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(PJ) I may be scattered, a little shattered, what does it matter? No one has a fit like I do.

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Dim 4 Déc - 12:07
[tw : deuil, self deprication] Tout est calme dans la maison de Staten Island. Nathan est au lit depuis près d’une heure, Parker est occupée à dieu sait quoi à l’autre bout de la pièce, et Neil s’empresse de lire les dernières pages de son roman, assis précautionneusement dans le canapé. Incapable de se résoudre à voir cette maison comme la sienne malgré qu’il y ait établi ses quartiers plusieurs mois auparavant, Neil ne s’affale jamais – il se pose. Il ne se sert pas – il emprunte. Ne s’étale pas non plus et range toujours derrière lui, fait la vaisselle dès qu’il a fini de manger, passe l’aspirateur une fois par jour. Lui l’ancien bordélique s’étonne parfois lui-même de la maniaquerie qui s’est emparée de lui depuis qu’il vit sous ce toit. Et malgré qu’il ait déménagé une bonne partie de ses affaires et jeté le reste à la poubelle avec sa vie d’homme célibataire sans enfant à charge, la chambre dans laquelle il s’est installé n’a pas bougé d’un pouce et ses décorations personnelles sont toujours enfouies au fond d’un carton qui traîne dans un coin, incapable de se résoudre à l’idée que la situation est permanente. Réaliser que non, il n’est pas juste babysitter temporaire à temps plein, et qu’Eric ne passera plus jamais la porte d’entrée de cette maison est un crève-cœur, et si la partie logique de son cerveau a bel et bien reçu l’information et a conscience de la réalité, pour l’heure, le subconscient de Neil se complaît dans une forme de déni qu’il étend à sa guise au fil des jours, des semaines, des mois qui passent, et l’empêchent de réellement se poser.

Le psychologue se retrouve donc dans une position inconfortable, assis sur le bord du canapé, le dos bien loin du dossier et une jambe croisée sur l’autre - un désagrément qu’il fait de son mieux pour oublier. Il mâchonne distraitement un stylo qu’il a oublié de ranger, ou plutôt qui lui sert d’anti-stress, tâchant tant bien que mal de se concentrer sur la phrase qu’il relit en boucle depuis dix minutes, tout perdu dans ses pensées qu’il est. C’est une voix d’enfant qui le tire de sa rêverie. « Uncle Neil, I’m thirsty. » Lentement, il lève les yeux de son livre, et par-dessus ses lunettes, adresse un sourire à l’enfant dressé devant lui, l’air penaud et le visage fatigué. « Hey, baby, it’s bed time now, you need to go back to bed. », susurre-t-il en se levant. Il pose le livre sur la table basse et prend Nathan dans ses bras. Comme s’il s’agissait d’un vulgaire sac de plumes, il le porte jusqu’à l’étage. « Here, come on, let’s get you some water and go. » « But I don’t wanna go to sleep, my eyes aren’t tired. » Neil étouffe un rire attendri face aux plaintes définitivement étouffées par une fatigue intense de son filleul. Il n’imagine que trop peu ce qui peut bien se passer dans la tête de cet enfant. Aussi, il se contente de la plus pure des bienveillances. Serrant un peu plus fort le garçon contre lui, il demande : « What about your brain ? Isn’t your brain tired ? » « Maybe. » « Then we could try a magic trick. I bet you had no idea I was a wonderful magician. » Dans le creux de son cou, Neil sent son filleul secouer la tête de gauche à droite. « That’s what I thought. Well, let me show you how it works. »

Durant les vingt minutes qui suivent, Neil s’applique à rendormir Nate avec le plus grand soin. Et lorsqu’il y arrive enfin, il reste assis un moment sur le tapis de la chambre d’enfant, les genoux ramenés contre sa poitrine. Le psychologue ferme les yeux, collant son front à ses genoux et étouffe un soupir. Quelque chose ne va pas. Tout ne va pas. Rien. De bien des manières, Neil se sent aussi impuissant qu’on puisse l’être face à un gamin de sept ans en deuil de ses deux parents, parents qui lui ont accordé une confiance qu’il n'était pas certain de mériter à l’époque, pas bien plus à présent non plus. Il se sent bien incapable d’offrir une stabilité à cet enfant qui mérite bien plus que ce qu’il n’est capable de lui offrir. Partager cette tâche avec PJ n’est pas chose facile non plus. Bien sûr, ils ne sont pas inconscients : devant Nate, ils se comportent comme deux adultes qui s’entendent, font même relativement bien illusion. Mais dès qu’il ne regarde plus, c’est un silence glacial qui prend la place du duo fonctionnel qu’ils prétendent être. La rancœur de Parker, les doutes de Neil, un passif que même le plus adorable humain miniature ne puisse effacer, rien ne semble suffisant pour les ramener à un semblant de paix. A chaque jour qui passe, il se promet de lui parler. Lui avouer ce qui l’a poussé à mettre fin à leur relation, maintenant que l’eau a coulé sous les ponts, maintenant que la vie a décidé de mettre des bâtons dans les roues de son amour, maintenant qu’il pourrait ramper à ses pieds et implorer son pardon. Et puis, l’ego lui joue des tours. PJ décline toute tentative communication et plutôt que de gérer ces refus en adulte responsable, Neil s’emporte puis se mute dans le silence. Plusieurs jours passent ensuite dans un dédain uniquement canalisé par la présence de leur neveu, jusqu’à la tentative suivante du psychologue d’appliquer les leçons qu’il donne à ses patients.

Ce jour est arrivé. Bien décidé à mettre les points sur les i, pour leur santé mentale, pour la stabilité du gamin, Neil se relève et ferme délicatement la porte, puis descend jusqu’à la cuisine. Il prépare du thé tandis qu’il aligne son discours dans sa tête. Cette fois, c’est la bonne, il pense avec conviction, et une fois l’eau bouillante, il traîne deux mugs et la théière dans la pièce où se trouve Parker et demande : « Tea ? » Sans attendre sa réponse, il les sert tous les deux. Il laisse traîner quelques secondes d’un silence gênant et gêné, puis met les pieds dans le plat : « You know, PJ, we’re, we’re gonna need to communicate, at some point. » Soupir. Long soupir désespéré. D’un geste de la main, il l’intime de le laisser terminer avant de lui couper la parole : « If we wanna do this whole parenting thing right, we’re gonna have to stop whatever this (il agite une main entre elle et lui, dans un geste saccadé, précipité, un peu ridicule) is we’re doing here and figure this shit out. For Nate’s sake. » Soudain, Neil réalise que tout ce petit discours ressemble fort à des reproches et il rétropédale plus ou moins habilement : « I mean, this kid is dealing with enough instability to add ours on top of it all. Mine. Anyway, you know what I mean, I know you do. » De la même main qu’il agitait quelques secondes auparavant, il désigne l’étage. Et puisqu’il réalise son incapacité à se tenir tranquille, il décide soudainement de croiser les bras, ses deux mains bien calées sous ses bras.

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Lun 12 Déc - 18:54
we're not who we used to be, we're just two ghosts standing in the place of you and me, trying to remember how it feels to have a heartbeat. the fridge light washes this room white, moon dances over your good side. and this was all we used to need. tongue-tied like we've never known, telling those stories we already told 'cause we don't say what we really mean. (creds: gifs @self, lyrics @Harry Styles)

Jusqu'à très récemment, le silence était une denrée rare dans la vie de Parker. Il y avait toujours un bourdonnement de conversations entre deux collègues, le murmure de la télévision constamment branchée sur SCI, le claquement des portes d'entrée et les cavalcades dans les escaliers de son immeuble. Les véritables moments de silence, de calme absolu étaient des anomalies qu'elle chérissait tendrement. De fugaces instants qui la voyaient fermer les yeux sur un soupir muet d'aise, les épaules retombant d'avoir été tendues par le stress et la quête perpétuelle de plus. Plus de recherches, plus de connaissances. Plus d'occupations, tant qu'elle n'avait pas à penser. Et le silence, le vrai, était trop éphémère et précieux pour permettre à ses angoisses de la rattraper. Elles étaient trop loin, restées à New York avec la moitié de son cœur. Mais évidemment, tout ça avait changé avec la disparition d'Eric. Presque comme s'il avait tout emporté avec lui.

(Et aussi équilibrée et honnête avec elle-même que Parker Jane aimait à se penser, elle refusait toujours d'admettre qu'elle en voulait terriblement à son frère d'avoir bouleversé sa vie sans prévenir. Qu'il n'ait pas eu son mot à dire là-dedans n'avait que très peu d'importance).

Le silence, à présent, était constant. Étouffant aussi. Même la petite voix de Nathan, son neveu, n'arrivait pas à le couvrir totalement mais ce n'était pas le rôle d'un môme de son âge de combler le vide terrifiant dans lequel Parker avait jeté son quotidien. Ses frêles épaules croulaient déjà sous le poids de son chagrin et elle s'était promis de faire son possible pour lui faciliter la vie, autant que faire se pouvait. Et le silence, fatalement, s'était imposé dans l'existence de PJ. Elle aurait pu le meubler en ouvrant les vannes de la communication avec celui que le destin avait relégué au rang de compagnon d'infortune. À une époque, Parker aurait sans doute jugé que c'était mieux que rien, désespérée de s'accrocher à la moindre parcelle de sa présence, même après qu'il ait très clairement cherché à sortir de sa vie. Bien sûr, à cette époque-là, jamais elle n'aurait imaginé emménager un jour avec lui dans la maison de son défunt frère. Non, le futur idyllique que Parker s'était figuré un jour avoir avec Neil ne ressemblait en aucun point au présent cauchemardesque qu'ils vivaient. Et elle n'arrangeait sans doute rien, à le fuir dans la limite des quatre murs qu'ils partageaient, mais c'était plus fort qu'elle. Sitôt que Nathan n'était plus dans le coin, elle prenait ses jambes à son cou. Parfois littéralement, quand elle ne se contentait pas de simplement repousser ses tentatives d'armistice.

(Et aussi équilibrée et honnête avec elle-même que Parker Jane prétendait être, elle était incapable d'admettre, en groupe de parole ou dans la solitude de sa propre tête, qu'une petite, toute petite partie d'elle ressentait une vague satisfaction perverse chaque fois qu'elle l'envoyait paître).

Techniquement, Neil et elle n'avaient pas besoin de se parler, pas en dehors des besoins de Nathan. Pas vraiment. Ou, du moins, avait-elle réussi à s'en convaincre. Après tout, il lui avait dit tout ce qu'il pouvait bien avoir à dire des années plus tôt, lorsqu'il l'avait quitté. Et ces mots-là résonnaient encore dans sa tête. PJ n'avait pas spécialement besoin de l'entendre, même si elle crevait d'envie. C'était facile d'ignorer l'existence de Neil et le poids de ses sentiments pour lui, quand elle vivait à l'autre bout du pays. C'était plus compliqué quand elle se trouvait au bout du couloir. Et c'était précisément parce qu'elle n'avait absolument pas la moindre confiance en sa propre détermination qu'elle avait fini par prendre l'habitude d'attendre longtemps après qu'il se soit couché pour rejoindre sa propre chambre. Elle passait le plus clair de ses soirées terrée dans l'ancien bureau d'Eric, à corriger les divers devoirs qu'elle assignait à la petite bande d'étudiants qu'elle n'avait pas réussi à effrayer loin de sa salle de cours et à passer en revue les progrès des deux trois équipes d'ingénieurs dont elle suivait le travail de loin. En silence, toujours en silence.

Jusqu'à aujourd'hui, en tout cas.

Peu certaine de savoir ce qui avait pu pousser Neil à envahir son territoire solitaire, brisant le status quo pourtant clair dans sa tête, elle se força à garder le nez sur la copie bourrée d'inexactitudes qu'elle avait manqué d'envoyer dans la corbeille à papiers une demi-douzaine de fois au cours de dix dernières minutes. Elle aurait sans doute fini par craquer si son ex n'avait pas décidé de choisir cet instant précis pour sortir la carte de l'adulte mature. Elle se redressa finalement lorsqu'une tasse apparut dans son champ de vision. Sa curiosité se transforma rapidement en ressentiment devant l'entrée en matière de Neil qui lui parut aussi mordante que condescendante mais elle garda les yeux sur le thé, mâchoire serrée et dos verrouillé par une fureur qui n'avait rien à voir avec sa lecture certainement biaisée de la situation. Non, c'était une colère latente, nourrie par le désespoir d'un cœur brisé dont les morceaux étaient restés éparpillés trop longtemps. Le ressentiment d'une femme amoureuse, habituée à creuser inlassablement pour comprendre et qui n'avait pas compris, justement, pourquoi on l'avait abandonné. L'amertume d'entendre pareille déclaration, si paradoxale, si ironique dans leur situation.

Elle ravala son océan de rancœur — years and years worth of it, really — et leva la tête pour darder sur Neil le regard froid qu'elle réservait aux étudiants qui avaient le malheur de la froisser. Glacial, impersonnel, le genre qui se passait de tout commentaire. Seulement il ne s'agissait pas d'un inconnu, d'un énième petit con plein d'idées préconçues et passablement sexistes, non. C'était Neil, c'était l'une des rares personnes capables de prétendre la connaître et pourtant, pourtant, PJ avait l'impression d'avoir affaire à un étranger. Yes, I do know what you mean, lança-t-elle, la gorge serrée. This time around, anyway. C'était plus fort qu'elle, ce besoin de se rebiffer à la moindre opportunité. Cette envie, terrible et vicieuse, de lui balancer au visage ce qu'il avait brisé sans grande provocation. How fortunate for Nate that you love him enough to, what was it? Figure this shit out? Yeah, how mature of you to wanna do that rather than kick him to the curb. D'un index tremblant, elle repoussa le mug, une évidente offrande de paix, jusqu'au rebord du bureau. We got nothing to figure out, you and me. I will communicate whenever and wherever Nate's concerned but you and me? We're not friends, you made sure of that when you broke my heart. Elle se tut un instant pour retrouver un semblant de consistance, parfaitement consciente du tremblement qui agitait tant sa voix que ses mains. C'était certainement pathétique d'être toujours si affectée, après tant de temps. Ça ne l'empêchait probablement pas, lui, de dormir la nuit pendant qu'elle tournait et retournait dans son lit, incapable de réconcilier des années à l'aimer et à le détester de loin avec la nouvelle réalité de sa proximité. You know what? Scratch that, reprit-elle, mue par pure obstination. Yeah, let's be adults about this, it's not like it matters anymore. Except, of course it did — he did — but she'd never admit it. Not again. Elle lui avait déjà offert sa vulnérabilité et il l'avait jetée sans ménagement. Plus jamais. Go ahead, sit, continua-t-elle avec une chaleur qu'il était presque douloureux de feindre, talk, I'm all ears.

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Lun 13 Fév - 16:58
Les mitraillettes dans les yeux de la brune brisèrent le cœur de Neil une nouvelle fois. Comme toujours lorsque leurs regards se croisaient et qu’il y lisait tout le poids de sa rancœur, ou à chaque fois qu’il repensait à ce jour où il avait tout brisé sans lui demander son avis, feignant l’indifférence pour la convaincre qu’il ne servait à rien de le reconquérir. Il n’y avait rien à reconquérir puisqu’il n’avait jamais cessé de l’aimer, et la quitter avait été l’une des décisions les plus compliquées qu’il ait jamais eu à prendre, et Neil le savait : si elle avait tenté ne serait-ce qu’une fois de reprendre contact, il aurait craqué, et elle aurait abandonné le MIT, et dieu savait que le psychologue ne méritait pas de passer avant le doctorat de ses rêves. Bref, il avait tout gâché, et l’ironie du sort les ramenait sous le même toit, avait brisé tous les rêves et comme pour enfoncer le couteau dans une plaie béante, elle le regardait, là, avec tout le mépris du monde et son sang ne fit qu’un tour lorsqu’elle ouvrit la bouche pour le provoquer. That, she knew how to do. Breaking his heart all over again without even knowing.

C’était le karma, coming at him for being a stupid dick.

Le thé était définitivement une idée de merde, pensa-t-il tandis qu’elle repoussait le mug et qu’il n’allait de toute évidence pas toucher au sien. PJ parlait, ou plutôt PJ lui brisait le cœur en mille morceaux – comme il avait brisé le sien, certes – et chaque mot qu’elle prononçait lui donnait un peu plus envie de se révolter. Elle n’avait pas compris, et comment aurait-elle pu puisqu’il ne lui avait rien dit, qu’il ne pouvait pas lui dire parce que c’était trop tard et que tout cela paraîtrait bien vain maintenant qu’elle était coincée ici de toute façon. Alors parce qu’il ne pouvait pas se jeter à ses pieds pour implorer son pardon – it would look rather pathetic anyway, wouldn’t it ? – et qu’il n’en avait pas envie de toute façon, il décida d’abandonner toute tentative d’enterrer la hache de guerre. Comme à son habitude, Neil se laissait emporter par la colère alors même qu’il était l’instigateur de cette tentative de trêve, parce qu’il était plus facile de crier des reproches que de tenter de faire avancer les choses. « Oh, no. You talk, not me, what the fuck, Parker ? », souffla-t-il sans s’asseoir, gardant les bras bien serrés contre sa poitrine. « ‘Cause I’m not the one who obviously needs to clear the fucking air here, I’ve done nothing but try and reach out to you, I can’t – I’m not – oh, fuck that anyway. » Il baissa soudain la voix, réalisant qu’elle était montée de quelques décibels et soucieux de ne pas réveiller son filleul. « It’s not like we have another choice but talking, now, do we ? » Parce qu’à vrai dire, il aimerait beaucoup qu’ils puissent s’entendre à nouveau, et il était douloureux de se retenir de lui demander pardon à genoux et d’ériger un autel à son effigie – ou presque, en tout cas l’équivalent moins mélodramatique et plus réaliste de la chose. Soudain abattu, Neil soupira : « Look, I don’t know how to do this, alright ? This whole thing, it’s, like, a fucking shitshow and I don’t know how to do this. I apologize for what you went through because of me, I really do, I was – I am - an idiot and if I even had the slightest idea of what the future was holding for us then I probably would’ve acted different. But here we are, and for christ’s sake stop looking at me like that. »

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Lun 27 Mar - 12:12
we're not who we used to be, we're just two ghosts standing in the place of you and me, trying to remember how it feels to have a heartbeat. the fridge light washes this room white, moon dances over your good side. and this was all we used to need. tongue-tied like we've never known, telling those stories we already told 'cause we don't say what we really mean. (creds: gifs @self, lyrics @Harry Styles)

Très jeune, PJ avait appris qu'il n'était pas socialement acceptable de laisser libre cours à ses émotions, principalement parce que l'intensité de certaines d'entre elles pouvait a) effrayer les gens qui l'entouraient et/ou qui lui inspiraient les émotions susnommées, et b) lui attirer des ennuis. Mais Parker n'avait plus quatre ans et ne cherchait pas à résoudre un stupide problème de partage du camion que Chuck Doyle continuait de s'accaparer dans la cours de récré, non. Elle était adulte, une adulte relativement équilibrée d'ailleurs, et il s'agissait de l'homme qu'elle aimait. Pire que ça, de l'homme qu'elle avait toujours aimé, de l'homme qu'elle aimait encore malgré le chagrin, malgré la douleur et la rancœur. De l'homme qu'elle aimerait probablement jusqu'à la fin de ses jours, n'en déplaise à l'intéressé. Après tout, si sept ans de distance et de silence n'avaient pas réussis à effacer ses sentiments, elle doutait que qui ou quoi que ce soit y parvienne, pas même Neil et cette conversation profondément dérangeante qu'il tentait d'avoir. Still, she might had been deeply in love with him, she didn't like him all that much, especially not now. Dix, quinze ans plus tôt, elle aurait tout accepté, venant de Neil. Il aurait pu lui dire, lui faire n'importe quoi, PJ aurait trouvé un moyen de le justifier. Parce qu'elle l'aimait, parce qu'il était incapable de la moindre faute à ses yeux, pas même lorsque le système judiciaire en avait jugé autrement. Mais il l'avait rejetée. Il avait décidé, du jour au lendemain, qu'ils n'avaient pas d'avenir tous les deux et elle s'était retrouvée seule, sans réelle explication, sans réelle réponse, à faire des hypothèses toutes plus douloureuses les unes que les autres pour tenter de trouver du sens dans cette nouvelle réalité qui en était dénuée. Elle respectait l'homme qu'il était, adorait le parent qu'il devenait pour Nate mais le partenaire qu'il cherchait à être, sous couvert de bonnes intentions et de maturité ô combien condescendante ? Non, absolument pas. Il testait les limites de son self-control, et elle n'était pas certaine de ce qu'elle pourrait lui faire si elle se laissait aller.

Bouillonnant intérieurement, Parker joignit les mains pour résister à toute tentation de les laisser exprimer sa fureur. Elle avait l'habitude, vraiment, qu'on lui parle sur ce ton. Sa fâcheuse tendance à remettre ses étudiants comme ses collaborateurs à sa place avait rendu le bal des reproches et autres réprimandes offusquées — un classique du doyen à ce stade — tout à fait soporifiques. Mais c'était Neil et Neil n'était pas un connard misogyne et fier. Neil la connaissait et pourtant, Neil se comportait comme le dernier des imbéciles. Et PJ savait qu'il était plus intelligent que ça. Quelques années plus tôt — presque dans une autre vie — elle se serait arrêtée pour considérer cette anomalie, la questionner pour mieux la comprendre. Mais il avait percé ses réserves d'empathie et de patience le jour où il avait décidé qu'elle ne méritait plus son amour ni son temps. Elle n'avait donc que très peu d'envie de découvrir pourquoi il cherchait à s'attirer le bon rôle en passant un peu trop rapidement sur le mal qu'il lui avait fait. Et, de toute façon, il y avait fort à parier que s'attarder là-dessus, si tentant que ça pouvait être, ne mènerait à rien d'autre qu'un ping-pong perpétuel d'accusations et de reproches. PJ préférait alimenter sa rancœur dans son coin, sans personne, surtout pas Neil. Elle n'avait pas besoin de lui, plus besoin de lui, et un jour peut-être, cette certitude s'étendrait à d'autres facettes de sa vie. Ce jour-là, peut-être qu'elle réussirait à le remercier de l'avoir larguée.

(Not today though, not today).

Sa détermination à rester indifférente vacilla lorsqu'il perdit de sa superbe, clairement épuisé, du moins mentalement. PJ fronça légèrement les sourcils et, sans réfléchir, se pencha dans sa direction. Comme pour mieux voir, pour comprendre. Un réflexe qui trahissait clairement une évidence — elle était incapable de rester insensible devant lui, pas complètement — et une faiblesse — elle continuait d'orbiter autour de lui comme un insecte autour d'une ampoule, décidé à consacrer ses quelques heures de vie à cette source de lumière susceptible de le griller au moindre contact. Il fallait que ça se cesse. Ce n'était pas sain, ni viable sur le long terme, pas si ils voulaient éviter de payer un abonnement thérapie à vie pour Nate. Neil, si important qu'il pouvait être encore dans sa tête et dans son cœur, Neil n'était pas, ne pouvait pas, ne pouvait plus être l'élément central de son existence, un paramètre définissant une partie de sa personnalité. Au Texas, loin de lui et leurs souvenirs, elle avait réussi à mettre tout ça, toute leur histoire et tout l'amour qu'elle avait pu lui porter sous clés. Elle pouvait encore le faire, il suffisait d'un peu d'entraînement. Elle était prête, prête à lui dire ce qu'il voulait entendre, prête à prétendre être capable d'avoir une conversation courtoise avec lui — pour Nate. Du moins, jusqu'à ce qu'il aille trop loin dans sa tentative désespérée de s'excuser avec sept ans de retard et ait le culot de lui demander — de la supplier ? — de ne pas le regarder comme ça. There was just no winning with him. Plus abasourdie qu'elle n'aurait pu le prévoir ou même le vouloir, PJ le fixa un instant en silence avant de cligner rapidement des paupières pour chasser les larmes surprises qu'elle n'avait pas invitée. Elle baissa les yeux sur ses mains jointes, ses articulations blanchies par la force avec laquelle elle serrait ses propres doigts, à quelques centimètres de cette tasse de thé, l'offrande de paix qu'elle était incapable d'accepter. Et pourtant, il en avait eu l'idée. Il avait pensé que ce serait suffisant pour les emmener sur le bon chemin, le droit chemin. Une tasse de thé versus des années entières à ressasser leur passé et à garder son cœur sous clé. Il fallait se rendre à l'évidence, leur histoire et sa fin n'avaient clairement pas eu le même impact sur Neil qu'elles n'en avaient eu sur elle. Pathétique, vraiment.

Mais ce n'était pas le moment de s'apitoyer. Plus tard, quand elle se retrouverait seule au fond de son lit, à ressasser ses mille et uns social faux pas des vingt-cinq dernières années et à souhaiter que les choses se soient passées autrement, elle imaginerait certainement une version différente de cette conversation. Une version qui la verrait avoir le dernier mot sans montrer la moindre vulnérabilité. Une version bien différente de la réalité. Relevant la tête, PJ songea un instant à se lever complètement, tenter de gagner un semblant de pouvoir mais c'était ridicule. Elle était bien trop consciente de leurs positions inégales dans cette dynamique pour réussir à se convaincre complètement du contraire. Et peut-être que c'était le bon moment pour en informer Neil, lui qui semblait si pressé d'éclaircir la situation. You want me to clear the air? Fine, bredouilla-t-elle sans le mordant qui l'avait accompagné jusque-là, you did not just break my heart when you dumped me. You broke my self-esteem, my trust in other people, my fucking brain. To this day, I still don't know understand what I did to make you fall out of love and if you ever knew me, even a tiny bit, surely you get how frustrating that is for me. But you know the worst part? Seven years and I didn't move on. I tried, really, really hard but I think spending the majority of my life loving you and hoping and then thinking we would grow old together must've messed up something. I mean, my therapist thinks it's because I never got that much closure but I'm pretty sure he didn't spend his whole life loving someone so much he'd forgive them for pretty much anything. Because that's who I was, when you ended it with me. I was so in love with you I would've taken that half-assed attempt at apologizing and cherish it. I would've done anything for you if you'd only just given me the chance. But you left me, so I had to live a life I never once wanted. I've spent a really good part of the last seven years being a miserable, bitter bitch and you know what? I'm so fucking lonely. Elle laissa échapper un bref éclat de rire sans joie, retombant contre le dossier de son siège, défaite. Because even after all this time, I'm still longing for the very same man like an absolute idiot and seven years too late, he simply apologized for, what was it? What you put me through? Right. Except that's not on you, is it? I mean, you didn't love me enough to stay with me and given that whole back and forth just then, you clearly have no idea of what you put me through because... well, at the end of the day, I'm the one who loved and expected too much. It's my own feelings that did this to me, not you, so you can keep that apology, there's clearly no need for it. Elle s'efforça de sourire, avec le même entrain que lorsqu'elle saluait de loin la voisine raciste que tout le quartier semblait détester. As for the way I look at you, I'm not sure what you want. I sure as hell am not gonna go back to give you the heart eyes like I probably did before and I'm not trying to be difficult but there's no way we can be friends, Neil. Especially not when you basically just told me you would've stayed with me for a kid. I mean, elle marqua une pause, haussant les épaules, l'ombre d'un sourire triste tirant sur ses lèvres, back then, if I had had any inkling you weren't in it for the long haul, I definitely would've thought about trapping you with a surprise pregnancy. Imagine how much better our breakup would've gone. Une vague blague qui, en plus de tomber complètement à l'eau, n'en était pas tout à fait une.

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