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(teddy) you give it all but i want more

@ Invité

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Jeu 3 Nov - 14:45
Cinq ans de relation. Quand on sort de la fac, cinq ans, c’est long. C’est toute la vie d’adulte de Janee. Et certains pourraient arguer qu’on est jeune et abruti à cet âge-là, mais pour la brune qui redouble d’efforts afin de rentrer dans le moule que ses parents lui ont façonné, l’idée même de briser des fiançailles est terrifiante. La vie sans Teddy semble terrifiante. Il représente tous ses repères, tous ses souvenirs, et sa tendresse pour lui est sans faille. Un regard posé sur lui suffit à se rappeler pourquoi c’est lui qu’elle a choisi. Ou du moins, les raisons qu’elle s’est trouvées. Il est adorable et courageux, ses parents l’adorent, la réciproque est aussi vraie avec sa belle-famille, tout le monde les y voit déjà, mariés, avec des marmots dans une petite maison de bobos. Et tout fonctionnait à merveille jusqu’alors. Trois années passées à Baltimore n’ont fait que renforcer leur relation. Bien évidemment, le retour à New York pour son master avait installé une petite routine. La pression familiale, une légère tension également. Et si Janee avait voulu être honnête avec elle-même, elle aurait rapidement réalisé que cette relation ne tenait depuis un moment déjà que par les attentes de leurs parents respectifs. Que cet amour qu’elle ressent est en fait de l’habitude (mais comment pourrait-elle le savoir alors qu’elle n’a jusqu’à présent jamais eu l’occasion de reconnaître la différence ?). En attendant, à ses yeux, elle ne se voit finir sa vie avec personne d’autre.

Une affirmation qui rend ce qu’elle s’apprête à faire d’autant plus affreux. Depuis des mois déjà, elle a remarqué que quelque chose clochait avec Teddy. De façon insidieuse d’abord, puis plus concrètement, et elle avait commencé par se persuader qu’elle se faisait des films. Emménager ensemble changeait leur routine du tout au tout, ils se découvraient sous leur vrai jour, et puis, après cinq ans, après tout, la lune de miel est terminée, c’est même plutôt sain de trouver un équilibre, finalement. Tout un tas d’excuses qu’elle savait n’être que du vent mais se persuadait du contraire. Et puis, Janee avait identifié la source du problème. Petit à petit, elle avait capté le regard de Teddy sur la femme de Mike, son meilleur ami. La tendresse dans ses yeux. La lueur de peur quand il se croyait observé. On ne regarde pas quelqu’un avec ces yeux-là quand on le fait innocemment. Et Janee avait tenté de passer outre, parce qu’on ne jette pas cinq ans par la fenêtre aussi vite, parce que l’inconnu est terrifiant, parce qu’un mariage était en jeu.

Et puis ce soir. La goutte d’eau. Le regard de trop. Et tandis qu’ils rentrent chez eux, à pieds, bras dessus bras dessous, les mots sortent de sa bouche avant qu’elle n’arrive à les retenir, et avec eux un mélange de douleur extrême et de soulagement intense. « Tu n’es pas discret, tu sais. » Elle étouffe un soupir. Cette phrase, elle l’avait tournée en boucle dans sa tête toute la soirée. Et celle d’avant. Et l’autre encore. « Quand tu penses que personne ne te voit et que tu la regardes... » Sa voix s’enroue tout d’un coup. Et tandis qu’elle est secouée d’un éclat de rire nerveux, ses doigts se serrent autour du bras de son fiancé. Incapable de poser les yeux sur lui, elle cale son regard quelque part au loin, droit devant elle. « Teddy, moi je te vois. Pas Mike, thank god, pas elle non plus. Mais moi… » Janee déglutit difficilement, la gorge nouée. Elle se tait, incapable de continuer à parler sans éclater en sanglots alors que de grosses larmes lui brouillent la vue. La brune sait ce qu’elle a à faire. Et après autant d’années partagées, tant de premières expériences, ce mariage prévu dans quelques mois, passer à l’acte est aussi affreux que déstabilisant. Rester cependant n’est pas dans les projets de Janee qui, à vingt-trois ans, refuse de passer le reste de sa vie dans l’ombre d’une autre. Ce soir, elle le comprend, plus clairement que jamais. « Je te vois. A chaque fois. », répète-t-elle dans un couinement à peine audible, comme pour se convaincre une dernière fois qu’elle prend la bonne décision.

@ Invité

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Sam 5 Nov - 21:57
tw: déprécation de soi

Une nouvelle soirée passée aux bras de la magnifique jeune femme que je m'apprête à épouser. Elle a tout pour elle, Janee. Elle est d'une intelligence folle, elle est impliquée dans son travail, elle a de l'ambition. Nos caractères se complètent et s'assemblent. Pourtant quelque chose manque à notre relation, et je le sais depuis que Mike m'a présenté sa copine. Peut-être que c'est ça, qui nous manque. Peut-être que quelque part, on se ressemble trop, que tout se passe trop bien.
Je ne sais pas ce qu'il m'est passé par la tête quand j'ai demandé Janee en mariage il y a quelques mois. Parce que je suis conscient de tout cela depuis bien longtemps maintenant. Je suis pleinement conscient que je ne l'aime pas comme je suis censé l'aimer. Mais je crois que j'ai simplement peur, et qu'être avec Janee est un confort. Elle a facilement été acceptée par toute ma famille qui l'adore, ma mère commence déjà à me faire d'effrayantes allusions telles que "qu'elle sera jolie ma première petite fille !" ou bien "votre appartement est un peu petit, vous ne laissez pas de place à l'imprévu, tu sais comme l'a très bien dit Forest Gump..."

Quelque part, je pense que je me plaît bien dans la petite routine qui s'est installée entre nous depuis qu'elle est revenue de Baltimore. Faut dire que les soirées chez Stevie et Mike sont plus faciles à vivre avec Janee après de moi. Je m'y suis fait moi, à faire semblant de ne pas la regarder, à éviter les eye contact et les awkard moments seuls avec elle. Mais c'est bien plus simple quand je peux focus toute mon attention sur ma fiancée. C'est d'ailleurs ce que je tente de faire ce soir-là. Si jamais je me sens observé, j'embrasse la joue de Janee, et on en parle plus. Ca a l'air horrible, n'est-ce pas ? J'ai l'impression de me servir d'elle, quelque part. Mais je veux croire qu'à force de faire semblant, qu'à force d'ignorer l'imprononçable, alors, ils finiront par partir. Qu'à force de forcer toute mon attention sur la brune, ça finirait par se faire naturellement. Qu'à force de penser très fort à tomber amoureux d'elle, ça viendrait.
Comme si ça marchait comme ça.
Janee tient mon bras alors qu'on marche vers notre appartement, et après un étrange silence, elle lâche la bombe. Je ne comprend pas vraiment de quoi elle parle, au début. Ou j'aimerais ne pas comprendre. Pourtant, l'accélération de mon rythme cardiaque me trahit. Je ne porte pas mes yeux sur elle, et continue à marcher, attendant qu'elle poursuive. C'est certainement pas de ça qu'elle parle.
Mais si, elle parle bien de ça, elle parle bien de Vee. « Qu'est-ce que tu vois ? » Je ralentis le pas, mais ne lâche pas sa main pour autant. Au contraire, je porte ma main libre à la sienne, comme pour la réconforter. Parce que je n'ai pas envie qu'elle souffre Janee. Parce que lui faire du mal me fait du mal à moi aussi. Elle ne mérite pas ça. Elle mérite tellement mieux que moi. « Je suis le pire des mecs, hein ? » Je marmonne ensuite, persuadé de ce que je dis. Non seulement je tombe amoureux de la copine de mon meilleur ami, mais en plus, je fais souffrir une femme merveilleuse qui n'a rien demandé et se retrouve au milieu de ce bordel, que j'ai créé moi-même. Quand j'ose enfin poser mes yeux sur elle, je me retiens de lui poser une horrible question. Je juge que ce n'est probablement pas le moment, mais une égoïste part de moi se demande si elle compte en parler à Mike. Parce que si Janee a remarqué comment je regardais Vee, je suppose qu'elle compte me mettre dehors sur le champ. Et God knows how much I don't see myself knocking on Stevie and Mike's door to crash on the couch. « Si je te dis quelque chose, tu vas me croire ? J'compte pas nier... quoi que ce soit. Mais j'veux m'expliquer... te dire la vérité. Mais faut que tu me crois... » Comment fait elle pour ne pas me gifler, tout de suite ? Je suis si pathétique.

@ Invité

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Dim 6 Nov - 16:34
Je suis le pire des mecs, hein ? A ces mots, le cœur de Janee se brise en mille morceaux. Jusqu’alors, il lui restait l’ombre d’un espoir. L’infime possibilité d’un malentendu. Que Teddy se retourne sur elle avec un regard interrogateur, lui demande ce qu’elle veut dire par là et s’empresse de la rassurer. Qu’ils rentrent chez eux avec la promesse de ne jamais se quitter en dégoulinant de déclarations d’amour qui donneraient la nausée à n’importe quel personnage principal de Hallmark movie. Ces sept mots cependant brisent ce maigre espoir en un clin d’œil, et la réalité revient frapper Janee en plein visage, sans prendre de gants.

Ce sont les mots de trop. Elle secoue la tête à la recherche de sa contenance, se mord l’intérieur de la joue à s’en faire mal, en vain. Pour toute réponse aux mots de Teddy, Janee pouffe un sanglot qu’elle aura réprimé jusqu’au bout. « Oh, come on now ! », fustige-t-elle sans trop savoir si elle se parle à elle ou au brun. A dire vrai, elle est incapable de lui fournir ce qu’il veut. Incapable de décider s’il est un monstre ou un simple humain et si au final, elle n’est pas tout simplement la fautive de cette histoire pour n’avoir pas été capable d’en faire assez. D’être assez. Et tandis qu’elle se sent déjà à terre, il continue de l’asséner de coups de poignards. Il veut bien faire, elle le sait. Mais chacun de ses mots la blessent un peu plus et elle finit par soupirer longuement, bruyamment.

Et d’un coup, Janee s’arrête net sur le trottoir. « Est-ce que je peux te croire, Teddy ? » Doucement, elle se détache du bras de Teddy, secouant la main pour la dégager. Soudainement, la simple idée d’un contact entre eux lui provoque une réaction épidermique. Si elle aimerait pouvoir dire qu’elle n’est pas fâchée, c’est bien malgré elle qu’elle se retrouve à grimacer de dégoût tandis qu’un mélange de peine et de rage lui brouillent la vue. « Parce que je ne demande que ça, mais je me pose tout un tas de questions, genre depuis combien de temps tu me mens en plein visage et ça rend les choses un peu compliquées pour moi. » Elle hausse le ton sur les derniers mots qu’elle prononce d’une voix un peu plus suraigüe qu’elle ne l’aurait voulu. Pour la première fois depuis de longues minutes, la brune daigne se tourner vers son fiancé (ou ex, at this point, elle gèrera tout ça plus tard). A travers le rideau de larmes, elle distingue la silhouette de cet homme qu’elle ne reconnaît soudainement plus et elle décide de redescendre de quelques étages. Après tout, elle ne sait rien, rien d’autre que ces regards qu’il offre à Stevie. Et elle a besoin de comprendre une situation qui lui échappe. Sans aucune élégance, Janee renifle et s’essuie les yeux avec la manche de son pull, prend quelques secondes également pour respirer et retrouver une voix, si pas calme, au moins posée. Et lorsqu’elle pose à nouveau les yeux sur Teddy, les bras croisés sous sa poitrine, c’est déterminée qu’elle ordonne : « Je t’écoute. Et ne m’épargne pas, I swear to god Teddy, you’d better provide me with a good reason not to regret what I’m doing. » Une bonne raison de ne pas passer les deux prochaines semaines à déprimer devant Bridget Jones chez ses parents sans sortir de sa chambre d’enfant ni même avoir quelque notion que ce soit d’un rythme de vie correct. Une bonne raison de le laisser partir, tout simplement.

@ Invité

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Dim 6 Nov - 17:25
tw: déprécation de soi

Le sanglot éclatant de Janee me déchire. J'ai la soudaine impression que chacun de mes membres pèse trois tonnes, que je ne peux plus avancer normalement. Je dois trainer mes pieds pour faire un pas, puis, Janee arrête de marcher. Je l'imite, aussi brutalement qu'elle, et la laisse se défaire de mon bras. Nos corps séparés, j'ai l'impression qu'on vient de me déchirer une part de mon âme. Un mélange de peur et de tristesse font monter mes larmes, que je ne retiens pas de couler silencieusement en voyant le dégoût dans les yeux de ma partenaire. Elle me déteste, et je l'ai mérité, qu'attend-elle pour me hurler dessus ? Pour me frapper ? Cause I know what it looks like, et même si je n'ai jamais approché ni même osé faire la quelconque allusion à Stevie, Janee n'en sait rien. Je me rends bien compte de ce qu'elle pense peut-être, même si la vérité n'est pas moins douloureuse.
Il faut vraiment être un véritable connard pour faire autant de mal à une personne si géniale que Janee. Etre stupide, avoir des neurones en moins, c'est certain. J'entends la souffrance que je lui inflige à sa voix, parce que malgré tout, je la connais par coeur. Et elle me déteste. Les bras croisés, elle attend des explications, bien sûr qu'elle en veut. Je cherche son regard malgré nos quatre yeux embrumés, et prends mon courage à deux mains pour tenter de lui expliquer la situation.  « Déjà, il ne s'est jamais rien... passé. Jamais... je... » J'inspire profondément, pour tenter calmer mon coeur qui s'emballe, en vain, et porte mes mains sur mon visage.  « She doesn't even know. » J'essuie mes joues mouillées par mes larmes abondantes, et ne peux empêcher un sanglot de s'échapper. « No one does. » Je ne me suis jamais exprimé sur le sujet, à personne. A qui aurais-je pu en parler ?  « Je n'ai jamais voulu te faire souffrir... Au contraire, je pensais que... » Un deuxième sanglot, que je ne peux contrôler. A force de garder cette souffrance pour moi toutes ces années, me voilà prit dans un torrent d'émotions que je ne supporte plus.  « We were so perfectly compatible together... I thought it wouldn't last... I thought you'd make me forget about...   » Mais malheureusement, j'ai découvert que ça ne marchait pas comme ça. Qu'on ne pouvait pas oublier de tels sentiments en un claquement de doigts.  « I just never had the control over it all... I'm so-so sorry I'm such a scumbag... »
Je tente une nouvelle fois d'attraper ses mains, comme pour qu'elle y lise la sincérité de mes propos, comme si au contacte de nos peaux, elle pourrait ressentir la douleur que je ressens également. Comme si ça pourrait à comprendre, ne serait-ce qu'un peu.  « And then... then when I understood I couldn't make everyone happy.. i decided I could be the only one unhappy, you know ? Not that you would make me unhappy... it would've been my fault, not being able to control my bloody feelings... I thought maybe I could... I don't know... be as happy as I could by making you happy, by marrying you and being the perfect husband... Your happiness would've been enough for me... » C'était le scénario idéal dans ma tête. Janee aurait été heureuse avec moi, Mike et Stevie heureux ensemble, et moi, tant pis. Ce n'était pas grave. Je n'aurais pas été si malheureux que ça, pas si j'avais réussi à garder mes proches heureux. C'était leur bonheur à eux qui aurait pu faire le mien.

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Dim 6 Nov - 19:59
Les mots de Teddy sont terribles. En un autre temps, et avec le recul, Janee réalisera l’ampleur de ce qu’il lui raconte. Le désespoir dans lequel il doit se trouver pour avoir un seul jour pu penser qu’il méritait de passer sa vie malheureux. En cet instant cependant, elle n’est pas capable de se mettre dans ses bottes. Si elle sait qu’on ne contrôle pas ses sentiments, si elle accepte qu’il puisse ne plus l’aimer comme avant, ne plus l’aimer tout court peut-être même, elle ne supporte pas qu’il se peigne en martyr. Elle se sent trahie, et ce soir, Janee ne pourra pas le plaindre, elle en est incapable. Pire : elle sent l’adrénaline lui monter au cœur et elle déploie un effort surhumain pour ne pas se mettre à hurler en pleine rue. « Tu m’as demandée en mariage alors que tu savais… For fuck’s sake. », implore-t-elle finalement dans un murmure, couvrant son visage de ses mains. Plus elle y pense, plus garder son sang-froid lui est difficile. Finalement, elle se laisse aller à la colère. N’importe quoi qui la fera se sentir mieux, lui en donner l’impression en tout cas. D’un coup d’un seul, d’une voix rauque qui se brise un peu plus à chaque mot, elle se laisse aller à la colère : « You bloody well know it doesn’t work like that, fuckin’ hell Teddy, what were you thinking ? We could have gotten married ! We could have had kids ! Fucking, fucking kids, Teddy ! What the hell ! » Si sa mère l’entendait jurer de cette façon, elle l’aurait obligée à se laver la bouche avec du savon comme une enfant. Mais sa mère n’est pas là, et jurer comme un charretier ne lui ressemble pas, mais c’est tout ce qui semble lui faire du bien en cet instant. Car la simple idée de leur mariage désastreux lui donne la nausée, et à l’heure qu’il est, elle a besoin d’un coupable. « The world doesn’t revolve around your egotistical little prick self, if you wanted to spend the rest of your life miserable you could just have done it by yourself ! What if Mike and I had found out in ten years time ? What if, what if Stevie had found out before I did ? That’s fucked up, Teddy, I can’t believe you thought this could work, even for a second ! »

Tout à coup, Janee réalise l’ampleur de ses mots. La méchanceté dont elle vient de faire preuve. Sans prévenir, les muscles de son visage s’affaissent et elle cesse de hurler. Les larmes se mettent à couler sur ses joues, des larmes de rage, de honte, de tristesse, d’incompréhension. La brune baisse les yeux et, penaude, entreprend de s’excuser : « Je suis désolée. C’était merdique. Je sais que t’as pas fait exprès, j’espère que t’as pas fait exprès, putain de merde, Teddy… » Un gros sanglot la secoue, dans un rire sans joie qu’elle balaie d’un geste de la main. Une nouvelle fois, elle se frotte le visage, pressant ses paumes si fort sur ses yeux que de petites lumières se mettent à clignoter. Quand elle relève les yeux, c’est un mépris qu’elle espérait pourtant réussir à dissimuler qui se cache dans son regard. « I need some time to, to process, je sais pas comment on gère ce genre de choses, je sais pas, je suis paumée. » Une chose est sûre : il est de toute façon trop tard pour passer la nuit chez ses parents à Staten Island ce soir. Il leur faudra donc réussir à s’entendre jusqu’au lendemain matin. Et puisqu’il est évident qu’aucun d’entre eux ne dormira sur ses deux oreilles, ils auront tout le temps d’éclairer sa lanterne.

« Depuis combien de temps tu sais ? », finit-elle par demander d’un ton sentencieux. A vrai dire, elle n’est pas certaine d’avoir envie de savoir. Une petite voix en elle lui dit que ça fait bien plus longtemps que ce qu’elle n’ose s’imaginer, qu’elle vit dans le mensonge depuis des mois. Mais elle le sait : elle va avoir besoin de tous les détails afin de comprendre. Et se donner un espoir de vivre la chose avec philosophie.

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Dim 6 Nov - 21:20
tw: déprécation de soi, mention de crise d'angoisse

'The world doesn’t revolve around your egotistical little prick self'. Mon estomac se retourne, mon coeur continue de s'emballer et je ne contrôle toujours pas les larmes qui ne cessent de couler le long de mes joues. Je commence à avoir l'habitude de ne pas avoir le contrôle, mais là, c'en est trop. J'ai l'impression que mon corps se détraque. D'abord les jambes lourdes, puis la sensation de vide, maintenant ça ? Je n'ai jamais fait de crise d'angoisse ni d'anxiété, mais je ce que je ressens actuellement est probablement un teaser de ce qui m'attend si un jour je me retrouve confronté à une de ces crises. Ma respiration se saccade petit à petit à cause des sanglots incontrôlables qui m'échappent quand j'entends Janee crier, je porte mes poings serrés sur chacune de mes tempes, comme pour essayer de reprendre le dessus sur mon cerveau, qui ne semble pas avoir envie de me laisser la main. Ses mots raisonnent dans ma tête, et chacun d'entre eux semble éclater mon coeur un peu plus qu'il ne l'est déjà. Make it stop, make it stop, make it stop. I already know how much of a bad person I am. Hurle la petite voix dans ma tête. Mais rien n'y fait. « I'm sorry I'm sorry I'm sorry... » Sont les seuls mots que j'arrive à sortir à la fin de la tirade déchirante de Janee. Les yeux forts fermés, les poings serrés sur mes tempes, je tente de calmer ma respiration comme je peux. Je suis en train de vivre mon pire cauchemar. Mon secret a été dévoilé, et mes sentiments prennent le dessus. Jusqu'à présent j'avais réussi à faire taire la douleur que je ressentais, mais là, je n'y arrive plus. L'avoir gardé pour moi tout ce temps a probablement empiré son ressenti, j'ai l'impression qu'on me dévore les entrailles.

Puis, sans que la tension ne baisse vraiment, le son s'arrête. Janee ne crie plus, et les bruits de voitures on reprit le dessus. Je baisse mes poings, reprends mon souffle et réussit à calmer ma respiration. Stop crying, stop crying, stop fuckin crying je me répète, pour forcer un barrage de se former entre mes larmes et mes yeux. « Non, c'est moi qui suis désolé. Je n'ai jamais voulu te faire de mal, I swear to god... » je me répète, parce que je ne supporte pas l'idée que Janee me déteste. Un silence, et je rouvre enfin les yeux à sa question. Je n'ose plus chercher son regard, par peur d'y voir de la haine bien trop méritée. Je prends une grande inspiration, pour tenter de ne pas répondre avec une voix sanglotante, « Je sais pas. » Je déglutis. J'aurais aimé avoir une réponse toute conçue à sa question, pour l'aider elle aussi à remettre les choses au clair. Mais comme cette discussion est la première que j'ai avec quelqu'un -including myself- sur le sujet, je ne peux pas lui donner de date précise. « Je crois juste que je me suis voilé la face trop longtemps. » Je place mes mains lourdes et fébriles dans mes poches et serre les dents, parce que je sens la migraine me guetter. De toute façon, ce n'est pas comme si j'allais beaucoup dormir cette nuit. « Qu'est-ce qui m'a trahit ? » J'ose demander, parce qu'une part de moi a peur que Vee, ou pire, Mike se soit rendu compte de quelque chose également. Aurais-je fait une réflexion déplacée sans le vouloir, eu un comportement étrange face à la petite amie de mon meilleur ami ? J'ai besoin de savoir. Parce que je ne me vois pas perdre mon ami de toujours, mais s'il apprend quelque chose comme ça, il serait obligé de s'éloigner de moi.

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Lun 7 Nov - 22:02
Teddy tourne en boucle. Il pleure, s’excuse, renifle de façon pathétique et Janee est bien incapable à l’heure qu’il est de ressentir la moindre empathie pour cet homme, prise tout d’un coup d’une répulsion épidermique. Tout son être le rejette, incapable de concevoir les raisons qui le poussent à sangloter, répétant ses excuses en boucle comme si la vingtième fois allait tout d’un coup ouvrir les chakras de la brune et lui faire changer d’avis à son sujet. Elle devrait être la personne misérable qui pleure de douleur, elle pense sans avoir la cruauté de prononcer les mots à haute voix. Plus tard, quand la douleur se sera estompée et la rancœur effacée, Janee sera en mesure de compatir. De comprendre, et de pardonner. Mais en cet instant, le sentiment de trahison prend le dessus sur tout bon sens. Aussi, lorsqu’il n'est même pas capable de répondre à une simple question par une réponse claire, elle lève les yeux au ciel, profondément exaspérée. Et c’est sans la moindre once de patience dans la voix qu’elle réplique, sèche : « Tu sais pas mais tu vas chercher, Teddy, ‘cause I’m gonna need a time frame. Weeks ? Months ? » Histoire de ne pas passer les prochains mois à se demander à quel instant ça a foiré, quel élément a tout déclenché, lequel de ses gestes aura été fatal. Histoire de pouvoir laisser place au bon sens, pour se rappeler que l’être humain ne contrôle pas ses sentiments et qu’aucun des protagonistes de cette histoire (elle y compris) n’y peut grand-chose. Histoire de pardonner, éventuellement. « Non, tu sais quoi, tu sais quoi ? Je veux pas savoir. Tu sais pas. Ca en dit long. », souffle-t-elle finalement lorsqu’elle comprend que la question est vaine. Un tss méprisant s’échappe de ses lèvres tordues dans un rictus dénué de toute hilarité. Tout son esprit semble bloquer les émotions, un moyen peut-être de se protéger, de survivre simplement dans ce moment où le monde semble s’écrouler autour d’elle.

Qu’est-ce qui m’a trahi ?, lui demande-t-il. Au début, c’est le mépris qui prend le dessus dans l’esprit de Janee. Cette envie irrépressible de répliquer que c’est elle qui pose les questions, et qu’il n’a rien à dire sinon s’excuser à genoux et cesser ces mensonges qui durent depuis va savoir quand. Son incapacité à compatir face au désarroi de Teddy n’arrangent pas leurs histoires. Mais alors qu’elle manque une nouvelle fois de se remettre à hurler au milieu de la rue, dans le froid des rues new yorkaises, elle réalise qu'il n'y peut rien. Et il lui faudra le temps pour apaiser sa rancoeur, évidemment, mais rien de ce qu'elle dira n'y changera quoi que ce soit. Alors, elle baisse les yeux en constatant simplement : « Tu ne m’as jamais regardée comme tu la regardes. » Jamais, même dans leur fougue adolescente. Surtout dans leur fougue adolescente. « Et tu le fais toujours quand tu penses qu’on ne te voit pas, sinon tu n’oses même pas lever un œil sur elle. » La brune secoue la tête. Elle aimerait en mener large, pouvoir expliquer à qui voudra l’entendre qu’elle a tenu tête à son abruti d’ex jusqu’à ce qu’il lui fournisse les explications qu’elle demande, que sa répartie était parfaite et sa resting bitch face impeccable. A la place, elle renifle bruyamment, et sa voix se brise finalement dans un sanglot étouffé alors qu’elle énumère les quelques détails qui lui avaient mis la puce à l’oreille : « T’es incapable de partager le même espace vital qu’elle, tu lui adresses à peine la parole, je sais même pas si je t’ai entendu une seule fois l’appeler par son prénom. Et tu oublies que je te connais, je sais comment tu fonctionnes. » Sans oublier son intuition. Cette petite voix dans sa tête qui lui avait dit de se méfier il y a des semaines déjà et qu’elle avait tenté de faire taire, tant bien que mal.

Les larmes coulent finalement sur les joues de Janee, de grosses larmes silencieuses. Ses bras se sont resserrés sur sa poitrine pour se protéger d’une menace invisible et tout son corps est douloureux, de ses muscles tendus à sa mâchoire serrée, ses ongles qui s’enfoncent dans ses paumes et la boule de désespoir calée au fond de sa gorge. « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas faire demi-tour pour tout leur raconter. », réussit-elle enfin à articuler entre deux sanglots, incapable de poser les yeux sur Teddy.

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Mar 8 Nov - 21:15
tw: déprécation de soi

Depuis combien de temps ? Si seulement j'avais une réponse satisfaisante à cette question. Quelque chose qui puisse répondre aux attentes de Janee, même si je me doute bien que dorénavant, elle n'attendra plus jamais rien de moi. Et elle a raison, car je ne le mérite pas. La vérité, c'est que je n'avais jamais évalué l'éventualité que mon secret se fasse connaître. Je n'avais jamais imaginé qu'un jour, Janee ou quelqu'un d'autre ne se rende compte de quoi que ce soit. Tout ce que je m'étais imaginé, était la suite du début de phrase "si tout se passe bien". Parce que si tout se passait bien, Janee aurait été heureuse, et peut-être même que j'aurais fini par oublier Vee. Si tout s'était bien passé, j'aurais été le seul à souffrir dans cette histoire, which was okay. La seule chose qui comptait pour moi, c'était que personne d'autre ne soit triste, en colère ou malheureux. If it all went according to plan, no one else would have suffered.
Je pensais être assez discret pour que personne ne se rende compte de ma trahison. Parce que oui, à mes yeux, ce que je ressens pour Vee c'est non seulement une trahison pour Janee, qui a toujours été une petite-amie exemplaire, mais aussi une trahison pour Mike, mon meilleur ami d'enfance, mon frère.

J'ai à peine eu le temps d'entre ouvrir mes lèvres pour tenter de répondre à Janee qu'elle avoue ne préférer rien savoir. Je baisse les yeux, honteux. Voilà, je l'ai encore déçu, ça ne s'arrête pas. When are you going to be a good man, Teddy ?
Alors, j'ose. J'ose avec un grand "O", un "O" majuscule, j'ose lui poser une question que je ne mérite pas de poser. Je ne mérite pas qu'on aille dans mon sens, je ne mérite pas qu'elle me réponde. Pourtant, elle le fait Janee. Janee est trop gentille. Janee est si gentille que, si malencontreusement je laissais la petite voix dans ma tête répétant "stop crying" se taire, je refonderais en larmes. Des larmes de culpabilité cette fois, parce qu'elle me bouffe cette culpabilité, elle me ronge, cette culpabilité. Un frisson parcoure mon corps, difficile de dire s'il est le résultat de la brise que l'on ressent le soir dans les rues de New York, ou s'il s'agit des mots de Janee. Mes regards m'ont trahis, pourtant, je ne me rends même plus compte de ces regards. « I'm so, so sorry... » je répète une énième fois, avant qu'elle m'avoue avoir remarqué mon incapacité à rester seul avec Vee plus de trente secondes. C'est vrai, je ne lui adresse presque jamais la parole quand on est qu'à deux, et je crois même que je l'évite inconsciemment quand on est tous ensemble. Par peur, probablement. « Janee I swear I never meant any of this... And I tried... I tried fucking hard to forget... I did everything I could... I'm not asking you to forgive me... I swear I'm not lying... » Une profonde inspiration, que je suis obligé de chercher loin dans les abysses de mes poumons déjà abîmés par la cigarette alors que je n'ai que vingt trois ans. « You know me, right ? You know I would never... never in a million years do anything to hurt anyone. I tried to controlled everything and now I realize I can't. » Je soupire longuement, relevant la tête vers le ciel, comme pour demander de l'aide à ce qu'il y a là-haut s'il y a bien quelque chose.

« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas faire demi-tour pour tout leur raconter. » Et c'est repartit. Mon coeur déraille, mon estomac plonge derrière mes organes, mes mains tremblent. Je dois serrer de nouveaux mes poings poings pour les calmer, respirer longuement pour ne pas repartir en crise de larmes. Restes calme, Teddy, ou tu pourrais tout perdre ce soir. « Tu sais... » je dois déglutir, parce que ma voix se brise, et je n'arrive plus à parler plus haut qu'en chuchotant. La voilà ma plus grande peur, « tu sais ce que Mike représente pour moi. » J'avale ma salive une nouvelle fois, serre brièvement les dents, et laisse, tant pis, de nouvelles larmes silencieuses rouler le long de mes joues. « Ne le fais pas pour moi, Jan, s'il te plait. Fais le pour lui. Fais le pour eux. » Je me suis démené pendant des années à cacher mon secret, à garder mes sentiments, mes émotions bien enfouis, faisant passer ma vie, mon propre bonheur au second plan pour être certain que tout le monde autour de moi soit heureux. Janee a, ce soir, le pouvoir d'inverser la balance. Et elle aurait raison. Personne ne lui en voudrait. La pauvre, je n'ose même pas imaginer ce qu'elle doit ressentir.

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Sam 12 Nov - 10:59
Les excuses de Teddy ont un goût amer. Au fond d’elle, elle rêve de lui ordonner de se taire, d’arrêter de pleurer, de geindre tout court. Car il ne mérite pas de se faire plaindre alors qu’il est responsable de tout ce qu’il brise. Car Janee a besoin d’un coupable, que ce n’est certainement pas cette pauvre Vee qui n’est au courant de rien, et qu’il est tout trouvé, là, devant elle, à chercher sa respiration entre deux excuses qui l’attristeront dans quelques mois mais que pour l’heure, elle juge parfaitement pathétiques. La brune se bat donc avec ses propres larmes. Son discours est déjà suffisamment décousu pour se laisser aller au désespoir. Ses pensées volent d’un détail à l’autre, chaque seconde lui rappelle un nouvel élément qu’il leur faudra régler, un nouveau souvenir dont il faudra se séparer, et ne pas s’abandonner aux pleurs est une épreuve qu’elle gère avec difficulté. Ravalant la boule de douleur au fond de sa gorge, Janee secoue la tête, incapable de répondre quoi que ce soit à ce florilège d’excuses et d’explications qu’elle sait sincères mais n’arrive pas à accepter pour l’instant. Il lui faudra du temps. Et ce soir, la nouvelle est trop fraîche.

Les larmes finalement se mettent à couler et elle articule cette phrase sentencieuse qui, elle le sent, déstabilise Teddy. Elle n’arrive pas à le regarder, alors elle se contente d’imaginer les expressions de son visage. Mais Mike est bien trop important aux yeux de Teddy, elle s’en doute : il n’a aucune intention de lui en parler. Jamais. Les doutes de la community manager sont rapidement confirmés, d’ailleurs, et à vrai dire, pour cette fois, c’est lui qui a raison. Ce n’est pas son rôle de briser ce couple fonctionnel parce que le sien vient de voler en éclats. Faire demi-tour lui apportera peut-être une courte satisfaction, une sensation de revanche, de soulagement. Mais au final, ce n’est pas à Stevie qu’elle en veut, certainement pas à Mike, mais à Teddy. Ou à ses sentiments, en tout cas.

Elle renifle une nouvelle fois, coinçant la manche de son pull dans sa paume pour s’essuyer les joues trempées, les yeux rougis et bouffis par les pleurs. « They’re gonna need to know, Teddy. », articule-t-elle finalement d’un ton suppliant. « Pas ce soir. Ce soir, on règle nos histoires, pour le mariage et tout… » Le mariage. Ce seul mot suffit à la faire craquer une nouvelle fois. Ses yeux se ferment et Janee fait de son mieux pour respirer calmement, profondément. Son expiration est tremblotante et sa bouche se tord de douleur. D’une voix suraigüe, elle réfléchit tout haut : « Je peux pas vivre comme ça, en le sachant, je peux pas, ok ? Je… je peux pas être ton plan B. I deserve better. » Ces mots sont les plus proches d’un « c’est terminé » que ce qu’elle n’est capable de prononcer. « We gotta figure this shit out, tonight, and then… then you’re gonna need to tell them. » Car il est évident qu’elle n’a aucune intention de supporter tout ça pour rien. Si cette rupture ne provoque pas quelque chose chez Teddy, s’il ne saisit pas sa chance d’au moins faire figure d’honnêteté avec tous les protagonistes de cette histoire, alors elle aura tout raté. Pour sa part, cependant, elle se retire. A partir de demain matin, rien de tout cela ne sera son problème. Après tout, elle n’est pas responsable des sentiments de son fiancé. Ex. Whatever.

Janee réalise soudain la fraîcheur de la nuit par ses tremblements qui ne sont pas dus qu’à la colère. Ses bras se resserrent autour de sa poitrine et finalement, elle soupire : « I will… I’ll forgive you, eventually. ‘Cause I know better. ‘Cause you don’t control these things. » Une précision nécessaire. Elle est fâchée ce soir, elle le sera encore demain. Mais un jour, son esprit sera suffisamment apaisé pour qu’il ne soit pas placé dans la case mon ex le connard jusqu’à la fin de leurs jours. « But you’re gonna have to give me some time Teddy ‘cause right now it tastes like betrayal and it’s fucking bitter. » Sa voix se brise à nouveau. Et dans la montagne russe des émotions de Janee ce soir, c’est à nouveau la colère qui reprend le dessus : « I’m not cancelling the bloody venue, by the way, I’m not, I’m not dealing with this fucking wedding anymore. Sort it out yourself. » Car s’il pense qu’elle va s’impliquer dans toute cette histoire alors qu’elle n’a rien fait pour mériter son sort, il se trompe. « Sort that whole mess out yourself, actually. Mike, Stevie, your parents, the wedding… I’m out. »

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Lun 14 Nov - 15:11
tw: déprécation de soi

« They’re gonna need to know, Teddy. » Mon estomac se serre un peu plus une nouvelle fois, moi qui pensais que cela aurait été impossible. Je n'ai jamais ressenti un tel degré de stress et de désarroi de ma vie, probablement parce qu'on ne m'avait jamais mit face au fait. Il était pour moi hors de question de me l'avouer, même pas un tout petit pourcentage de mon être aurait un jour pu s'imaginer que c'était vrai. La mascarade qui s'est construite s'est mise en place un peu malgré moi, puisque je me suis toujours refusé d'avouer, ni même de songer à l'idée que, peut-être j'avais des sentiments pour celle qui n'était pas mienne. Inconsciemment, je le savais, c'est certain, mais ayant décidé de fermé les yeux sur la situation et de me forcer à avoir une autre vie, j'ai enfoui tout sentiment, toute émotion qu'elle me procurait. Au risque d'en décevoir certains, non, le discours que j'ai fait au mariage de Vee et Mike, la demande en mariage que j'ai faite à Janee, les nombreuses soirées passés à quatre ne sont pas des étapes dans un plan machiavélique que j'aurais intelligemment conçu pour atteindre un quelconque but. Non. J'ai juste été tout simplement incapable d'accepter la réalité des choses; cela fait bien longtemps que je n'aime plus Janee, et autant de temps que je rêve d'une autre.

But do they really need to know ? Pourquoi ferais-je de mon problème leur problème ? Ils vivent très bien sans le savoir, et ça évite déjà un grand nombre de disputes, de discussions gênantes sans parfaite solution. Il n'y a pas de fin heureuse possible à cette histoire, du moins pas pour tout le monde. Alors pourquoi me jeter dans la gueule du loup, risquer de perdre mon meilleur ami, que je considère comme mon frère ? Pourquoi risquer de tout changer ? « We gotta figure this shit out, tonight, and then… then you’re gonna need to tell them. » répète-t-elle pourtant, et je mène un véritable combat intérieur pour ne pas laisser un nouveau sanglot s'échapper, provocant un spasme aux commissures de mes lèvres et une grande inspiration soudaine. L'idée de m'imaginer, face à Mike, tenter de lui dire que je suis amoureux de sa femme depuis des années me fait frissonner. Pourrais-je réellement leur avouer la vérité ? Je ferme les yeux, serre les poings dans mes poches avec une force dont je ne me sentais même plus capable. Je fais tout ce que je peux pour m'empêcher de craquer une nouvelle fois, parce que je suis déjà assez pathétique comme ça.
Bien sûr, je suis conscient que sans Janee, tout va déjà changer. Qu'est-ce que je vais faire sans la personne avec qui j'avais décidé de partager ma vie depuis cinq ans ? Et puis, qu'est-ce que je vais dire à nos proches, surtout maintenant qu'elle m'annonce que je vais devoir m'occuper de toutes les annulations concernant le mariage, nos amis, ma famille. J'acquiesce en hochant la tête, accusant le coup, elle a raison: elle ne mérite pas d'avoir à gérer tout cet administratif. Je mets de longues secondes à répondre à la brune, trying to pull myself together. « Of course. » je réussis enfin à répondre, après un effort surhumain pour casser le silence qui commençait à s'installer entre nous. « Maybe we should um... get going. You're gonna catch a cold. » ma voix est faible, brisée, presque inaudible. Un mélange de tristesse, de fatigue, et de déception, parce que oui, je me déçois moi-même.

C'est probablement trop tard cela dit. Janee va peut-être penser que je tente de faire le type mielleux pour regagner des points, mais c'est un véritable élan de sincérité qui me pousse à parler ensuite. Je ne réfléchis pas à ce que je fais, et c'est certainement trop tôt pour ce genre de confessions, mais tant pis, je n'ai de toute façon pas le temps de peser le pour et le contre que je me suis déjà lancé. « Can I say thank you ? » Je reprends la marche vers notre appartement, doucement, pour que mon ex fiancée me suive à son rythme. « Not for - but I mean... » Ce n'est pas le moment d'être maladroit, Teddy. Vas au bout de ta pensée, maintenant. « I mean thank you for... everything. We've had great moments together right ? I need to be sure that you know...   » Je hausse les épaules, porte une main sur ma joue alors que je remarque que le vent est particulièrement frais, à la différence de mon visage qui semble avoir chauffé à cause des sanglots de ces dernières minutes. « I dunno. Maybe it's stupid, I-I dunno. » Il s'agit d'un besoin de pureté. Un besoin de finir cette relation comme elle a commencé.

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Dim 20 Nov - 19:17
Les émotions de Janee sont d’une intensité telle qu’elle est incapable de se décider : pleurer, crier, se taire, rien ne semble suffisant pour l’apaiser plus de quelques secondes. Son esprit n’est plus que chaos. Prise d’un désintérêt total pour la suite des événements, elle impose le côté administratif à Teddy qui accepte sans broncher. Encore heureux. Si en plus de lui briser le cœur il lui laissait le soin de prendre en charge les annulations, remuant à chaque fois un peu plus le couteau dans la plaie, il serait vraiment bon à jeter. Et la brune sait que Teddy n’est pas un mauvais bougre. Elle lui en veut beaucoup, parce qu’il lui faut un coupable, parce qu’elle a besoin de passer son chagrin sur quelqu’un, mais au fond d’elle, elle en a conscience : le jeune homme est quelqu’un de bien. Elle n’aurait pas passé cinq années de sa vie avec un abruti.

Lorsqu’il propose de continuer leur route pour ne pas prendre froid, cependant, Janee siffle. « I couldn’t care less about catching a fucking cold, Ted. », réplique-t-elle sèchement, lâchant ses bras qu’elle laisse ballants le long de son buste, une stratégie destinée à contredire Teddy et qu’elle regrette aussitôt. En parlant de regrets, elle en vient même à regretter ses mots précédents, inutilement secs. Janee est fatiguée. Triste, nauséeuse, épuisée. Bien trop pour continuer à se disputer avec l’homme qu’elle aime malgré la situation. Laissant sa fierté de côté, elle se frotte les bras, cherchant à sa réchauffer un tant soit peu, et elle laisse échapper un soupir las. « I’m sorry. That was rude and irrelevant. And you’re right anyway, we should go. » Aussi, elle se laisse entraîner dans la direction de leur appartement, et la simple pensée de cet endroit qu’elle appelait encore maison deux heures auparavant et qu’elle va désormais devoir quitter lui arrache de nouvelles larmes qu’elle ne cherche même plus à contenir.

Elle suit Teddy quelques mètres derrière lui, dans l’espoir un peu naïf qu’il ne se doute pas un seul instant qu’elle ne cherche qu’à cacher ses sanglots désormais incontrôlables. Ils marchent ainsi en silence pendant quelques secondes, avant qu’il n’ouvre à nouveau la bouche. Ses premiers mots déclenchent une nouvelle vague d’exaspération chez la community manager qui sent son sang ne faire qu’un tour dans son corps. Elle lui laisse le temps de s’expliquer, cependant, et s’autorise une longue réflexion lorsqu’il est clair qu’il a terminé. « It’s not stupid. », soupire-t-elle enfin, la voix rauque d’avoir tant pleuré. Elle ne peut pas dire que la situation l’enchante, mais elle comprend son point de vue. Elle comprend aussi qu’il lui serait désormais impossible de faire comme si elle ne savait pas. Rompre est la seule solution viable pour son amour propre, quand bien même elle le sait : il va lui falloir quelques temps pour s’en relever. « I’m gonna miss you. It’s been fun. And we were great, amazing, really. » De bien des manières, cette relation les aura construits. Elle ne peut pas en jurer pour Teddy, mais pour sa part, le brun a une bonne part de responsabilité dans la femme accomplie qu’elle est devenue aujourd’hui, et elle ne pourrait peut-être pas en dire autant s’ils ne s’étaient jamais rencontrés. « It’s just time for us… time for you to… » Sa voix se brise et de nouvelles larmes lui inondent les joues et lui brouillent la vue. Cette fois, elle ne tente même pas de cacher sa peine avec une colère qui sonne faux. « You have to do something. Please don’t let this heartbreak be in vain. I beg you. »

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