dans mon esprit, lorsque mon collègue ouvre les portes pour annoncer :

- Shawn, il y a bien une fracture du radius. Tu peux poser un plâtre.

Et aussitôt, il disparaît.

- T’es prêt, Teddy ? Tu sais à quoi ça ressemble, un plâtre, en vrai ? demandé-je au petit garçon qui s’apprête, sans le savoir, à vivre les semaines les plus inconfortables de sa vie.

- Vous me suivez ? Ça risque de prendre un peu de temps mais c’est complètement indolore. précisé-je pour te rassurer un peu, avant de reprendre là où nous l’avions laissé notre cheminement dans les couloirs infinis de l’hôpital.
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Je ne pensais pas passer un si bon moment à l’hôpital lorsque j’ai eu ce téléphone de l’école de mon fils qui m’apprenait que ce dernier y était. Et c’est bien en grande partie grâce à ce médecin. Il est vraiment avenant et… très mignon aussi. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie attirée par un autre homme. En fait… depuis Lorenzo, mon premier vrai amour. Ce n’était pas que je m’empêchais de rencontrer d’autres hommes. J’étais simplement tellement submergé par mon nouveau rôle de mère, ma chaîne YouTube, le groupe et tout le reste que… je n’avais pas le temps pour ça. Puis… je n’en avais pas envie. J’avais le cœur trop brisé par ma séparation avec Lorenzo et le temps passait et je me demandais si un homme accepterait de s’embarquer dans une relation sérieuse avec moi alors que j’avais un enfant en bas âge. Sans oublier mon orientation sexuelle particulière qui en rebutait plus d’un. Alors oui j’avais mis de côté ce pan de ma vie pour me concentrer sur ma carrière, ma famille composée de mes amis et mon fils. Du moins, jusqu’à maintenant. Je sais, je ne le connais pas ce médecin Carpenter, mais il a fait remonter toutes ses pensées que je n’avais pas eu depuis Lorenzo. En plus, le voir agir de la sorte avec Teddy me faisait totalement craquer.

- Pas besoin, j’ai un casque pour protéger mes oreilles ! Elles sont vertes !

Dit-il avec enthousiaste, presque comme s’il n’avait pas une possible fracture du bras. Au début, je pensais qu’il n’allait pas les aimer ces coquilles, mais finalement, après avoir eu l’explication du pourquoi il fallait qu’il les porte, il l’a fait et il les aime. Bon, ça a surement du beaucoup aider le fait que le groupe lui ai montré qu’eux aussi portait des protections pour leurs oreilles, même s’ils étaient plus petits que son casque. Il pouvait donc faire comme son père, sa tante et ses oncles. Quoi demander de moi ? Je lui fais rapidement un topo pour qu’il comprenne ce dont Teddy lui parle puisque s’il ne connait pas le groupe – ce qui semble être le cas puisqu’il ne nous a pas reconnu, du moins je crois. C’est pourquoi je suis légèrement surprise lorsqu’il me confirme qu’il connait le groupe. Bon, il n’est visiblement pas le plus grand fan, ce qui explique surement pourquoi il ne nous a pas reconnu, mais ça me fait tout de même plaisir. Je lui offre donc un doux sourire.

- En espérant que ça vous plaise au-delà de ses quelques chansons que vous connaissez.

Dis-je doucement, toujours mon doux sourire sur les lèvres. Et voilà que je me demande si c’est le fait que je fasse partie du groupe qui aiguise son intérêt ou le simple fait que le groupe l’intrigue. Je secoue la tête mentalement puisque… pourquoi il voudrait étendre sa culture musicale simplement parce que je remplace Tony à la batterie ? Même si, je dois me l’avoue, ça me fait chaud au cœur de simplement penser à cette possibilité.

Une fois Teddy installé pour que le médecin l’examine, je me place à ses côtés, sa main libre dans l’une des miennes et mon autre main caressant ses cheveux. J’ai vraiment le meilleur fils au monde, c’est fou. Qu’est-ce fait pour mériter un fils aussi merveilleux honnêtement ? Je ne vois vraiment pas en fait. Après cette auscultation, docteur Carpenter nous accompagne jusqu’en radiologie. Sur le chemin, son compliment me réchauffe le cœur, comme les joues. Je me « défends » alors un peu parce que je n’ai pas l’habitude de ce genre de compliments, surtout pas venant d’un inconnu. Mais, c’était sans compter sur le fait qu’il ne me laisse pas avoir le dernier mot.

- Vous avez probablement raison…

Lui donné-je raison en lui lançant un petit regard… timide accompagné d’un doux et petit sourire. En voyant le regard qu’il pose sur moi, je sens mes joues rougir un peu plus alors que je détourne le regard pour regarder devant moi. En plus de cela, je me sens un peu déçue par le fait qu’il ne semble pas avoir compris que j’ai précisé que le père de Teddy était mon meilleur ami, mais c’est peut-être mieux comme ça. Ou pas puisque je sens mon cœur rater un battement lorsque le médecin me demande si je suis séparée du père de Teddy. Bien sûr, je ne pourrais pas tout lui expliquer devant mon fils et… est-ce que j’ai envie de tout lui expliquer déjà ? Je n’en suis vraiment pas sûr. Mais alors que j’allais pour répondre à sa question, il se rattrape en disant que ça ne le regarde pas, ce qui me fait sourire un peu plus.

- Oh vous en faites pas. Ce n’est pas un secret d’état, puis les magazines ne se gênent pas pour le dire à tout le monde. Alors, oui, je suis séparée du père de Teddy.

L’informé-je en lui jetant un petit regard le trouvant encore plus mignon d’être embarrassé pour si peu. Bien vite, notre attention se détourne vers sa montre et, tout aussi vite, on se retrouve dans les vestiaire de la radiologie.

- Génial alors…

Lui dis-je même si ces deux mots se perdent dans les instructions du radiologue. Je l’écoute attentivement et fait ce qu’il nous a dit. Une fois le t-shirt de Teddy enlever, je l’aide à s’installer sur la table en lui disant de ne pas baiser accompagné d’un baiser sur son front. Je ne reste pas lui de mon fils le temps des photos, puis l’aide à regagner les vestiaires pour l’aider une nouvelle fois à remettre son chandail. Mon cœur se serre en voyant son visage se tordre de douleur. Essuyant les larmes qui perlent au coin de ses yeux avec mes pouces, je lui assure que c’est bientôt fini. Je le reprends dans mes bras puis sort des vestiaires pour retrouver Shawn.

- Il a fait ça comme un grand garçon, encore une fois.

Je lui souris pour accompagner mes dires avant de mettre délicatement une mèche de cheveux derrière l’oreille de Teddy. Je sursaute presque lorsque l’autre médecin interpelle le docteur Carpenter. Alors, son prénom est Shawn… J’aime bien. En entendant son nom, Teddy relève la tête vers le docteur et lui fait un petit sourire.

- Bryan en avait un et il ne pouvait pas se baigner de tout l’été ! C’était tellement long !

Il dit en riant à ce souvenir. Et ne je peux pas m’empêcher d’avoir un sourire amuser à ce souvenir aussi puisque je me souviens que Teddy avait l’air tellement dépasser par ce fait, c’était trop comique.

- Oui, oui bien sûr. J’ai tout mon temps, puis je crois pas ramener Teddy à l’école aujourd’hui de toute façon.

Je lui assure d’un sourire. Alors, comme je lui ai dit, je le suis dans ces nombreux couloirs de l’hôpital et repose mon fils sur la chaise pour laisser le médecin lui poser son plâtre alors que je caresse tendrement les cheveux de mon fils.
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Shawn & Angelica


T’es pas comme les autres. T’es spéciale. Je le sens. Je le sais. Et rien que pour ça, j’ai pas envie de laisser notre chance filer. Rien que pour ça, j’ai envie d’élucider tous les mystères qui t’entourent et qui pourraient ériger une barrière entre nous. Le père de Teddy, est-ce que tu sors encore avec lui ? Est-ce que t’as toujours des sentiments pour lui ? Est-ce que tu le fréquentes encore ? Mille et une questions qui me taraudent l’esprit, qui me tourmentent. Il n’y en a pourtant qu’une qu’il me semble raisonnable de formuler à voix haute. Mais dès que celle-ci m’échappe, je te présente aussitôt mes excuses, fausse preuve de politesse afin que tu ne me prennes pas pour le premier des indiscrets. Je suis presque sûr que tu répondras à ma question grâce à mon subterfuge, et c’est évidemment ce qui arrive. Tu confirmes ce que je souhaitais tout au fond de moi et tu ne t’offusques même pas pour mon indiscrétion, qui passe comme une lettre à la poste.

- Oh d’accord, je suis désolé et... soulagé que vous ne l’ayez pas mal pris.

Ça se voit que t’as un cœur en or. T’es d’une gentillesse infinie. Il en faut sûrement plus que ça pour te froisser. Qu’est-ce que je dois comprendre ? Que t’es le genre de femmes qui a tellement souffert par le passé que tu ne te formalises plus de ce genre de détails ? Ça te donnerait un côté encore plus vulnérable, mystérieux, attachant. Je crois que ça me plaît.

Je t’accompagne jusqu’au service de radiologie et te guide dans les vestiaires pour ne pas t’abandonner au moment le plus stressant de la visite. Je te laisse entre les mains de mon collègue le temps de la radio puis tu réapparais une fois que tout est terminé, les yeux un peu brillants, mais visiblement fière de ton petit guerrier. Vous êtes touchants, tous les deux.

- C’est vrai, Teddy ? T’as géré comme un chef ? que je lance au petit garçon, alors que mon collègue me prévient qu’il faudra poser un plâtre à l’enfant.

Pour toi, et rien que pour toi, je décide de prolonger mon service afin de m’occuper de ton fils. Je sens bien que ça te rassurerait qu’un visage familier se charge de réaliser le plâtre. Je vous guide alors jusqu’à la salle au sein de laquelle se trouve tout le matériel nécessaire à l’immobilisation du bras de Teddy.

- Oui, c’est vrai que c’est pas super pratique, un plâtre… Mais y a des moments cool aussi. Tous tes amis pourront le signer, faire des dessins dessus… Si tu veux, j’pourrais te faire un dessin, moi aussi, lancé-je au petit garçon en vous ouvrant l’une des portes du long couloir.

J’invite Teddy à s’installer sur une grande table et lui propose de choisir une couleur pour son futur plâtre : jaune, rose, vert ou bleu ? C’est généralement ce que l’on fait avec les enfants, pour que le moment leur paraisse moins pénible. Une fois le choix posé, je commence à effectuer le plâtrage. Il faut attendre quelques minutes pour que les couches sèchent successivement, attente durant laquelle Teddy doit rester parfaitement immobile.

Une fois le plâtrage terminé, je désigne du doigt un miroir placé à l’autre bout de la pièce.

- Tu veux aller voir le résultat dans le miroir là-bas ? proposé-je au petit garçon avant de l’aider à descendre de la table.

Profitant de ce bref moment de solitude avec toi, je tourne la tête dans ta direction et décide de me jeter à l’eau, tant que Teddy est suffisamment loin - et trop concentré sur l’allure de son nouveau bras - pour saisir les quelques mots que j’échange avec toi.

- Excusez-moi, ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de demander ça à la maman d’un patient, et je comprendrais parfaitement que vous trouviez ça déplacé et que vous refusiez mais…

Je me pince les lèvres, prends une profonde inspiration et articule enfin :

- Vous seriez d’accord de… De me donner votre numéro ?
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Depuis le temps que je fais parti de l’entourage de Karl et de son groupe, j’ai croisé plus d’un indiscret. Et même avant lorsque j’ai sorti avec ce connard d’acteur, il n’y avait que des indiscret autour de moi. Donc, ce n’est pas sa petite question sur ma relation avec le père de Teddy qui va me déranger. Loin de là même. Après tout, c’est normal comme question puisque Teddy n’arrête pas de parler de son père. Moi-même à sa place j’aurais voulu savoir. Puis, bon, depuis quinze ans, les magazines s’amusent à mettre notre vie privé en une de leur magazines à potins alors je ne suis plus à ça prêt.

- C’était mieux comme ça, ne vous en faites pas. Vous êtes le moins indiscret des indiscrets que j’ai pu croiser si ça vous console.

Dis-je à la blague en lui faisant un clin d’œil. Puis, rapidement, nous sommes arrivés au service de radiologie. Le docteur nous accompagne dans les vestiaires, puis nous laisse avec le radiologue le temps de la radio. Teddy et moi, on le rejoint quelques minutes plus tard. En remettant le chandail de mon fils, je lui affirme qu’il a fait ça comme un grand avant que Teddy lui fasse un grand sourire à Shawn.

- Oui ! J’ai été courageux comme ma maman !

Qu’est-ce qu’il est mignon. Je dépose un baiser sur son front avant de le prendre à nouveau dans mes bras pour se rendre jusqu’à la nouvelle salle. Je suis soulagée – et contente – que le médecin Carpenter ait proposé de faire le plâtre à Teddy. Premièrement, avoir un visage familier tout le long de ce moment, c’est rassurant. Et, deuxièmement, on n’aura pas à attendre que le nouveau médecin prenne son tour de garde. Une fois dans la salle, j’installe Teddy sur la grande table pendant qu’il répond au médecin.

- Oh oui! Vous savez faire des dragons ?!

Dit-il avec un grand enthousiaste. Puis, avec toute l’évidence du monde, Teddy choisis le vert comme couleur de son futur plâtre. Comme il le dit si bien, le vert c’est la vie. Je me répète, mais il est trop mignon ! Teddy reste immobile, comme hypnotiser par la fabrication du plâtre qu’il ne quitte pas des yeux. C’est vraiment un enfant très curieux qui veut tout apprendre. Un enfant merveilleux que je n’échangerais contre rien au monde puisqu’il est mon monde. Sans perdre une seconde, Teddy se lève pour aller se voir dans le miroir, aider par le médecin, après que ce dernier lui ait proposer. Un doux sourire attendris sur les lèvres, je quitte des yeux Teddy pour reposer mon attention sur le docteur lorsque j’attend qu’il s’adresse à moi. Je suis quelque peu surprise par sa demande parce que, honnêtement, je ne m’attendais aucunement à ça. Il veut mon numéro ? Je pourrais presque ne pas savoir quoi faire de cette question. Après un instant à me mordiller la lèvre, me demandant si je devrais, je prends le stylo dans sa poche de sa blouse blanche. Puis, j’attrape son bras, remonte sa manche et écris mon numéros sur son avant-bras. Tout ça, avec un sourire en coin. C’est bien plus amusant que de l’écrire directement dans son téléphone.

- Faudra pas oublier de le rentrer dans votre téléphone avant de vous lavez.

Dis-je très fière de moi avant de me redresser et d’appeler Teddy pour qu’on rentre à la maison après avoir passer à l’accueil.
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Shawn & Angelica


T’as pas l’air compliquée à vivre. T’as pas l’air de te prendre la tête pour quoi que ce soit, en fait. C’est rafraîchissant. Ça fait un bien fou. Pourtant, je sais que je ne dois pas me fier à cette première impression, parce qu’elle est souvent trompeuse. Mais y a rien à faire. C’est comme si tu m’avais ensorcelé. En l’espace de quelques secondes, t’as réussi à me conquérir et rien que pour ça, j’ai pas envie de laisser passer ma chance.

- Oui, j’avoue que ça me rassure quand même… soufflé-je en laissant un rire bref m’échapper. Un rire de connivence que l’on partage déjà, alors que tu m’adresses un clin d'œil complice. Peut-être que je m’emballe, mais j’ai le sentiment qu’on pourra aller loin, toi et moi.

En plus, ton fils est aussi attachant que toi, ce qui ne gâche absolument rien. Je n’aurais sûrement pas autant persévéré s’il avait été littéralement insupportable. Je sais que les enfants peuvent être les pires obstacles quand on essaye de construire une nouvelle relation.

- Bien sûr que je sais faire des dragons ! m’exclamé-je en me tournant vers Teddy, qui a déjà choisi la couleur de son plâtre, et attend sagement de se le faire poser.

Je m’entends déjà très bien avec Teddy et je ne peux m’empêcher de me dire que ça ne peut être que de bon augure pour la suite. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me décide enfin à me jeter à l’eau, quitte à me prendre le vent du siècle. Mais tu me laisseras pas face à un vide, hein, Angie ? Cette alchimie que je perçois, tu la ressens aussi, pas vrai ?

Sans dire un mot, tu te saisis du stylo qui se trouve dans la poche de ma blouse. Je te regarde faire, interdit, quand tu attrapes mon avant-bras, fais glisser ma manche jusqu’à mon coude et inscris, avec une grande délicatesse, quelques chiffres sur ma peau pour composer ton numéro. Peut-être est-ce un faux ? Mais pourquoi te serais-tu donné autant de mal, alors que tu aurais pu simplement refuser ? Un sourire niais se dessine aussitôt sur mes lèvres lorsque je comprends que tu ne me mènes pas en bateau.

- Aucun risque, réponds-je simplement avant de récupérer mon stylo, mon sourire s’agrandissant d’autant plus.

Je te laisse quitter le service avec Teddy, en vous saluant. Dès que vous avez disparu à l’angle du couloir, je m’empresse de rejoindre les vestiaires pour me défaire de ma blouse, récupérer mes affaires et rejoindre le parking du personnel de l’hôpital. À peine installé dans ma voiture, je ne peux m’empêcher de sortir mon téléphone afin d’ajouter ton numéro dans mon répertoire et aussitôt, je t’envoie un sms, simple, le premier d’une longue série : Hey, c’est Shawn Wink Comment Teddy trouve son nouveau plâtre ?
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