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(oliviade) i love it but i hate the taste

@ Invité

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Ven 17 Fév - 9:33
Depuis quelques temps déjà, Wade remontait la pente, petit à petit. Avec Olivia derrière lui pour lui apprendre les ficelles de la gestion d’entreprise, il réalisait petit à petit ce qu’il faisait mal – ou ce qu’il ne faisait pas du tout. En somme, s’il n’était pas encore capable de se payer deux loyers et qu’il dormait encore dans son bureau en cachant honteusement les preuves aussitôt réveillé pour ne pas se faire griller, il réussissait à apercevoir un futur pour le club, ce qui n’était plus tout à fait le cas le jour où la chanteuse avait décidé d’intervenir. Ça ne la rendait pas plus sympathique à ses yeux, il avait constamment l’impression d’être jugé du coin de l’œil et regardé de haut en bas dès lors qu’elle entrait dans la pièce. Mais pour autant, il se sentait de plus en plus serein au travail, de plus en plus sûr de lui également, et sa fierté n’allait pas jusqu’à l’empêcher de réaliser que c’était en grande partie grâce à la chanteuse.

Aussi, après le service de ce soir, il lui avait proposé de rester boire un verre. Rien de bien incroyable, ils ne faisaient que se tolérer dans le même espace vital, après tout, mais remercier les gens qui nous aident était la moindre des politesses et sa mère ne lui permettrait pas de s’en sortir si facilement si elle apprenait qu’il n’appliquait pas les valeurs qu’elle lui avait instruites. Sa mère s’autoriserait également d’autres réflexions, d’ailleurs, sur le fait qu’il était quarantenaire, célibataire et sans enfants et que cette Olivia était bien jolie et semblait avoir tout du bon parti, mais sa mère n’était au courant de rien, certainement pas du fait qu’il vivait dans son bureau et qu’il galérait financièrement, alors cette discussion n’avait pas lieu d’être et pourquoi d’ailleurs y pensait-il, c’était bien une question ridicule, encore. Le nez retroussé, il balaya cette pensée aussi vite qu’elle n’était apparue.

Boire un verre avec Olivia était bien perturbant. Puisqu’ils ne s’appréciaient pas forcément, les principaux sujets de discussion ne relevaient pas de leur vie privée (et qu’aurait-il bien eu à lui raconter, après tout ? Qu’il dormait dans le canapé sur lequel ils étaient assis et qu’il feignait de rentrer chez lui tous les soirs uniquement pour faire un tour du quartier et revenir là d’où il venait ? Laissez-moi rire, plutôt mourir que de l’admettre à la baronne de Staten Island). A force de se côtoyer, pourtant, ils commençaient à se connaître un peu. Wade n’avait pas dévoilé grand-chose. Elle avait mentionné son divorce, donc lui aussi. Elle avait mentionné sa fille, lui n’avait jamais parlé d’enfants et il partait du principe que c’était suffisamment parlant pour ne pas avoir à prononcer les mots à voix haute. Quelques anecdotes sans conséquence par-ci par-là, principalement de son tour du monde qui était finalement l’expérience la plus digne d’intérêt de toute sa vie et dont il ne se lassait pas. Mais il ne se sentait pas suffisamment à l’aise pour avoir une discussion personnelle, et ce soir ne dérogeait pas à la règle. Ils en étaient à leur second whisky, parlant du travail faute de mieux, lorsqu’il lança, l’air de rien : « Au fait, je sais que je ne t’ai pas demandé ton avis parce que tu n’as pas à me materner ni rien, mais j’ai investi. » Du doigt, il pointa une caisse qui trônait dans un coin de la pièce. Arrivée dans l’après-midi, il n’avait pas encore eu l’occasion d’installer la gigantesque cave à vin réfrigérante pour laquelle il avait dépensé beaucoup trop d’argent (un détail qu’il omettrait à moins qu’elle ne lui demande). Bref, un gadget bien trop grand pour l’utilisation qu’en ferait le club dont les habitués préféraient largement les spiritueux, et surtout une dépense plutôt irréfléchie. Wade, cependant, ne semblait pas voir le problème. « Tu m’avais dit de réinjecter l’argent au fur et à mesure pour améliorer le service. Je l’installerai demain du coup, mais c’est sympa, non ? Looks fancy and all. »

@ Invité

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Dim 5 Mar - 19:56
S’investir dans le sauvetage du Harlem Jazz Jam (car il s’agissait effectivement d’une question de vie ou de mort pour le club) avait fait beaucoup de bien à Olivia. C’était égoïste, certes, mais elle ne s’en était jamais caché, elle avait annoncé la couleur à Wade dès le début : au grand jamais elle ne se donnait tant de mal pour lui. La majeure partie du temps, il l’agaçait, avec son sourire insouciant et ses excentricités. Il lui donnait envie de le secouer comme un prunier, de lui hurler : arrête de prendre cet air niais. Bref, Liv travaillait pour elle, pour donner un sens à ses journées. Et plus la situation du club s’améliorait, mieux elle se sentait, retrouvant petit à petit confiance en elle et en ses capacités. Il lui arrivait encore de se dire qu’avec sa quarantaine bien tapée, elle ne valait plus rien, mais les pensées de ce genre se faisaient plus rares qu’avant.

Pourquoi avait-elle accepté ce verre ? Bonne question. S'il l'irritait au plus haut point, Olivia ne méprisait qu'à moitié son patron (officiel)/associé (officieux). Elle reconnaissait chez lui une force créative qu'elle-même ne possédait pas. Avoir l'imagination d'un gamin pouvait parfois avoir du bon dans les affaires. Parfois. Rarement. Mais ça arrivait. En plus, bien que ça l'arrachait de l'avouer, le bougre avait du charisme, un atout majeur lorsqu'il fallait négocier – quoi, comment, qui a dit qu'elle le trouvait beau gosse ? N'importe quoi. Quoi qu'il en soit, maintenir de bonnes relations avec ses partenaires de business était important. Rien ne les obligeait à être les meilleurs amis du monde, de toute manière. Wade venait de faire un premier pas courtois, il aurait été très impoli de sa part de refuser. Et puis, ça n'était pas comme si elle avait mieux à faire.

Ils consommèrent leur premier whisky sous le signe du small talk. Olivia évoqua sa fille, un sujet sur lequel elle avait toujours quelque chose à dire. La chanteuse fit un gros effort pour se montrer agréable, et ce même s'ils savaient tous les deux qu'ils ne se trouvaient pas en territoire ami. Mais très vite, alors qu'ils n'en étaient qu'au deuxième verre, le sujet du Harlem Jazz Jam revint sur le tapis – rien de plus logique puisque c'était la seule chose qui les liait. Olivia s'enquit, ses oreilles grandes ouvertes : « Tu as investi, donc ? » Elle l'ignorait, mais ne lui en voulait pas de ne pas l'avoir tenue au courant. Jusqu'à preuve du contraire, c'était toujours lui le patron et elle ne faisait que donner un coup de pouce. Ça ne pouvait pas être si pire, de toute façon. Elle pivota vers la caisse et ne put retenir une exclamation : « Qu’est-ce que… ? » Très fier de lui, Wade lui expliqua qu'il s'agissait d'un gadget très onéreux et très superflu. Il y eut un instant de flottement durant lequel la brune resta hébétée. Il se moquait de lui, pas vrai ? Elle se montrait souvent rigide alors il cherchait à la faire marcher, oui, c'était sûrement ça. Quelques minutes lui furent nécessaires pour comprendre qu'il était parfaitement sérieux. Résistant à l'envie de facepalm, Olivia emprunta un ton exagérément admiratif : « Ah oui, c’est formidable Wade, voilà une acquisition dont le club avait besoin, c’est évident. » Sans se départir de son sarcasme, elle poursuivit : « Looks fancy and very, veeeery useless. » Liv insista lourdement sur le dernier mot, laissant exploser son agacement. Puis elle passa un index sur l'arrête de son nez, fermant très fort les paupières, pour retrouver son calme, avant de plonger son regard déçu dans celui de Wade. « Jesus, Lowell, have you lost your mind ?? »

@ Invité

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Sam 6 Mai - 22:14
En partageant son achat – que dis-je, son investissement – avec Olivia, Wade s’attendait à plusieurs réactions. L’indifférence, dans le pire des cas, ou ce cas de figure dans lequel elle lui rappelait qu’il n’avait pas à la tenir au courant dès qu’il prenait une décision, qu’il était adulte et qu’après tout, c’était lui le patron, pas elle, avec son air semi-exaspéré qu’elle arborait dès qu’elle lui adressait la parole (probablement parce qu’elle le prenait pour une moitié d’abruti, raison pour laquelle il continuait de la tenir au courant de ses moindres faits et gestes, comme pour lui prouver qu’il n’en était pas un). Au mieux, il s’était attendu à ce qu’elle trouve l’idée à peu près aussi géniale que lui, mais il avait conscience du caractère improbable de la chose. La brune ne souriait pas beaucoup en sa présence, c’était même tout juste s’ils se toléraient. Et puis, il s’en voulait d’accorder au regard qu’elle portait sur lui une telle valeur : elle l’aidait à redresser ses finances, elle n’était pas sa mère, ils n’étaient même pas amis.

Et pourtant, lorsqu’il identifia dans les yeux de la chanteuse ce qui ressemblait à de l’incrédulité – et pas le bon genre d’incrédulité -, son cœur se serra et un sentiment étrange s’empara de sa bonne humeur. Tout d’un coup, il n’était plus capable d’identifier les émotions qui le traversaient. Il commença par perdre son sourire face aux sarcasmes de la brune. Puis, il se vexa : comment osait-elle adopter ce ton, celui d’une maman exaspérée, avec lui, un adulte à part entière ? « Of course it’s not useless, jeez, Olivia. We serve freaking wine, don’t we ? », il grogna donc, véritablement incrédule face à ce qu’il avait bien pu faire de mal alors qu’il n’avait fait que suivre ses conseils depuis le début. Il leva les yeux au ciel, justifiant au passage, inconsciemment, le ton employé par la brune lorsqu’elle lui adressait la parole à ce sujet. « What do you mean, have I lost my mind ? », demanda-t-il ensuite le plus naïvement possible. « Ca fait partie de l’expérience, we’re a fucking jazz club, we gotta look fancy-ish at the very least and… » Wade s’interrompit au milieu de son explication. Tout d’un coup, c’est l’exaspération qui prit le dessus sur le cocktail explosif d’émotions qui le traversaient. Il ronchonna dans sa barbe, ou du moins le souhaitait-il, car il haussa le ton par réflexe : « Tu sais quoi, j’ai même pas à me justifier. » Il était parti au quart de tour, à cause de ce whisky qui lui montait doucement à la tête, et puis peut-être, probablement, parce qu’il était piqué dans sa petite fierté. Un autre détail l’exaspérait : la réalisation que c’était son opinion à elle, sa manière de froncer les sourcils en retroussant le nez, bref, c’était l’attitude d’Olivia et surtout, à vrai dire, le fait qu’elle n’approuvait pas son choix qui l’agaçait. Et il pouvait refuser de l’admettre autant qu’il le voulait, il n’aurait pas pris cette remarque aussi négativement si elle était venue de n’importe qui d’autre qu’elle. Loin d’accepter cette prise de conscience pour ce qu’elle était, elle eut le don de l’énerver un peu plus. Wade sentit son self control quitter la pièce alors qu’il conclut, bien plus fort qu’il ne l’aurait souhaité : « You’re helping me, that’s fine, but you don’t get to use that mom tone on me. Just don’t. I’m a grown ass man, I can take care of my business without being infantilized by some middle aged woman with no kids left to boss around at home. » Des mots durs qu’il regretta à l’instant même où ils sortirent de sa bouche. Pourtant, trop fier, peut-être un poil trop alcoolisé également, il ne se démonta pas. Après tout, il ne l’aimait pas, cette prétentieuse, et elle le jugeait depuis le début, il en était certain. Il ne plierait donc pas le genou face à elle, jamais. S’il était un peu honnête avec lui-même également, il aurait avoué que cette réaction disproportionnée n’avait rien à voir avec la chanteuse en elle-même, mais plutôt avec ses propres insécurités. Car non, de toute évidence, il n’était pas capable de gérer son business seul – en témoignait le sac de couchage qu’il planquait honteusement tous les matins au fond d’une armoire après avoir passé la nuit sur le canapé de son bureau. Et sa colère, qu’il s’efforçait de diriger vers Olivia, avait en fait tout à voir avec lui-même et ses propres doutes.

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