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reawis — standing alone in a crowded room

2 participants
Reagan Schuyler
Reagan Schuyler
To do list rp :
en cours | Debbie, Lewis

à venir | Wes (the strip club extravaganza)
Summary :
Benjamine d'une fratrie de deux enfants, Reagan a grandi à Boston dans une famille catholique. La séparation désastreuse de ses parents en 96 et son besoin irrépressible de validation la confinent dans son rôle de funny fat friend qui, ironiquement, lui permet de déployer ses ailes lorsqu'elle fait ses premiers pas dans le standup à seize/dix-sept ans. Accro à l'adrénaline de la scène et influencée par son petit-ami de l'époque, elle s'installe à New York dans l'espoir de faire décoller sa carrière. Il lui faut alors plusieurs années et un premier rôle au cinéma pour réaliser qu'elle est coincée dans une relation toxique. Après la rupture, elle renoue avec son père, parti vivre en Irlande plusieurs années plus tôt, et rencontre l'agent qui la suivra pour la majeure partie de sa carrière. En 2005, alors âgée de vingt-deux ans, elle intègre le Saturday Night Live. S'en suit une décennie extrêmement chargée professionnellement parlant, au point où Reagan se perd dans les projets et étouffe petit à petit. Son burn out signe la fin de ses jours heureux chez NBC et le début d'une traversée du désert qui dure trois longues années. Ce break lui permet non seulement d'entamer une thérapie mais de réévaluer ses choix. Plus épanouie, plus calme aussi, Reagan se consacre désormais à des projets qui lui font du bien : un podcast traitant de fat acceptance, un livre et un contrat avec Netflix. Sa vie personnelle connaît, certes, bien moins de succès mais se reconstruire ne se fait pas en un jour et elle est tout à fait prête à prendre le temps qu'il faudra (moodboard ; playlist)
Date d'inscription :
26/08/2019
Messages :
1950
Pseudo :
nocreativejuiceleft, Julia
Player's pronoun :
she/her
Rythme de rp :
le weekend uniquement
Multinicks :
Janet (ft. Kristen Stewart), Jasper (ft. Chris Evans), Devalekha (ft. Simone Ashley), David (ft. David Bowie), Isaac (ft. Andy Samberg), Gigi (ft. Rihanna), Gus (ft. Regé Jean Page) et Parker Jane (ft. Megan Fox)
Avatar :
Lizzo, @fabulaetion (av.), @carolinesburner (profile pic), @nessa007 (gifs), @Lizzo (lyrics)
reawis — standing alone in a crowded room E83f80a99198b86110b6a59efbc61087
Age :
39
Nationality :
American
Origins :
African-American
Religion :
Catholic
Status :
single and ready to mingle (but only for a couple of nights, let's not be hasty and commit to anything)
Orientation :
bi bi bi til the day she dies
Work :
standup comedian, SNL royalty, actress, podcast host
Home adress :
Queens, Oak Complex, the Poppy building
Communities :
Drive Safe (donatrice), The Outpost (habituée) et les Habitants du Oak Complex
Trigger :
feu/incendie/immolation, parents manipulateurs/abusifs, fausse couche
Warning :
bodyshaming et grossophobie, dépression, dépréciation de soi
To do list rp : en cours | Debbie, Lewis

à venir | Wes (the strip club extravaganza)
Summary : Benjamine d'une fratrie de deux enfants, Reagan a grandi à Boston dans une famille catholique. La séparation désastreuse de ses parents en 96 et son besoin irrépressible de validation la confinent dans son rôle de funny fat friend qui, ironiquement, lui permet de déployer ses ailes lorsqu'elle fait ses premiers pas dans le standup à seize/dix-sept ans. Accro à l'adrénaline de la scène et influencée par son petit-ami de l'époque, elle s'installe à New York dans l'espoir de faire décoller sa carrière. Il lui faut alors plusieurs années et un premier rôle au cinéma pour réaliser qu'elle est coincée dans une relation toxique. Après la rupture, elle renoue avec son père, parti vivre en Irlande plusieurs années plus tôt, et rencontre l'agent qui la suivra pour la majeure partie de sa carrière. En 2005, alors âgée de vingt-deux ans, elle intègre le Saturday Night Live. S'en suit une décennie extrêmement chargée professionnellement parlant, au point où Reagan se perd dans les projets et étouffe petit à petit. Son burn out signe la fin de ses jours heureux chez NBC et le début d'une traversée du désert qui dure trois longues années. Ce break lui permet non seulement d'entamer une thérapie mais de réévaluer ses choix. Plus épanouie, plus calme aussi, Reagan se consacre désormais à des projets qui lui font du bien : un podcast traitant de fat acceptance, un livre et un contrat avec Netflix. Sa vie personnelle connaît, certes, bien moins de succès mais se reconstruire ne se fait pas en un jour et elle est tout à fait prête à prendre le temps qu'il faudra (moodboard ; playlist)
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Status : single and ready to mingle (but only for a couple of nights, let's not be hasty and commit to anything)
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Work : standup comedian, SNL royalty, actress, podcast host
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Communities : Drive Safe (donatrice), The Outpost (habituée) et les Habitants du Oak Complex
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STANDING ALONE IN A CROWDED ROOM
i used to think one day we'd tell the story of us, how we met and the sparks flew instantly. people would say, "they're the lucky ones". i used to know my place was a spot next to you, now i'm searching the room for an empty seat 'cause lately i don't even know what page you're on. oh, a simple complication, miscommunications lead to fall out. so many things that i wish you knew, so many walls up i can't break through. now i'm standing alone in a crowded room and we're not speaking. and i'm dying to know, is it killing you like it's killing me? i don't know what to say since the twist of fate when it all broke down and the story of us looks a lot like a tragedy now, next chapter. how'd we end up this way? (creds: gifs, @oscarspoe @gifsbyant; lyrics, @taylor swift)
Sur le papier, Reagan n'avait rien contre les mariages, que ce soit l'institution en elle-même ou ses célébrations. Elle était toujours ravie de sauter dans l'une ou l'autre de ses robes préférées pour pouvoir fêter l'union de gens qu'elle chérissait. Et elle n'était pas allergique aux déclarations d'amour un peu niaises, ni aux larmes des parents qui menaient leur progéniture à l'autel et encore moins à l'émotion des époux. Non, vraiment, Reagan aimait les mariages, même si elle n'était absolument pas près d'organiser le sien, quoi qu'en pense sa mère, toujours convaincue qu'elle fréquentait Debbie avec de sérieuses intentions. Cette relation n'était pas sérieuse, ni réelle d'ailleurs mais ce que Mrs. Schuyler ignorait pour l'instant ne lui ferait du mal que bien plus tard. À moins qu'elle ne soit soulagée d'apprendre que sa seule fille, toujours pas mariée à trente-neuf ans, avait encore une chance de finir sa vie avec un homme, ha. Et ce n'était, de toute façon, pas exactement un problème pressant à l'heure actuelle. À peine plus qu'un rappel que ne pouvait s'empêcher de lui faire son cerveau avec une petite dose de stress qui affolait son cœur et faisant trembloter temporairement ses doigts autour de sa flûte de champagne. Et elle n'était pas sensée être stressée. C'était un mariage, pas le premier auquel elle était conviée. Ni, à la réflexion, le premier de l'un ou l'autre des heureux mariés. Évidemment, elle s'était bien gardée de faire la moindre réflexion sur le sujet, principalement parce que c'était impoli et inapproprié mais aussi parce qu'elle n'était pas assez idiote pour offenser l'homme qui lui avait donné sa chance à la télévision le jour le plus heureux de sa vie, même si c'était au moins le troisième ou le quatrième. En près d'une décennie à SNL, elle avait assisté à deux des noces du grand patron du programme et si il y avait certainement une quantité non négligeable de vannes à faire le sujet, Reagan avait bien l'intention de les garder pour elle, question de respect — et de survie professionnelle, même si elle avait quitté l'émission depuis bientôt sept ans.

Ce n'était peut-être pas la première fois que le marié convolait en justes noces mais l'ambiance n'était pas à la sobriété ni aux économies. Grandiose était le premier mot qui avait traversé l'esprit de Reagan une fois arrivée à la réception au Plaza Hotel. Ostentatoire, aurait dit sa mère qui estimait que des divorcés pouvaient, certes, se remarier mais devaient avoir la décence de le faire discrètement. Il n'y avait décidément rien de discret à propos du menu long comme le bras ou de l'impressionnante liste des invités. Page Six s'en donnerait certainement à cœur joie le lendemain, si toutefois le magazine avait suffisamment de place pour namedrop chaque célébrité présente tant ce mariage ressemblait à une Oscars afterparty sous stéroïdes. Entertaining as fuck, yes, but also slightly overwhelming. Si Reagan savait l'importance d'entretenir de bonnes relations avec les bonnes personnes dans le milieu, elle aimait aussi sa tranquillité. Sa soirée idéale ne ressemblait pas exactement à une randonnée mentale au milieu du gratin new-yorkais, loin de là.

Après une petite heure à écouter les dernières nouvelles sur les projets des uns et des autres tout en priant désespérément pour qu'on annonce enfin le début du repas, elle finit par s'échapper discrètement. C'était l'avantage d'être noyée dans une mare de gros poissons, juste un nom parmi tant d'autres bien plus illustres, personne ne risquait de remarquer son absence pour cinq ou dix minutes. Le voiturier planté devant l'entrée de l'hôtel ne sourcilla même pas en lui offrant un briquet pour allumer sa cigarette, l'ignorant sitôt qu'elle s'éloigna un peu. Sans doute parce qu'il avait assisté à plus surprenant ou peut-être simplement qu'il se fichait de ce que la clientèle pouvait bien faire. Il y avait un certain réconfort dans cette calme indifférence, suffisamment en tout cas pour que Reagan retourne à l'intérieur avec le sourire, prête à affronter le brouhaha des conversations et un dîner qui risquait de s'étirer jusqu'au milieu de la nuit.

La sérénité que lui avait apporté sa pause nicotinée s'évanouit brusquement en même temps que le claquement de ses talons sur le carrelage immaculé du hall de l'hôtel lorsqu'elle posa les yeux sur un visage douloureusement familier, non loin de l'entrée de la salle de réception. C'était certainement un peu idiot mais Reagan ne s'était pas vraiment préparée à le revoir, parvenant sans mal à se convaincre qu'ils seraient perdus dans une foule d'invités suffisamment prompts à se mêler les uns autres pour qu'ils ne se croisent pas. Idiot, un peu naïf aussi et tout à fait irréaliste. Ils avaient passé plus d'une décennie à travailler ensemble. Plus que ça, ils avaient été amis, partenaires à l'écran et en session d'écriture, et pendant très longtemps, Lewis Turner avait été l'une des personnes les plus importantes de sa vie — peut-être même la plus importante, si elle était un peu honnête avec elle-même. Ils n'avaient, techniquement, aucune raison de s'éviter. Lui n'en avait pas,  au moins. Leur amitié, à défaut de meilleur terme, ne s'était pas terminée en monstrueuse dispute, rien qui ne justifiait qu'ils gardent leur distance. Non, Reagan s'était simplement éclipsée sans un mot. Une pause clope métaphorique qui n'avait jamais pris fin. L'ironie de le recroiser après une réelle cigarette n'échappa d'ailleurs pas à la comédienne. Plantée à quelques mètres, son manteau sur le bras, elle hésita un moment, évaluant ses chances de quitter cette soirée pour de bon sans être vue. Après tout, elle avait déjà offert ses félicitations à l'heureux couple et elle ne doutait pas que leur wedding planner réarrangerait vite la table où elle était sensée s'asseoir pour éviter le triste spectacle d'une chaise vide. Mais si la perspective de finir sa soirée confortablement installée dans son canapé, le cœur et l'esprit intacts, était bien plus alléchante que celle de passer des heures à côtoyer les grands noms du showbiz après une conversation potentiellement perturbante avec Lewis, quelque chose la dérangeait dans l'idée de prendre la fuite. D'abord parce qu'elle s'efforçait, depuis des années, de gommer ce réflexe sur lequel elle se rabattait au moindre signe de fragilité dans sa confiance en elle durement obtenue. Elle en avait longuement parlé avec son thérapeute, avait exploré le pourquoi et le comment en long, en large et en travers. Elle savait qu'elle avait d'autres options. Et, surtout, parce que Lewis ne méritait pas ça. Même si elle avait eu besoin de cette distance, il ne lui avait jamais rien fait, rien pour motiver son indifférence. Ou ce qu'elle aurait aimé être de l'indifférence. Force était d'admettre qu'elle en était loin, clairement perturbée par sa proximité avant même qu'ils n'aient échangé le moindre mot. Et même si presque deux années de silence n'étaient pas parvenues à l'immuniser contre les effets secondaires de sa présence, deux trois banalités échangées à une soirée qu'ils oublieraient certainement très vite ne pourraient rien empirer. Right? Right.

Elle n'en était pas tout à fait sûre mais il était trop tard pour reculer une fois qu'elle eut mis un pied devant l'autre une, deux, trois fois, assez pour arriver à sa hauteur, un sourire un rien forcé aux lèvres. Pas le sourire qu'on offrait à un proche, celui dont on se paraît pour prétendre que tout allait bien. Parce qu'ils n'étaient plus vraiment proches, non. Elle était partie sans prévenir, incapable de gérer plus longtemps la dichotomie de leur amitié et de ses propres sentiments. Lewis, hey, parvint-elle à articuler avec plus d'aisance qu'elle ne s'en sentait réellement capable, ça fait un bail. Ha, comme si il n'était pas au courant. L'idée, pernicieuse et cruelle, qu'il n'ait pas pris conscience de son éloignement s'insinua dans son esprit et Reagan baissa les yeux, les joues réchauffées par une gêne qu'elle n'avait pas ressenti depuis des années. Celle qui découlait d'un complexe d'infériorité né d'années à se faire toute petite, à rester en retrait pour éviter une attention qu'elle ne pensait pas mériter. Mais Reagan n'était plus une gamine et elle n'avait pas l'intention de se retrancher dans ses vieux travers, certainement pas ici et maintenant, pas face à quelqu'un qui ne lui avait jamais voulu que du bien. Tu as l'air en forme, reprit-elle, attrapant une coupe de champagne au passage furtif de l'un des nombreux serveurs, déterminée, visiblement, à endosser le rôle de la parfaite connaissance pour cette scénette de badinage qu'elle n'était pas certaine de savoir écrire.
Lewis Turner
Lewis Turner
To do list rp :
3/4 ~ dispo

reagan schuyler - www
wade lowell - www
teddy edwards - www
Summary :
a vécu à San Francisco jusqu'à ses dix-huit ans + a été élevé par un couple lesbien mais a aussi vu régulièrement son père biologique + a toujours été passionné par l'humour et aimé faire des blagues + est du genre bavard et pas prise de tête + il adore son travail + a divorcé en début 2022 d'une actrice à qui il a été marié durant des années + est trop honnête pour réussir à garder des secrets + travaille au snl depuis 2005 où il a été auteur puis à présent il est head writer + a joué dans quelques comédies qui ont eu pour certaines du succès.
Date d'inscription :
26/11/2022
Messages :
28
Pseudo :
huckleberry, cass
Player's pronoun :
elle
Rythme de rp :
un rp toutes les deux/trois semaines
Multinicks :
aucun
Avatar :
mahershala ali ~ dopamine-cyn, clematsea
reawis — standing alone in a crowded room 39c1c7a933cf7c2c29c7725bc27c33b7a85a608a
Age :
quarante-six ans
Nationality :
américaine
Origins :
afro-américaines
Religion :
athé
Status :
divorcé
Orientation :
biromantique et demi-sexuel. Il arrive davantage à développer une relation forte et durable avec les femmes mais préfère les hommes pour des relations sans lendemain.
Work :
head writer au snl, acteur parfois aussi
Home adress :
penthouse à greenwich village, manhattan
Communities :
the outpost, le gotha (ancien membre), lgbt center, the lift, les cours de yoga, harlem jazz jam
Trigger :
drogues, scènes de violence explicite inrp
Warning :
-
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Summary : a vécu à San Francisco jusqu'à ses dix-huit ans + a été élevé par un couple lesbien mais a aussi vu régulièrement son père biologique + a toujours été passionné par l'humour et aimé faire des blagues + est du genre bavard et pas prise de tête + il adore son travail + a divorcé en début 2022 d'une actrice à qui il a été marié durant des années + est trop honnête pour réussir à garder des secrets + travaille au snl depuis 2005 où il a été auteur puis à présent il est head writer + a joué dans quelques comédies qui ont eu pour certaines du succès.
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tw : adultère, divorce

Depuis l’officialisation de son divorce et même sa séparation, Lewis est bien obligé d’admettre que les mariages n’ont plus réellement la même saveur à ses yeux. S’il reste enthousiaste à l’idée de participer à la célébration de l’amour de deux personnes qui s’aiment, il ne peut s’empêcher de voir en miroir son propre échec. Il sait rester réaliste et admet volontiers qu’un mariage ou une relation ne dure pas forcément toute une vie, qu’il ne faut pas forcément la regretter au moment où elle se termine mais la manière dont s’est terminée sa propre relation ne lui donne pas vraiment envie de regarder le passé d’un air nostalgique. S’ils s’étaient quittés bons amis en admettant que les sentiments n’étaient plus là et la distance n’aidant pas, il ne serait pas si amer. Mais apprendre un matin à la une des magasines les infidélités de son épouse en même temps que le reste du monde, ce n’est pas ce qui aide à terminer une relation dans les meilleurs termes. Quitte à l’apprendre, il aurait aimé que ça vienne d’elle, qu’elle fasse preuve d’honnêteté et n’avoue pas, une fois les faits exposés au monde, qu’elle a effectivement eu des relations éphémères depuis de nombreuses années, presque depuis leur rencontre. Pour quelqu’un comme Lewis qui n’est pas très adepte du mensonge et accorde une grande importance à l’honnêteté, l’annonce est d’autant plus dure à avaler. Deux ans plus tard la digestion est toujours en cours, n’ayant pas remis le pied dans une relation, sans que cela ne le dérange particulièrement. Il a bien eu quelques aventures sans lendemain avec des hommes, de quoi ajouter un peu de vie dans sa vie sentimentale peu envieuse mais qui lui donne matière pour bon nombre de sketchs. L’avantage d’un divorce, du fait qu’il soit médiatisé, c’est qu’il lui donne un puits presque sans fond de blagues et de situations à explorer. Comme il n’est jamais le dernier pour rire de lui-même, coupant l’herbe sous le pied à ses détracteurs, il n’a pas peur d’utiliser sa vie privée, même si elle a été rendue très publique, pour faire rire.

Le mariage auquel il assistait n’était pas le plus bas de gamme de New-York, il devait même faire partie de ceux qui coûtaient le plus cher et serait sûrement dans le top d’un magasine quelconque spécialisé sur le mariage. L’ambiance respirait l’argent et la célébrité à plein nez à croire qu’un relevé bancaire était demandé aux invités pour pouvoir assister à la cérémonie. De ce côté là, le comédien n’avait pas de soucis à se faire. Le divorce ne lui avait pas coûté grand-chose, au contraire, son épouse gagnant bien plus que lui grâce à ses films, il a récupéré une partie de sa fortune, le contrat de mariage n’étant pas spécialement contraignant. Si une clause concernant l’adultère avait été ajoutée, il aurait pu récupérer davantage, seulement dans le but de se venger, mais il avait jugé cette clause un peu trop moyenâgeuse, son épouse ne l’avait pas contredit, s’il avait su la suite !

Il connaît une bonne partie des invités, surtout ceux du côté du mari, puisqu’il s’agit de son patron, celui qui dirige le SNL depuis longtemps, trop longtemps peut-être. Si avant Lewis ne le voyait qu’à quelques repas ou de rares réunions, depuis qu’il a obtenu une promotion et fait parti des head writers du programme, le voir est devenu hebdomadaire, voir plus suivant les événements. Ils ne sont pas particulièrement proches mais l’entente reste cordiale entre eux. La plupart de ses collègues et certains anciens sont également là, de quoi décompresser un peu entre deux discussions un peu trop professionnelles ou barbantes pour l’occasion. Malheureusement, à chaque fois qu’il tente d’aller vers un ou une de ses comparses, une personne bien moins intéressante vient l’intercepter pour lui parler d’un de ses derniers sketchs ou du rôle qu’il a refusé dans cette comédie qui pourtant a fait un carton au box-office, vraiment dommage d’être passé à côté d’une telle opportunité. Par moment il échange avec ses amis des regards qui lui remontent un peu le moral, ils sont tous dans la même galère mais quand le repas arrivera, ils se retrouveront à la même table.

Attrapant un petit-four au passage, il décide de s’éclipser aux toilettes, espérant que personne ne l’intercepte en chemin ou ne décide de lui faire la conversation dans l’urinoir d’à côté. Pour parer à cette éventualité, il se réfugie dans une cabine individuelle pour profiter de ces quelques secondes de solitude bienvenues. Il ne peut pas y rester trop longtemps au risque que quelqu’un ne remarque son absence ou la cabine fermée depuis trop longtemps. Presque à contre cœur il ouvre la porte, traverse le hall et retourne dans la salle animée. Il reste néanmoins près de l’entrée, deux petits-fours dans les mains, n’ayant pas vraiment l’occasion d’en profiter avec tout le blabla qu’il a dû fournir. Si le comédien avait décidé de ne pas trop s’éloigner du hall, ce n’était pas seulement pour espérer ne pas être dérangé, mais parce qu’il y a remarqué Reagan, à laquelle il a jeté un coup d’œil furtif. Il l’a aperçu à plusieurs reprises du coin de l’œil, se demandant s’il irait lui parler à un moment, si elle, viendrait, ou s’ils s’ignoreraient toute la soirée, faisant semblant d’être trop occupés avec d’autres.

Lewis n’a aucune raison d’en vouloir à la jeune femme, il a même plutôt envie de discuter avec elle mais il ne peut s’empêcher de se dire que s’ils se sont éloignés, il y a sûrement une raison et il n’a pas envie d’aller la voir si elle n’en a pas envie, si une conversation avec lui reviendrait pour lui à toutes les conversations qu’il a pu avoir jusqu’à présent. Un peu trop impatient et curieux malgré tout, il se retourne vers le hall et voit son amie, ou ancienne amie, il ne saurait trop dire à présent, s’avancer vers lui, souriante. A une époque il aurait su dire que son sourire n’était pas le plus sincère et naturel qu’elle pouvait lui offrir, mais il ne la connaît plus aussi bien que par le passé. « Salut Reagan...oui, ça fait...longtemps. » Au moins ils sont aussi nuls l’un que l’autre pour une entrée en matière. Ce début de conversation et cette petite gêne palpable lui rappelle le genre de conversations que les gens peuvent avoir avec des anciens camarades de classe ou des personnes perdues de vue depuis des années. Que dit-on à quelqu’un à qui on n’a pas parlé depuis des années ? S’il s’en sort bien la plupart du temps avec ces conversations où les banalités s’enchaînent et où un semblant de complicité naît avant de disparaître une fois la conversation finie, avec Reagan les choses sont différentes. Elle ne rentre pas vraiment dans la catégorie des amis sans importance perdus de vue, sa place est bien particulière, sans qu’il ne l’admette forcément. « Toi aussi. » L’Oscar de la conversation la plus banale et barbante revient à Reagan Schuyler et Lewis Turner pour la conversation du mariage. Même si Lewis n’a pas spécialement envie de boire quelque chose, il attrape lui aussi une coupe de champagne, histoire de se donner une contenance en ayant quelque chose entre les mains. « Le menu a l’air plus sympa cette année. Je crois que la dernière était allergique aux cacahuètes non ? Et vegan aussi ? Ou alors c’était celle d’avant. Je commence un peu à me perdre dans tous ses mariages ! » dit-il avec un rire, tentant de combler le silence qui pourrait s’offrir à eux avec des banalités. « Alors, quoi de neuf, depuis...la dernière fois ? » C’est à dire depuis deux ans. Il sait que ce n’est pas la meilleure question à poser, que répondre sincèrement à ce genre de question est presque l’équivalent d’un ça va où la seule réponse attendue est oui, un non n’est même ps une option. Pourtant il s’intéresse réellement à elle. Il suit sa vie via les réseaux sociaux, les diffusions officielles, écoutant assidûment son podcast et suivant les autres projets qu’elle peut avoir. Mais à part cette question bateau, que pourrait-il lui demander à présenter qu’elle ne fait plus réellement partie de sa vie, de son cercle d’amis proches et bien plus encore.