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(eryn) the past, the present, and the future walked into a bar. it was tense.

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Ven 10 Juin - 21:24
Son dernier patient de la journée avait quitté le cabinet depuis près de deux heures, ses notes griffonnées en pattes de mouche à chaque rendez-vous avaient été retapées proprement, la cafetière avait été vidée, son bureau aéré et ses affaires rangées. Une to-do list complétée, pour une fois. Un concept qui, d'après certains de ses étudiants, était particulièrement à la mode ces dernières années. Une habitude, surtout, que David tâchait de prendre depuis le début de sa carrière. Un miracle qu'il ait réussi à aller au bout de ses études quand on savait combien de fois il avait oublié de rendre une dissertation, un compte-rendu de recherches ou même des candidatures pour les divers stages et internats qu'il avait jadis visé. Amazing what money and a deathly pale skintone could do for you, really. Mais là n'était pas la question. La journée était terminée — il vérifia néanmoins qu'il avait bel et bien effectué toutes les tâches à l'ordre du jour et, au moment où ses yeux se posèrent sur la liste d'encoches et de ratures synonymes d'une journée productive, David se rappela qu'il avait déjà vérifié. Probablement cinq, dix minutes plus tôt. Avec un soupir, il referma le journal et le glissa dans le tiroir de son bureau. Il ne doutait pas qu'il revérifierait une fois ou deux qu'il a) n'avait rien oublié sur la liste et b) avait bien rangé ledit journal d'ici deux ou trois minutes. Pas parce qu'il perdait la tête, mind you, simplement parce que ce n'était pas le genre d'informations qu'il était capable de retenir. Et ça ne datait pas d'aujourd'hui mais il avait appris à faire avec, à défaut de pouvoir totalement corriger cette lacune. Quarante, cinquante ans plus tôt, il avait essayé. Il avait cherché à approcher la perfection, de toutes ses forces, de toute son âme. Il avait voulu être l'élève modèle et le fils parfait, le gamin brillant réalisant tout son potentiel. Et, avec le recul, David admettait bien volontiers qu'il avait réussi. Selon ses standards, cela dit, et non pas ceux établis par ses parents, impossibles à satisfaire. Tiens, d'ailleurs, il y avait longtemps qu'il n'était pas allé fleurir leur tombe. Mais pas aujourd'hui. Il lui fallait un moment pour se préparer mentalement à ce type de visites. Un à deux jours ouvrés, au minimum. Une semaine complète, la plupart du temps, et il lui arrivait régulièrement de se dégonfler à la dernière minute s'il s'attardait un peu trop à la préparation mentale de l'affaire. Une autre lacune qui devait profondément agacer ses parents si ils pouvaient en être témoins — and yes, sometimes, he hoped the afterlife actually existed purely to let his parents rage against the so-called mediocre life he lead. C'était ce genre de petits plaisirs, finalement, qui donnaient un peu de sel à la vie. Ça et les visites au Met, les concerts de rock, les retrouvailles avec de vieux livres chaque fois qu'il se décidait à ranger l'une ou l'autre des pièces de sa maison, la découverte d'un nouveau restaurant.

Peut-être Bea avait-elle une nouvelle adresse à lui recommander d'ailleurs. Il se redressa dans son fauteuil pour attraper son téléphone, posé écran contre le bois pour éviter toute distraction. Non, ne lui avait-elle pas dit qu'elle était occupée ce soir ? Un dîner avec son fils. Ou l'une de ses filles ? Oui, l'une des filles. David retomba contre le dossier avec un soupir. Il lui enviait quelque peu cette proximité avec ses enfants. L'expérience ne lui était pas complètement étrangère, non, mais il ne pouvait pas se targuer d'être un parent aussi accompli que ne l'était sa compagne. Pourtant, il avait choisi sa paternité. Pire encore, il s'était promis d'offrir à Eryn et Daisy le soutien et l'affection qu'il n'avait pas reçu. Et, à la réflexion, il n'avait pas fait un si mauvais job que ça ou, du moins, il n'avait pas été aussi terrible que ses propres parents. Non ? Sans doute pas. Still, he could've done better. Et peut-être qu'il n'était pas trop tard. Après tout, sa journée était terminée mais, techniquement, la journée n'était pas finie. Pas qu'il restait suffisamment d'heures au compteur pour lui permettre de rattraper les boulettes paternelles qu'il avait pu commettre mais il n'était pas trop tard pour s'y mettre. Right? Right.

La nuit commençait à tomber lorsque David quitta le métro, une fois arrivé à Brooklyn. Définitivement pas le quartier où il finissait généralement ses journées mais c'était là que se trouvait le bar d'Eryn. Pas exactement la carrière qu'il l'aurait vue embrasser mais il s'était fait une raison. D'abord parce qu'il savait tout le mal que les exigences parentales pouvaient faire et ensuite parce qu'il considérait sa fille aînée comme un être humain responsable, malgré une certaine propension à l'impulsivité. Et d'après ce qu'il pouvait en juger, elle paraissait plutôt épanouie. Il se plaisait à penser qu'elle le lui aurait dit, si ça n'avait pas été le cas. Elle avait toujours été un peu plus expansive que Daisy après tout et David avait mis un point d'honneur à transmettre à ses enfants l'importance de l'honnêteté, même si tout n'était pas agréable à entendre ou facile à dire. Comme, par exemple, expliquer pourquoi il avait soudainement décidé de se pointer à l'Overkill en pleine semaine. Certes, Eryn et lui ne partageaient pas le moindre patrimoine génétique mais l'impulsivité était-elle contagieuse. Or something.

Il s'installa au bar, ignorant les regards des inconnus et autres habitués qui ne s'attendaient sans doute pas à croiser un type de son âge dans pareil établissement un mercredi soir. Very on brand for someone who'd always hated conforming to society's norms. Et, de toute manière, si un sexagénaire en tweed les étonnait, ces malheureux avaient définitivement besoin de voir un peu de pays et de s'ouvrir l'esprit. Il extirpa un stylo et son journal de la poche intérieure de sa veste, ouvrant la page du jour d'un doigt. Right, no, the list was done. Il aurait dû s'en souvenir lorsqu'il avait glissé le maudit carnet dans sa poche avant de quitter son cabinet mais — yeah, story of his life. Son irritation s'évanouit toutefois lorsqu'il redressa, captant le regard de son aînée, et un large sourire fleurit sur son visage. Hi kiddo, I was... not in the neighborhood but, you know, I thought I could use a drink. Or any kind of juice you might have in store.

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Dim 19 Juin - 10:32
Si Eryn s’était attendue à croiser son père au bar ce soir, elle aurait fait un effort supplémentaire : passer un petit coup de lavette supplémentaire sur le comptoir, fait en sorte de ne pas avoir l’air de sortir d’un film de zombies – rapport au fait qu’elle avait quitté le travail à près de cinq heures du matin la veille pour y revenir après à peine quatre heures de sommeil, rapport à ce dossier de compta qu’elle aurait dû donner à Wes il y a trois jours, vraiment, la gestion administrative lui donne de l’urticaire -, changé la playlist pour quelque chose de plus adapté aux goûts du paternel. Bref, elle aurait fait mieux sur tout un tas de petits détails ridicules qu’il se pourrait même que David ne remarque pas. Dans le doute, cependant…

Elle n’a rien préparé de tout cela, pourtant, et pour cause : il est arrivé à l’improviste, quelque chose qu’il ne fait jamais et qui, d’abord, inquiète un peu la barmaid. Qu’a-t-il de si important à lui dire qui n’attende pas un coup de fil ? Aussi, lorsqu’elle l’aperçoit de loin, elle profite de son inattention pour grapiller quelques secondes au moment fatidique où elle ne pourra plus feindre ne pas l’avoir vu. Elle respire quelques secondes puis se retourne pour faire face à son père.

Et dès que son regard croise celui de David, la brune s’exclame sur un ton trahissant son étonnement – un agréable étonnement, une fois la panique de la surprise passée, cela dit : « Hello, father. Wasn’t planning on seeing you today, that’s nice. » Le moins qu’on puisse dire, c’est que David ne passe pas souvent voir sa fille de lui-même – pas sans que ça ait été planifié plusieurs jours voire semaines à l’avance, la faute à leurs emplois du temps respectifs, entre autres. Le voir ainsi accoudé au bar de l’Overkill remplit donc la barmaid d’une joie qu’elle contient un maximum. Il s’agirait de ne pas trop s’épancher, juste pour être sûre que son père ne comprenne pas à quel point sa validation lui est importante. Et par importante, j’entends si fort que ça la ronge. Anyways, David doesn’t need to know, not tonight, not ever. C’est donc la nonchalance que choisit Eryn pour lui répondre, même si elle est incapable de gommer l’étincelle qui brille dans ses yeux depuis qu’elle l’a aperçu. Un sourire plus attendri que moqueur sur le visage, elle annonce : « It’s a freaking pub dad, I literally have nothing else but drinks and juices in store. I can get you anything. » Eryn, language!, s’entend-elle réprimander dans sa tête. Aussitôt, elle retient une grimace. On ne la changera pas. Face à son père comme à n’importe qui d’autre, la brune jure, c’est comme ça, et ce n’est pas faute d’avoir tenté de la conformer à un idéal de la haute. « Sorry, sorry, it all depends on what you feel like having, really. I do have something new on tap, an IPA from a local brewery that’s starting to grow big, it’s light, very refreshing. I have a wide range of whiskies as well. And I can also offer literal juices of any kind. Choice is yours, dad. »

Pour noyer le poisson de son sarcasme, Eryn offre un sourire sincère à David. Elle aime son père de tout son cœur, mais ce dernier n’a jamais eu droit au moindre traitement de faveur et se voit donc recevoir, de façon régulière, l’air désinvolte voire carrément moqueur de sa fille. Ça fait partie de sa stratégie mûrement réfléchie, celle qui consiste à cacher son besoin de validation derrière une centaine de couches de je m’en foutisme éhonté. « Wanna eat something? Didn’t forget to have lunch again today, did you? » Après près de trente-quatre ans en sa compagnie, elle commence à le connaître. Et si elle voudrait donner une impression d’exaspération face aux mauvaises manies de son père adoptif, elle ne peut que trahir une petite pointe d’inquiétude lorsqu’il s’agit de besoins physiologiques vitaux tels que se nourrir le midi. Se nourrir tout court, really. « It’s on me. », elle ajoute comme si l’argument suffirait à le convaincre.

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Mar 21 Juin - 20:38

TW : MENTIONS D'ADOPTION ET D'AVIS DOUTEUX SUR LA FILIATION ÉMIS PAR DES TIERCES PERSONNES

Malgré les années qui s'étaient écoulées depuis l'adoption d'Eryn, David se souvenait encore des opinions — inopinées et absolument pas demandées par la moindre partie concernée d'ailleurs — entendues à droite et à gauche lorsqu'il avait annoncé à ses proches vouloir devenir père. L'incompréhension avait dominé, suivie de près par un scepticisme. Why don't you wait to find a nice girl to settle down et but you can't possibly think you could love a child that's not really yours, can you étaient deux questions particulièrement violentes auxquelles il avait dû apporter des réponses vaguement courtoises, sinon poliment fermes. Avant même de rencontrer sa fille aînée, il avait su que les doutes de ces gens qui prétendaient l'aimer et le soutenir étaient infondés. Les trois décennies qui s'étaient écoulées depuis lui avaient donné raison, malgré les erreurs qu'il avait pu commettre. Eryn et Daisy n'étaient peut-être pas ses enfants biologiques — but they were his nonetheless. Et rien ni personne ne lui ferait dire que le bonheur teinté de fierté qu'il ressentait chaque fois qu'il posait les yeux sur l'une ou l'autre de ses filles n'était pas vraie ou naturelle. C'était dans ces rares instants, avant que la moindre parole ne soit échangée, que la joie, encore intacte après tout ce temps, d'avoir été jusqu'au bout des démarches pour fonder sa petite famille le frappait. Mishaps and shortcomings didn't matter then, only the love they'd brought into his life. Mais David n'était pas poète, ni particulièrement doué pour articuler ses sentiments non plus. Aussi, comme à son habitude, se contenta-t-il d'un sourire pour accueillir son aînée qui paraissait plutôt surprise de le trouver là. À juste titre par ailleurs, ce qui en disait long sur sa manière d'intégrer ses filles, aujourd'hui toutes deux adultes, à sa gestion catastrophique de son propre temps. Clairement, ça n'était pas impossible, Bea et ses quatre — cinq ? ah, il n'était plus sûr — enfants en étaient une preuve irréfutable. Il avait su se rendre plus disponible lorsqu'elles étaient plus jeunes, tant par nécessité que par réelle envie de les voir grandir. Peut-être que sa propre expérience l'avait convaincu, implicitement, qu'elles n'auraient plus tant besoin de lui une fois leur majorité atteinte. Après tout, lui-même s'était construit sans ses parents et dans le cas d'Eryn, il lui apparaissait relativement évident qu'elle était toute aussi capable et responsable qu'il ne l'avait été à son âge, sinon plus. Language, ne put-il toutefois pas s'empêcher de souligner affectueusement devant son langage coloré, en un réflexe que les années n'avaient pas su gommer. Ironiquement, s'il n'avait jamais vraiment compris la nécessité de se conformer aux normes des cercles dans lesquels il avait grandi, David avait fini docilement fini par s'y plier, conscient d'abord que sa carrière en pâtirait puis, plus tard, ses filles, si par malheur il n'arrivait pas à leur inculquer un minimum de bonnes manières pour survivre en société. Peut-être aurait-il pu faire plus, aurait-il pu faire mieux mais ni Eryn ni Daisy n'étaient l'archétype de la parfaite débutante que sa défunte mère aurait voulu avoir comme petite-fille. Et, à la réflexion, ça lui convenait parfaitement. Elles avaient retenu l'essentiel. Bonjour, merci, au revoir et dans le cas d'Eryn, comment présenter de manière concise et claire la carte d'un bar. Que demander de plus ? Oooh, I'll take a whiskey. Top-shelf please, ajouta-t-il après une seconde de réflexion. Non-conformiste, peut-être, mais David avait tout de même un minimum d'amour propre et il était prêt à parier qu'il y avait plus d'une bouteille dans les environs qui offenseraient ses papilles. Pas qu'il se serait permis pareille réflexion, surtout pas devant l'adorable sourire d'Eryn. Trente-trois ans qu'elle était dans sa vie et la voir sourire continuait de tirer sur ses cordes sensibles avec la même force que la première fois qu'il l'avait tenue dans ses bras. Aussi inconsidéré et impulsif qu'il pouvait être, David savait tenir sa langue, d'autant plus qu'elle le connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il pouvait se montrer particulièrement exigeant. Ou, en l'occurrence, tête en l'air. Devant la question en apparence banale, il fronça les sourcils, tâchant de se rappeler si oui ou non il avait pris le temps de déjeuner. Certainement. Probablement. Peut-être ? Il était parfois bien en peine de se rappeler de ce qu'il avait fait cinq minutes plus tôt, alors une demi-journée ? Embarrassé et conscient qu'il s'agissait là d'une inquiétude qu'elle avait la bonté de dissimuler, il baissa les yeux pour éviter le regard d'Eryn. I could eat, finit-il par dire, choisissant ses mots avec soin. Ce n'était pas exactement un mensonge mais ils savaient tous les deux la vérité. À savoir qu'il n'en avait pas la moindre idée. It's probably best anyway, I'm not 20 anymore, I doubt I can have a drink on an empty stomach. Ses jeunes années étaient bien loin derrière lui, mieux valait éviter les folies du genre. Next time, I'll treat you to dinner. Daisy too, if we can ever manage to find a date that suits all three of us, lança-t-il avec un enthousiasme un rien forcé, it could be nice, it's been a while. How is she, by the way?

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Ven 22 Juil - 11:25
Top-shelf. Evidemment. Eryn lève les yeux au ciel pour la forme, plus amusée qu’autre chose, et avant de se retourner pour préparer sa commande, elle lui lance un regard équivoque. En trente-trois ans, elle avait fini par le connaître par cœur. Et elle mentirait si certaines des meilleures bouteilles de whisky de l’Overkill, de celles qui trônent sur les étagères depuis l’ouverture, n’ont pas été choisies spécialement dans l’éventualité de servir à son père un jour. Ce pub n’est pas tout à fait un lieu de dégustation, et s’il lui arrive de temps à autres une commande un peu plus exigeante qu’à l’accoutumée, la plupart de sa clientèle se contente de ce qui leur permettra de finir la soirée le plus joyeusement possible en ayant dépensé le moins. « There you go. », lance-t-elle en faisant glisser le verre en direction de David. « This one should be fancy enough. If you don’t like it just ask for the manager. I heard she’s rather mean though, I wouldn’t risk it. »

« Alright. », elle acquiesce, décidant de ne pas relever le fait qu’il s’agira peut-être de l’unique repas de David de la journée. Elle n’a pas envie de se faire un ulcère à lui réexpliquer la pyramide de Maslow et l’importance de s’alimenter. L’homme est adulte – l’homme est médecin for fuck’s sake - et ce n’est pas à soixante-cinq ans qu’il changera ses habitudes. Eryn se contente donc de lui commander ce qu’ils ont de plus facile à manger avec des couverts – l’idée même d’imaginer son père se débattre avec un burger (ou n’importe quel type de street food en réalité) la fatigue à l’avance – et reporte son attention sur ce dernier. « Daisy’s fine. She’s good, actually. But you could ask her yourself, she’d love that. I know you’re busy, dad, but leaving her a voicemail once in a while… » La brune ne se permettrait pas de parler au nom de sa sœur si elle n’était pas à peu près persuadée d’être sur la même longueur d’onde qu’elle à ce sujet. Leur père a un planning bien rempli, entre son boulot de médecin, ses heures perdues en tant que professeur à la fac et ses propres histoires privées. Et peut-être, je dis bien peut-être, devraient-elles insister un peu plus et dégainer leur téléphone d’elles-mêmes plutôt que d’attendre un coup de fil de sa part. Mais en ce qui concerne Eryn, elle a parfaitement conscience de ne jamais être disponible aux mêmes heures que lui, et elle a fini par s’habituer à la situation. « Or you could, I don’t know, pop by anytime. She’s often around here on Saturday nights. Door’s open. » Elle hausse les épaules. Un bar n’est pas forcément l’endroit approprié pour des retrouvailles père/fille, mais c’est une idée, après tout. Il est bien là à l’instant. D’un revers de la main, cependant, elle balaie ces dernières paroles un peu trop accusatrices et réprime un soupir. Après tout, il a fait un pas en avant, et elle ne peut pas tout à fait se plaindre. David est un père somme toute exemplaire, juste un peu trop occupé. « Yeah, you know what? Dinner with you two sounds great. Ask Daisy when she’s available and I’ll make sure I am as well. Maybe not on weekend nights, though. », ajoute-t-elle à la hâte. Elle peut se permettre de manquer n’importe quelle soirée, et à vrai dire, elle pourrait laisser son bar entre les mains de son personnel même un samedi soir, elle leur fait suffisamment confiance. Mais elle ne leur infligerait pas son absence les soirs de grande fréquentation.

Une cliente interrompt leur petite discussion et la barmaid s’éclipse le temps de la servir. Moins de deux minutes plus tard, elle prévient sa collègue qu’elle prend une pause et elle contourne le bar pour s’installer à côté de David avec un grand verre d’eau. « So, how are you, then? », elle demande, désinvolte, dans l’espoir un peu naïf d’avoir de cette façon détourné l’attention de la petite discussion qu’ils tenaient jusqu’à présent.

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Dim 11 Sep - 17:32
Il ne put s'empêcher d'esquisser un nouveau sourire lorsqu'un verre fit son apparition devant lui. Pas parce qu'il avait réellement besoin d'un verre mais parce qu'il y avait, derrière les taquineries de son aînée, une affection et une aisance qu'il n'était pas évident de trouver, même dans sa propre famille. David n'était pas certain de s'être un jour senti suffisamment en confiance avec ses propres parents, même pour échanger des banalités ou quelques blagues. Malgré ses fautes de père, il n'avait pas trop mal réussi son job avec Eryn. She was a strong, capable woman and she could handle herself. And him, obviously. Et il avait bien conscience de ne pas être facile à vivre mais ils s'en étaient sortis, tous les deux, si peu traditionnelle que pouvait être leur famille. Thanks, I'll keep that in mind, lança-t-il en levant son verre en guise de salut.

La paternité n'était pas une responsabilité que David avait pris à la légère, lorsqu'il avait décidé d'entamer les démarches pour adopter son premier enfant. Évidemment, il savait que tôt ou tard, les rôles finiraient par s'inverser. Ses faiblesses l'avaient amené à se demander si se lancer dans l'aventure était une bonne idée mais il s'était promis, coûte que coûte, qu'il ne se reposerait pas sur ses filles avant l'heure. Toutefois, entendre Eryn se préoccuper de son appétit et de sa relation — or, really, lack thereof — avec Daisy le faisait quelque peu douter d'avoir réussi. Certes, sa fille aînée était une adulte mais elle avait sûrement mieux à faire que de s'inquiéter à son sujet. David grimaça, le nez dans son verre, incapable de croiser le regard de sa fille. La honte, sans doute. La culpabilité aussi. Il savait, bien sûr, qu'elle avait raison. Que se cacher derrière son emploi du temps bien chargé pour éviter de faire le premier pas vers sa cadette était une excuse médiocre. Peu importe son âge, Daisy — comme Eryn, d'ailleurs — restait sa fille, son bébé. C'était à lui d'agir. Il se redressa à la suggestion d'Eryn, haussant un sourcil. L'image de sa benjamine, à peine suffisamment âgée pour boire légalement, dans un bar lui plaisait-elle ? Pas vraiment, non, mais il doutait de trouver un quelconque parent qui se réjouisse de voir ses enfants dans la même situation. Savoir Eryn derrière le comptoir le rassurait à peine, aussi irrationnel que ça pouvait être. Ça n'était pas une question de manque de confiance, non, juste un reste d'angoisse vieux de deux ou trois décennies. La peur de les voir s'écorcher les genoux en apprenant à faire du vélo s'était transformé en crainte de les voir se faire briser le cœur et finir dans des situations dangereuses au fil du temps. Et il était difficile de s'en défaire, même si ses filles avaient bien grandi. Même si il n'était plus aussi présent dans leur vie qu'auparavant. Y-yes, dinner's great, bredouilla-t-il avant d'avaler une gorgée de whisky sans réellement l'apprécier, le blasphème. I'll ask her, I will, I'll just... Saturday nights, right? Maybe I'll come this weekend. Or the next. Si il ne trouvait pas une énième excuse pour se dérober à la dernière minute, that is.

Eryn le laissa un instant pour s'occuper d'une cliente et David baissa de nouveau les yeux sur son verre. Il était prêt à parier que Bea n'avait jamais eu ce genre de problèmes avec ses filles. Oh, d'après ce qu'il avait entendu, élever les filles Baker n'avait pas été une promenade de santé et elles donnaient encore du fil à retordre à leur mère. Mais Beatrice était infiniment plus courageuse que David ne l'avait jamais été. Peut-être, oui, peut-être bien qu'il pourrait lui demander conseil sans tomber trop bas dans son estime. Il s'était perdu dans l'idée, glissant vers l'une ou l'autre des expositions du Met où il pourrait l'emmener pour leur prochain rendez-vous, lorsqu'Eryn réapparut, une question en apparence banale au bout des lèvres. David se redressa, circonspect. Avait-il l'air d'aller mal ? Parce que non, vraiment, ce n'était pas le cas et il mettait un point d'honneur à se présenter sous son meilleur jour auprès des gens qui comptaient vraiment. Les inquiéter était bien la dernière chose qu'il désirait, surtout en ce qui concernait ses enfants. I'm fine, répondit-il par réflexe, un peu trop rigide. I mean, I'm great, really. You don't have to worry about me, you know that, right? L'hypocrisie d'une telle déclaration ne lui échappait évidemment pas. Bien sûr qu'elle s'inquiétait pour lui, comme lui s'inquiétait pour elle. That was what families did or, actually, just people who loved each other. Mais l'idée qu'elle s'inquiète sérieusement à son sujet était infiniment désagréable. I'm great, répéta-t-il, nerveux, I'm doing my best to keep a good sleep schedule and I rarely skip a meal on weekends since Bea- ah. Il s'interrompit brutalement, sentant ses joues se réchauffer. I, um, I did tell you about Beatrice, right? Non, probablement pas. Certainement pas, même. Parce que, vraiment, comment était-on sensé annoncer à sa fille trentenaire qu'on avait rencontré quelqu'un ? Surtout après deux ans.

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Sam 8 Oct - 21:32
La relation (ou plutôt l’absence de quelconque relation) entre Daisy et leur père chagrine Eryn autant qu’elle l’interpelle. De bien des manières, on peut affirmer que David et elle-même n’avaient pas toujours connu la paix tranquille qu’ils partagent actuellement. L’adolescence n’avait été une période facile pour personne, encore moins dans ce schéma familial particulier, et chez la barmaid, cette phase de rébellion s’était étendue jusqu’à l’âge tardif de vingt-deux ou vingt-trois ans. Mais si elle aimerait aujourd’hui compatir, relater à la situation entre sa sœur et leur père adoptif qui se déroule sous son regard impuissant, Eryn doit bien avouer que cela n’a rien d’une crise d’adolescence un peu tardive. Selon elle (elles n’en parlent pas beaucoup, le sujet est trop sensible et leur complicité est trop récente pour que la brune se sente autorisée à le faire sans risquer d’annihiler tous leurs efforts), Daisy a juste besoin que David lui prouve qu’il l’aime et qu’il a confiance en elle, et David est simplement mal à l’aise à l’idée de ne pas comprendre sa cadette comme il le voudrait. Mais ce ne sont que des suppositions. Et si l’aînée O’Hare n’ose pas brusquer sa petite sœur plus que de raison, elle n’hésite pas ce soir à secouer son père, un adulte supposément fonctionnel dans la soixantaine, qui finalement bredouille comme un collégien face à sa propre fille.

La barmaid réprime son envie de rouler des yeux jusqu’à l’arrière de sa tête. A la place, elle l’intime d’un ton entre l’exaspération, le désespoir, et une tentative un peu échouée de bienveillance : « Just ask her, dad. Text her if you’re nervous, it’s easier. You really don’t have to endure a night out in a loud crowded pub only to prove a point. » Elle lui adresse un sourire-grimace. Vraiment, elle aime son père de tout son cœur, mais sa propension à faire, simplement, ça en viendrait presque à l’agacer. Heureusement, avant qu’elle ait eu le temps de transformer sa tendresse un peu ennuyée en véritable irritation, une cliente détourne son attention et elle remercie le ciel de lui avoir envoyé de l’aide (enfin, elle le ferait si elle croyait en une quelconque manifestation céleste, mais vous m’avez comprise).

Lorsqu’elle revient, à nouveau détendue et bien plus disponible puisqu’officiellement en pause, elle entame la discussion. Elle hoche la tête à sa question – you know that, right ? -, tout en sachant parfaitement qu’elle s’inquiètera toujours. David O’Hare est un sujet d’angoisse en lui-même. Pas parce qu’il est effrayant, mais parce qu’elle l’aime, parce que son opinion est importante pour elle, et parce qu’encore une fois, il saute bien trop de repas pour que ce soit raisonnable. And healthy. Un comble, pour un docteur (pneumologue, mais tout de même, les besoins fondamentaux, c’est med school 101). Et en parlant de sauter des repas, Eryn fronce les sourcils lorsqu’elle entend, au détour d’une tentative de David de rassurer sa fille à ce sujet, un prénom féminin encore inconnu. « Ehm, excuse me, no you didn’t. » Feignant l’outrage, Eryn grimace, les sourcils froncés. « I believe I’d remember you mentioning a Beatrice. Or any other human being in your life I don’t already know about, really. » Car il faut le dire, son père gravite autour du même cercle d’ami·e·s depuis des millénaires. Les prénoms qu’il prononcent sont souvent les mêmes qu’il prononçait déjà lorsqu’elle avait six ans, et cette nouvelle personne l’interpelle. En bien, cela dit, en témoigne le sourire et la moue curieuse qu’elle n’arrive pas à réprimer. « Fair enough, though. I probably haven’t told you about Marley either. Or have I ? » Quitte à balancer des informations grosses comme des maisons out of the blue, autant y aller à fond. Et puisqu’Eryn avait passé les dernières semaines à réfléchir sans le trouver à un moyen de mentionner le retour de Marley dans sa vie à David, elle profite de cette petite ouverture pour lâcher l’info mine de rien, avant d’innocemment ramener le sujet initial sur le tapis : « Not the point anyway, sorry. Who the h– who’s Beatrice anyway ? Do we love her ? »

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Ven 4 Nov - 9:36
Du plus loin qu'il s'en souvenait, David n'avait jamais trop apprécié qu'on lui dise quoi faire. Un problème d'esprit de contradiction trop affûté, une indépendance aigüe ou peut-être s'agissait-il simplement des restes des traces laissées par ses parents trop exigeants. Toujours était-il qu'il reculait devant les ordres et devait se faire violence pour accepter les conseils sans broncher. Même, semblait-il, lorsque ces derniers venaient de sa fille. Et, certes, il savait qu'Eryn était pleine de bonnes intentions, qu'elle ne voulait que le bonheur de Daisy et le sien, mais à soixante-cinq ans, il était difficile de changer de vieilles habitudes. I'd have fun proving that point, marmonna-t-il tout bas tandis qu'elle s'éloignait pour répondre aux besoins de la clientèle. C'était plus fort que lui et, oui, il savait que c'était un peu idiot et puéril, définitivement trop idiot et puéril pour un homme de son âge et de son éducation mais l'obstination n'était pas nécessairement rationnelle. Et, après tout, sortir de sa zone de comfort — which, really, a visit to the Overkill was the very definition of — pourrait sans doute montrer à Daisy qu'il était prêt à faire des efforts, de vrais efforts pour être le père qu'elle méritait, plutôt que d'attendre qu'elle vienne à lui.

Il se saisit de son verre avec un soupir, roulant le liquide ambré contre les parois d'un bref mouvement de poignet. Peut-être aurait-il dû se contenter d'un jus de fruits, à la réflexion, mais il n'avait pas suffisamment consommé pour justifier une telle bourde verbale. Enfin, non, ce n'était pas exactement une bourde, pas tout à fait. Il fallait bien, tôt ou tard, que ses filles apprennent l'existence de Bea. Parce qu'il était heureux, avec elle, un bonheur différent que celui apporté par ses enfants mais un vrai bonheur malgré tout. Parce qu'il semblait logique que les femmes de sa vie se connaissent ou, au moins, sachent mutuellement qu'elles existaient. Et Bea savait qu'il avait des enfants, savait leurs prénoms et leurs exploits de zéro à dix-huit ans et plus, savait que leurs relations n'étaient pas toujours au beau fixe. C'était logique, donc, qu'il en parle aux filles. Ou, au moins, à Eryn, en attendant de renouer la communication avec Daisy. Ça n'en était pas moins terrifiant et, peut-être aussi, un rien gênant, à en juger par la chaleur qui piqua soudain ses joues devant la mine offensée de sa fille. Il bredouilla quelques syllabes dénuées de sens et de direction avant de fermer la bouche, rassuré par le sourire qu'elle afficha finalement. Thank fuck for that. David se détendit un instant, avant de hausser un sourcil à la mention d'un jeune homme qu'il pensait avoir disparu de la vie de son aînée depuis un bail. You haven't, no. Il marqua une pause, guettant le moindre signe que le retour de ce garçon n'était pas le bienvenu mais Eryn ne paraissait pas spécialement bouleversée. Il avait parfaitement confiance en son jugement et il était probablement mal placé pour donner des conseils en matière de relations amoureuses mais si inexpérimenté qu'il était, David savait qu'un ex était généralement un ex pour de bonnes raisons. Et manifestement, sa fille n'avait pas l'intention de lui donner plus de détails. À vrai dire, Martin quitta bien vite son esprit, chassé par la question a priori innocente mais ô combien lourde de sens. Du moins, pour David. Il était à peu près certain qu'il s'agissait, pour Eryn, de l'une de ces expressions que les moins de quarante ans employaient à tort et à travers parce qu'elles connaissaient du succès sur le web. Do we love her? répéta-t-il lentement, fronçant légèrement les sourcils. Yeah. Yes, I suppose I do. No, I know I do. Yes, yes. Il hocha doucement la tête, convaincu et un rien émerveillé par cette réalisation qui était sans doute un peu tardive. Because, you know, two years. She's my, well, girlfriend is a bit ridiculous at my age. She's not just a friend either, she's... she's amazing, really. You'd love her too. I mean, you will, if you, you know, if you wanna meet her. If you'd be fine with that. She definitely would and I, I mean, it's gonna be absolutely nerve-wrecking for me, the unknown of it all, but it's... Il se pinça l'arrête du nez, irrité par son manque de clarté et le stress, irrationnel et stupide, qui le secouait soudainement. I'm sorry, this is very new to me, well no, not exactly new, because it's been a couple of years at this point but I don't, you know, I don't know how to do this. I'm much more comfortable being the dad you introduce your partners to, which, by the way, remind me that we're gonna need to circle back to that Marley business sooner rather than later. Quand il aurait retrouvé une illusion de contrôle sur sa bouche et son cerveau. Pas tout de suite, donc.

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Mer 7 Déc - 20:50
You haven’t, no. Eryn adresse un sourire narquois à son père, et n’ajoute intentionnellement rien de plus au sujet de Marley. Elle meurt d’envie de s’épancher, à vrai dire. Mais les O’Hare ont d’autres chats à fouetter à l’instant T, à savoir : en apprendre plus sur cette certaine Beatrice. Eryn déborde de questions qu’elle se retient de poser, se contentant de la plus importante, peut-être. Et elle accueille la réponse de David avec un plaisir non dissimulé, un peu comme une maman assistant aux premiers pas de son petit, ou du moins elle imagine que c’est à ça que ça ressemble. Ironique inversion des rôles. Pourtant, elle n’a pas le souvenir d’avoir une seule fois entendu son père parler de qui que ce soit de cette manière. Pas qu’il lui ait dû un rapport détaillé sur sa vie privée, loin de là même. Mais la barmaid avait depuis longtemps cessé de penser à son cercle familial différemment qu’avec un père célibataire, et la perspective d’y accueillir une nouvelle personne la réjouit plus qu’elle n’oserait l’avouer.

La conversation cependant revient à Marley, ou du moins son nom revient sur le tapis, et Eryn secoue la tête. Elle ne tombera pas dans ce piège. « Well, yeah, not that I don’t wanna talk about Marley right now – you know I’m always down when it comes to him, I just avoided the matter for a few years ‘cause denial’s dope -, but I’d like to clear up that Beatrice business first if you’re okay with that. » Pas qu’elle lui laisse beaucoup le choix, ni qu’il ne s’y attendait pas. Apprendre que son père fréquente quelqu’un depuis deux ans sans rien avoir vu venir, sans qu’il n’ait cru bon de l’en prévenir non plus, ressemble à un tour de montagnes russes pour la barmaid. Eryn a le bon goût de ne pas ramener son ego dans la conversation, cependant. Tout cela n’a rien à voir avec elle. Et David, en plus d’être un anxieux notoire, ne lui doit rien, et sûrement pas de s’épancher sa vie privée pour le seul principe qu’elle soit sa fille. Alors, elle sourit. Et pour tenter d’évacuer le stress qu’elle sent monter chez son père depuis que le sujet est abordé, elle pose une main sur son avant-bras et s’empresse d’annoncer : « I’d love to meet her, dad. » Comme pour appuyer ses paroles, elle hoche la tête. « So yeah, I’m not gonna pretend I’m not surprised, I mean, I did not see that coming at all. But you need to stop worrying about Daisy and I, we’re good. Plus, Beatrice sounds great. I mean, she chose you, so she must be. » Elle rit doucement à sa petite boutade destinée à alléger l’atmosphère. Ce n’est qu’une demi-blague, cependant. Eryn ne sait rien de cette Beatrice, mais le simple fait qu’elle semble rendre son père heureux lui suffit pour penser de grandes choses à son sujet. Finalement, la barmaid conclut : « And if you say you love her and you guys are happy together, then that’s enough for me. And I’m sure it will be for Daisy as well. » Sa main se resserre doucement sur le bras de David et elle se redresse enfin sur son tabouret. Eryn n’est pas une grande émotive et parler de ses sentiments a tendance à la plonger dans le malaise, un ressenti qu’elle semble partager avec son père en cet instant, qui a verbalisé à plusieurs reprises sa nervosité. Aussi, elle se sort de la situation avec un nouveau sarcasme : « You wanna keep talking about this or you’d rather save that for a more private time and spend the rest of my coffee break lecturing me about going back with my ex ? »

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