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clara — every ball of sunshine needs a cold-hearted bitch

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Jeu 3 Nov - 12:03
Janet n'avait pas attendu son entrée dans la vie active pour comprendre qu'elle avait plus à gagner à garder ses distances avec les gens qui l'entouraient qu'en se mêlant de leurs affaires. C'était une leçon qu'elle avait enregistré durant l'adolescence, quand son manque d'intérêt pour la majorité des préoccupations de ses camarades de classe était devenu flagrant dans ses interactions avec eux. Elle était tout à fait capable d'empathie, évidemment, mais c'était un exercice particulièrement épuisant lorsqu'elle s'y appliquait avec des personnes qui n'avaient que peu d'importance dans sa vie. Et la vérité, si triste et dérangeante fût-elle, c'était qu'elle pouvait compter ses proches sur les doigts d'une main. Et ça ne l'avait jamais dérangé. Elle avait rencontré Elior, Greer et Adrian à l'époque de la fac, et ils avaient su trouver leurs places dans son quotidien là où elle n'avait laissé que très peu d'espace. Les quelques jobs qu'elle avait tenu par la suite n'avaient pas exactement ouvert la porte à d'autres bonnes surprises sociales. Et ça non plus, ça ne l'avait pas dérangé. Toutefois, tout ça avait changé lorsqu'elle avait passé la porte de The Innocence Project. Certes, elle restait entourée en grande partie d'avocats et certain·e·s d'entre elleux avaient la même mentalité, compétitive et froide, que ses précédents collègues mais la plupart de ses collaborateurs étaient là parce qu'ils se souciaient des autres. Et, semblait-il, Janet avait attrapé le virus. Évidemment elle ne s'était pas soudainement transformé en Bisounours du jour au lendemain, non, non. C'était inconcevable, presque contre-nature à ce stade. Mais le small talk avec la réceptionniste lorsqu'elles sortaient du métro en même temps n'était plus aussi douloureux qu'avant et pire — mieux ? son thérapeute préférerait certainement ce mot-là et à la réflexion, Jay aussi — encore elle s'était fait des amis. Enfin, une amie. Janet n'était pas certaine de savoir exactement comment c'était arrivé mais elle était intimement convaincue qu'elle n'avait pas eu la moindre chance, le jour où elle avait rencontré Clara Reed. Au bout de cinq minutes d'une conversation relativement banale, elle s'était fait la réflexion que la jeune femme lui rappelait étrangement Elior. Sans doute aurait-elle dû comprendre, au moment même où cette pensée lui avait traversé l'esprit, qu'elle finirait par s'attacher.

L'affection chez Janet était un phénomène subtil, à base de coups d'œil discrets et de silence attentif lorsqu'on s'adressait à elle, soupoudré de conseils légaux gratuits et, en cas de besoin, de la promesse de servir d'alibi et autres coups de main pour dissimuler un corps. Subtil, donc, et peut-être un rien maladroit. Parce qu'elle n'avait pas beaucoup d'amis et qu'elle s'efforçait de ne pas porter un masque avec eux, y compris avec Clara. Cela dit, Jay n'avait aucun scrupule à renfiler sa casquette de connasse glaciale si nécessaire. Using her evil powers for good and all that. Une variante de ce qu'elle faisait déjà au boulot, seulement pour ses proches cette fois. Et depuis qu'elle avait mis les pieds au bureau, elle n'avait pu s'empêcher de se demander si elle allait devoir le faire pour Clara après l'avoir croisée ce matin.

Décoder les émotions d'autrui avait toujours été pour Janet une manière de survivre, de pouvoir avancer jour après jour en satisfaisant tant son besoin de contrôle que celui, plus vicieux, de sembler parfaitement normale. Mais si expérimentée qu'elle pouvait être en la matière, ce n'était pas une science exacte. Avec d'autres, Jay n'aurait pas eu si peur de se tromper ou de mettre les pieds dans le plat — parce que l'erreur était humaine, apparemment, et qu'elle avait le droit d'en faire d'après son psy, même si elle n'était pas convaincue, bref — mais elle appréciait Clara. La heurter ou, pire, la blesser était définitivement la dernière chose que Jay désirait faire. D'un autre côté, elle ne pouvait nier qu'elle était un peu inquiète et malgré son talent pour cloisonner ses idées, elle avait passé la matinée à réfléchir sur la meilleure manière d'approcher les choses. Une fois l'heure de la pause déjeuner arrivée, il ne restait plus que deux options en lice. Et elle les avait tant répété dans sa tête qu'en arrivant devant le bureau de Clara, les deux propositions se mêlèrent l'une à l'autre. You know, I'm here if you wanna hurt someone, lança-t-elle avant de fermer brusquement la bouche, les joues roses d'embarras. Great, fan-fucking-tastic. Nul besoin de se demander pourquoi sa vie sociale était un tel désert. Jay s'éclaircit la gorge et se redressa, carrant les épaules. What I meant to say is, I'm here if you wanna talk. Or if you need to hurt someone. Legally or otherwise, ajouta-t-elle après une seconde de réflexion. You seemed a bit, I don't know, off? This morning, I mean. So I wondered why and I got a bit worried and if you wanna talk about it over lunch, we can. Or we can plot a mean revenge plan, I'm game for anything. Here for you, all that. Elle baissa les yeux sur ses chaussures, peu à l'aise par une telle déclaration. Mais il était trop tard pour la ravaler de toute manière.

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Mer 30 Nov - 10:53

TW: Relation toxique


Les semaines avaient filé à une vitesse folle. L’installation dans une nouvelle ville, un nouvel appartement, un nouveau job, de nouveaux repères à trouver. Et voilà qu’avec le temps, tout se mettait en place et semblait rouler sans accro, alors que peu à peu elle trouvait ses marques. Ce qui était au début si étranger et parfois même effrayant devenait familier. Elle était plus à l’aise au travail en constatant qu’elle se débrouillait en fait plutôt pas mal. Elle commençait même à rencontrer de nouvelles personnes, à nouer des débuts d’amitié au travail comme ailleurs. Elle se laissait peu à peu aller dans cette nouvelle vie comme dans un bain à la parfaite température.

Mais c’était toujours dans ces moments là qu’il se rappelait à elle. Lorsqu’elle se réveilla et vit son nom sur l’écran d’accueil de son téléphone, elle se sentit immédiatement prise d’un frisson glacé, son corps se mettant en état d’alerte sans même qu’elle s’en rende compte. Elle contempla la possibilité d’effacer directement ce message, sans même le lire. C’aurait été la meilleure chose à faire, gage de cette nouvelle vie où elle refusait de se laisser envahir par un passé trop encombrant, surtout lorsqu’il s’agissait d’Anton. Et pourtant, c’est en avalant son café du matin qu’elle céda. Le message avait été envoyé au beau milieu de la nuit, une habitude qu’il avait prise après leur séparation, comme s’il voulait interrompre son sommeil.

Hey love
I saw you moved to NYC, how r things there?
I miss you.


Ce furent ces trois derniers mots qui lui firent l’effet d’un poignard dans le coeur, la rendant d’un coup totalement euphorique puis au bord du désespoir en le sachant si loin, en sachant que jamais, jamais il ne reviendrait vers elle. Mais elle lui manquait. Il pensait à elle. Mais il était loin, aux dernières nouvelles marié à une autre.

Et s’il revenait quand même ?

Elle avisa l’heure, enfila son manteau, attrapa ses affaires et quitta l’appartement. Depuis son premier jour à The Innocence Project, jamais elle n’avait eu aussi peu le coeur à travailler. Elle passa le trajet dans les transports en commun avec à peu près autant de vitalité qu’un zombie. Et c’est de la même manière qu’elle arriva sur son lieu de travail, puis à son bureau, le tout en essayant d’agir exactement comme si tout était normal, mais sans grand succès. Une fois sur deux elle oubliait de dire bonjour, était totalement absente et encore plus dispersée que d’habitude. Il faut dire que s’empêcher de pleurer à tout instant lui demandait une énergie considérable.

Elle avait sincèrement espéré avoir réussi à faire bonne figure, tout en ne pouvant s’empêcher de regarder son téléphone comme une bombe à retardement. Car oui, à présent qu’elle avait lu, elle était tentée de répondre. Mais elle ignorait quoi. Une part d’elle voulait le couvrir d’insultes tandis que l’autre était toute prête à le supplier de revenir. Elle se sentait atrocement pathétique, mais c’était comme une drogue de laquelle elle ne pouvait décrocher. Elle en était là, à regarder son smartphone comme s’il s’agissait d’une pomme empoisonnée lorsqu’elle entendit la voix de Janet, qui s’adressait visiblement à elle. Elle leva les yeux vers sa collègue et amie, puis haussa les sourcils, surprise et se demandant où elle voulait en venir. Avant de comprendre qu’elle n’était peut-être pas si douée pour dissimuler ce qu’elle ressentait. Elle adorait Jay mais pour une fois elle aurait préféré qu’on l’oublie. Parce que si elle savait, elle la trouverait certainement complètement idiote. Et Clara sentait qu’elle ne pourrait traverser la journée si elle devait parler d’Anton et de ce stupide message. Elle s’efforça alors à afficher un sourire. « Thanks but I’m okay, I promise. Just a bit tired. » Ces dernières paroles suffirent pour que son sourire s’efface et qu’elle ne puisse plus retenir les larmes qui menaçaient de couler depuis ce matin. Accoudée à son bureau, elle reposa son visage sur ses mains dans l’espoir que cela s’arrête. « I’m sorry, I swear it’s nothing. » Clara avait la larme facile mais s’était toujours promis de ne jamais pleurer à son bureau, et surtout devant ses collègue. Elle se frotta les yeux pour essuyer ses larmes. « Gosh, that’s so unprofessional, I’m so sorry. I’ll be fine, don’t worry » Elle se rendait bien compte qu’elle ne cessait de se répéter, mais c’était plus facile que dire la vérité.


@Janet Munroe

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Lun 12 Déc - 17:39
Si peu perceptive et, globalement, peu sûre d'elle qu'elle pouvait être, Janet n'en était pas pour autant idiote, loin de là. Son intellect était certainement ce qui lui avait permis de donner le change pendant de temps et de pouvoir prétendre être tout à fait normale, sinon un peu froide. Certes, naviguer les relations humaines n'était pas une promenade de santé mais avec un peu d'entraînement et une bonne mémoire, ce n'était pas impossible, même pour quelqu'un comme elle. Elle avait passé son enfance et une partie de son adolescence à noter ce qu'il valait mieux éviter de dire, ce qu'il ne fallait surtout pas faire, ce qui attirait inévitablement des regards curieux, voire perturbés, et ce qui lui permettait de passer inaperçue. Et, certes, son thérapeute l'exhortait, semaine après semaine, à se défaire de ses vieux réflexes — some bullshit about living her truth or something — mais ils restaient là, dans un coin de sa tête. Dans cette situation, si Janet devait les appliquer, elle tournerait les talons et laisserait Clara tranquille. Parce qu'elle avait clairement mis les pieds dans le plat et que parler de ce qui ne tournait pas rond mettrait très certainement son amie mal à l'aise. Et si Jay reconnaissait totalement la validité d'un tel besoin, elle savait aussi que le silence et la solitude n'étaient pas toujours de très bons compagnons. It's not that unprofessional, everybody got an off day every now and then, offrit-elle en guise de consolation. Si quelqu'un ici avait la moindre expérience en matière de manque de professionalisme, c'était bien elle. C'était presque un miracle qu'on l'ait engagé d'ailleurs, après qu'elle ait planté son ancien cabinet sans prévenir.

Elle observa un instant Clara en silence, notant les larmes que cette dernière s'efforça de dissimuler. Une preuve, si vraiment il en fallait une, que Clara n'allait pas aussi bien qu'elle s'entêtait à le répéter. Là encore, Jay comprenait la démarche. Avait aussi appliqué la procédure plus d'une fois, tant avec elle-même qu'avec autrui. As someone who's recently been through multiple breakdowns and tried to get people off her back with the very same words, I gotta tell you, it only works to an extent. Elle s'éclaircit la gorge, consciente que c'était très certainement la première fois qu'elle évoquait ce qu'elle avait traversé avec Clara. L'avantage des nouvelles rencontres, il n'était pas nécessaire d'étaler toute son histoire personnelle dès le départ. We don't have to talk about it you know, or really, about anything, reprit-elle en haussant les épaules, se sentant soudain toute petite dans son blazer noir — comme la gamine désespérée d'être acceptée et appréciée qu'elle avait pu être, deux décennies plus tôt. We can just go stuff our faces in silence. Or I can leave you alone. I'm pretty sure Jonah's around somewhere, I could always go try staring him into being my lunch buddy. A work in progress, that. Comme la plupart des relations qu'elle avait noué ici depuis son arrivée.

@ Invité

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Mar 31 Jan - 17:11

TW: Relation toxique


Clara était tout simplement morte de honte. Perdre ses moyens devant Janet était une chose, mais craquer sur son lieu de travail en était une toute autre. Sa collègue et amie avait beau tenter de la rassurer, la brune n’en menait pas large et savait qu’elle n’aurait pas dû se laisser aller de cette façon. Le privé ne pouvait impacter sur son travail, d’autant plus dans leur domaine d’activité. Elle s’en voulait, aussi. Parce qu’elle était faible, parce qu’un message suffisait pour la faire replonger des mois en arrière, pour altérer son humeur, sa joie de vivre et ruiner sa journée avant même qu’elle ait commencé. « I swear, it’s nothing… » Elle n’aimait pas déranger, mais elle était touchée que Janet se soit ainsi préoccupée de son état. Elle ne la connaissait pas depuis très longtemps, mais suffisamment pour savoir que la blonde n’était pas forcément à l’aise avec les démonstrations d’émotions. C’est sans doute pour cette raison qu’elle se décida à en dire un peu plus. « It’s just… my ex. He wrote to me this morning and… »

Ne sachant comment finir sa phrase, elle attrapa son sac et tout en reniflant le fouilla pour en extirper un paquet de mouchoirs. Elle s’essuya les yeux avant de se moucher doucement, fuyant le regard de sa collègue. Elle avait terriblement honte, avec ses histoires de coeur ratées. On aurait dit une collégienne. Elle parvint enfin à lever les yeux vers la jeune femme. « I don’t know, it shook me. I told you, it’s stupid. I don’t even know why I react like that. » Clara l’émotive, Clara la pleurnicheuse. Et tant d’autres qualificatifs qu’elle avait en tête. Elle aurait aimé être un peu plus comme Janet, avoir cette énergie de bad bitch qui ne s’en laissait pas compter. Elle était à peu près certaine que son amie n’aurait jamais laissé un Anton s’approcher d’elle, aurait encore moins réagi de cette façon.

La vérité, c’est qu’elle ne savait pas comment s’en dépêtrer. A chaque fois qu’elle croyait l’avoir oublié, il revenait à la charge et elle avait malgré elle cet espoir, maigre espoir mais espoir malgré tout, qu’il reviendrait. Et ça, c’était encore plus idiot, encore plus tragique. Elle le savait, mais ne pouvait s’en empêcher. Elle se força à sourire, sans grande conviction. « I’m so sorry to bother you with my nonsense drama. Gosh, you must think I’m such an idiot! » Elle laissa échapper un petit rire malgré elle, entrecoupé d’un sanglot, avant de s’essuyer une nouvelle fois les yeux. « I must look awful, maybe I should go to the bathroom before someone else sees me like that. » Et la dernière chose qu’elle souhaitait, c’était bien de devenir la pleureuse du bureau quelques semaines à peine après son arrivée.


@Janet Munroe


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