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tevee — heart made of glass, my mind of stone

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Dim 19 Fév - 11:16
Need a place to hide, but I can't find one near. Wanna feel alive, outside I can't fight my fear. Isn't it lovely, all alone? Heart made of glass, my mind of stone. Tear me to pieces, skin to bone. Hello, welcome home. (creds: gifs @bluejeanbaby, @resovrceful, lyrics @Billy Eilish & Khalid)

[ TW : MENTIONS DE CANCER, DEUIL, GROSSESSE SURPRISE ]
Ces dernières années, Vee était devenue intimement familière avec les nouvelles bouleversantes. Du genre à éclater le quotidien en mille morceaux, brisant petites habitudes et piétinant toute certitude. Peut-être que l'arrivée de la maladie de Mike dans leur vie si bien rangée aurait dû lui apprendre que rien n'était jamais acquis, jamais définitif. Mais bêtement, égoïstement, après sa disparition, Stevie avait oublié. Oublié que tout pouvait basculer sans prévenir. Et, si elle était un peu honnête avec elle-même, elle pourrait probablement admettre que ce nouveau retournement de situation n'était pas aussi incongru et dénué de sens que de perdre son mari avant même d'avoir trente ans. Mais l'honnêteté, l'introspection et Stevie n'avaient jamais réellement fait bon ménage, loin de là. Elle avait, en revanche, un talent certain pour ignorer ses problèmes et faire bonne figure — mais même ses fâcheuses tendances avaient leurs limites.

Elle avait essayé pourtant. Avait réussi à prétendre pendant de longues semaines qu'elle n'avait pas commis de faux pas avec la même détermination qu'elle avait joué le rôle de l'épouse parfaite et compréhensive durant les quatre années de combat contre la maladie — ses cinq années de mariage, surtout. Avait réussi à se convaincre que cette fameuse nuit dans les bras d'un autre homme que Mike, le deuxième qu'elle ait jamais connu, n'était rien d'autre qu'un fantasme un peu trop réaliste. Elle avait un don, Stevie, pour se raconter de jolies histoires et en faire une réalité. Seulement cette fois, les conséquences étaient trop monumentales pour être simplement mises de côté. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, évidemment — parce qu'elle n'était rien sinon un monstre de ténacité — mais elle avait eu beau attendre que son utérus si régulier en toutes circonstances se manifeste, rien n'y avait fait. Fût un temps où Stevie aurait donné cher, très cher pour que rien ne se passe. Le calme complet, le silence le plus parfait — mais pas comme ça.

Et pourtant elle s'était murée dans le silence. Les coups de fil de ses parents sonnaient dans le vide de son minuscule appartement, les sms de ses amis restaient en vu. Même Poppy, son jeune Dobermann, la confidente discrète de tous ses bavardages solitaires, n'avait plus droit à la moindre remarque. Stevie avait eu besoin de temps et de silence pour parvenir à seulement envisager le message que son corps semblait vouloir lui faire parvenir. Une semaine avait passé, puis deux, trois et sans comprendre pourquoi, elle s'était retrouvée devant le présentoir de l'allée parapharmacie du dollar store du coin, à se demander combien de tests de grossesse il était possible d'acheter sans attiser la curiosité de la vendeuse qui vivait dans son immeuble, deux étages plus bas. Neuf positifs et une stratégie élaborée pour éviter sa voisine indéfiniment plus tard, Stevie s'était rendue à l'évidence.

Enceinte. Elle était enceinte. Elle, l'orpheline qui avait toujours rêvé de fonder une famille, l'épouse qui avait dû ranger ses projets au placard pour soutenir son mari à travers la maladie, la veuve incapable d'envisager l'avenir autrement qu'au jour le jour, elle était enceinte. Une réalité qui n'avait pas vraiment de sens, comme bien des choses dans sa vie — and yet, it felt right. Ce n'était peut-être pas le bon moment, pas les bonnes circonstances non plus et elle savait qu'elle avait des options — mais elle ne s'était pas posée de questions. Elle avait su, dès l'instant où les deux petites lignes étaient apparues sur le premier test qu'elle avait fait. Cette grossesse était peut-être l'énième surprise d'une longue liste qui l'avait épuisée mentalement mais elle allait aimer cet enfant. Restait à savoir si elle allait le faire seule.

Recontacter Teddy pour une toute autre raison aurait sans doute été profondément embarrassant. Passer une nuit ensemble était peut-être considéré comme un point de départ potentiel à bon nombre de relations amoureuses dans l'imaginaire collectif mais Stevie avait du mal à repenser à cette nuit-là sans être submergée par la honte. Pas seulement parce qu'il s'agissait du meilleur ami de Mike, non. Ses souvenirs restaient flous et il était, de fait, impossible d'exclure la possibilité qu'elle se soit jetée sur lui. Non, plus que ça, c'était même la seule option qui avait le moindre sens. Il avait eu pitié et après tout ce qu'ils avaient partagé, Vee refusait de lire ça sur son visage. Seulement maintenant, il y avait plus important que sa fierté.

(Et peut-être, peut-être qu'une petite, toute petite partie d'elle était soulagée d'avoir une raison d'être courageuse. Peut-être.)

Résister à la tentation de tout lui dire au téléphone n'avait pas été simple mais Vee était parvenue à se contrôler. Et si elle avait raccroché un peu abruptement, personne ne pouvait en attester — Teddy excepté. Et, certes, il était d'abord le meilleur ami de Mike — un fait qu'elle aurait ardemment désiré pouvoir oublier — mais elle aimait à penser qu'elle le connaissait un peu. Il ne mentionnerait sans doute pas leur coup de fil ni sa fin brusque. Avec un peu de chance, il ne parlerait pas non plus des semaines qu'elle avait passé à l'ignorer. Si l'univers était avec elle, il serait trop préoccupé par la nouvelle qu'elle allait lui annoncer — et le classeur de données qu'elle avait compilé — pour même remettre la nuit qu'ils avaient passé ensemble sur le tapis. Ou pire, pour s'en excuser. Elle était prête à tout entendre, même à ce qu'il refuse de la suivre dans cette aventure terrifiante qui se développait au creux de son ventre. Tout sauf ça. C'était la seule des nombreuses versions de cette conversation à venir qu'elle n'avait pas su préparer mentalement une fois le rendez-vous posé. Le reste ? Le reste, Stevie s'y était préparée. Plus ou moins. Elle avait laissé les dizaines de scénarios que lui avaient proposé son cerveau se jouer encore et encore, profondément terrifiée par certains, curieusement excitée par d'autres, la nervosité et l'impatience tourbillonnant suffisamment fort pour faire taire le reste de ses émotions.

Jusqu'à ce que, finalement, on frappe à la porte.

Poppy se redressa avec un vague grognement, ses oreilles pointues tendues en direction du bruit. Stevie, elle, se recroquevilla instinctivement sur le canapé où elle avait passé la majorité des dernières vingt-quatre heures. Non, non, elle n'était pas prête. Pas prête à suivre les dizaines de scripts savamment préparés dans un coin de sa tête. Pas prête à décrire à voix haute la nouvelle réalité dans laquelle elle se trouvait. Pas prête à adresser la parole à un garçon dont elle avait très certainement suffisamment chamboulé la vie comme ça. Gentil comme il était, Teddy devait probablement se sentir coupable d'avoir cédé à ses avances parce que — Mike. Peut-être aurait-elle dû suivre l'une de ses folles idées du milieu de la nuit et prendre un billet pour le Canada. Ou Guam. Was it expensive to buy a whole new identity? Was there any time left to sneak out by the fire escape?

Le regard de son chien se posa sur elle et Vee laissa échapper un soupir. Non, si séduisante semblait-elle, la fuite n'était pas la bonne solution. Teddy méritait au moins une conversation à peu près honnête. Mieux que ça, le bébé — leur bébé, qu'il en veuille ou non — méritait qu'elle se comporte comme une adulte responsable. Et elle en était capable. Après tout, elle était restée auprès de Mike des mois, des années durant, malgré l'envie de prendre ses jambes à son cou qui lui avait ceint la gorge du début à la fin — surtout à la fin. Non, elle pouvait se lever de ce canapé prêt à les avaler, elle et ses angoisses et sa culpabilité et le reste des émotions ô combien contradictoires qui l'agitait. Fermant un instant les yeux, Stevie carra les épaules et échappa finalement aux coussins pour se traîner jusqu'à sa porte d'entrée. Le cœur battant à tout rompre, elle se pencha un instant pour jeter un coup d'œil à travers le judas. Là, sur le palier, Teddy ressemblait à — Teddy, juste Teddy. Rassurant et solide, Teddy. Teddy qui n'avait strictement pas la moindre idée de ce qui l'attendait. Pauvre garçon.

Un coup de tête de Poppy arracha Stevie à sa contemplation. Pourquoi avait-elle décidé d'adopter un chien déjà ? Ah, oui, la solitude, le silence, le vide autour d'elle qu'elle voulait tant combler sans très bien vouloir l'admettre. Right. Secouant la tête avec un vague sourire, elle attrapa le collier de Poppy pour s'assurer que sa jeune colocataire ne profiterait pas de l'occasion pour s'enfuir dans les étages inférieurs — un sérieux obstacle à la réussite de son plan pour ne pas croiser Dollar Store Lady pour au moins les dix-huit prochaines années. Un tour de clés et finalement, la porte s'ouvrit sur Teddy. Stevie s'éclaircit la gorge, incapable de le regarder tout à fait dans les yeux. Um, p-please, come in, it's just- you've met Poppy, right? She's a sweetheart, just don't let your shoes laying around because- you don't have to take off your shoes, of course. No reason to do that, none, just- would you please come in so we don't give my neighbors a show? Half of them already think I'm a nutjob, lâcha-t-elle très vite en une tentative désespérée pour mettre un terme au raz-de-marée verbal qui menaçait de noyer le peu de courage qu'il lui restait. Pas qu'elle en ait eu beaucoup au départ mais Teddy Edwards était susceptible d'anéantir toute poche de résistance.

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Lun 20 Fév - 14:26
Need a place to hide, but I can't find one near. Wanna feel alive, outside I can't fight my fear. Isn't it lovely, all alone? Heart made of glass, my mind of stone. Tear me to pieces, skin to bone. Hello, welcome home. (creds: gifs @bluejeanbaby, @resovrceful, lyrics @Billy Eilish & Khalid)

[ TW : MENTIONS DE CANCER, DEUIL, DEPRECATION DE SOI ]
Il y a des choses qu'on ne peut pas contrôler. On ne contrôle pas ses sentiments, et on ne contrôle pas ceux des autres. La seule chose qui compte, c'est la manière dont on les approche. Est-ce qu'on décide d'agir suite à ses sentiments ? Et à qui on pense quand on prend cette décision ? On met la priorité sur qui ? Les autres, ou soi-même ?
Il y a longtemps j'ai fait un choix. Celui de creuser un trou. Une profonde fosse pour y jeter toutes les choses, les sentiments, les pensées, les rêves qui me passent par la tête et qui auraient le potentiel de faire du mal aux personnes qui m'entourent. Les rares personnes à qui j'ai confié - ou plutôt, qui ont découvert - ma fâcheuse tendance à ne rien dire, ou faire ce qui pourrait blesser mon entourage m'ont prévenu : ce n'est pas la bonne solution.

Pourtant, j'ai réussi à mener ma vie comme si cette fosse à sentiments n'existait pas. Je pensais leur prouver qu'ils avaient torts. Que je pouvais vivre une vie convenable sans jamais en parler, et que j'allais bien. Tous les matins, je pars au travail, un sourire placardé sur le visage, je fais rire mes collègues, parce que c'est la manière que j'ai trouvé la plus simple pour faire croire que je suis satisfait de ma vie. Je suis le marrant du bureau, celui qui a toujours une histoire à raconter, celui qui sert le café à tout le monde, celui qui se démène pour remonter le moral de chaque personne morose. I'm the happy guy. Le soir, je continue, parce que je monte sur scène et fais rire les gens avec mes tours de magie et mes sketchs, et je me contente d'absorber les rires du public, comme s'ils rechargeaient mes batteries.
Je ne mentionne jamais mon meilleur ami mort prématurément. Je ne mentionne jamais les sessions de chimiothérapie desquelles j'ai été témoin, la sécheresse des lèvres de Mike sur la fin, son regard vitreux quand il me demandait de l'aider à marcher jusqu'aux toilettes parce qu'il ne pouvait pas le faire seul tellement son corps était affaibli par les traitements.

Prononcer son nom me fait mal, me souvenir de l'époque où tout allait bien me fait mal, la peur d'oublier le son de sa voix me terrifie. Et je n'en parle pas.
Avec elle, pas besoin de parler pour qu'elle me comprenne. On n'évoquait pas ce genre de choses, on cherchait juste à se tenir compagnie. Je savais pourtant que je prenais un risque en passant plus de temps avec elle. Aurais-je dû refuser de la voir après la disparition de Mike ? Aurais-je dû la laisser seule ? Impossible.
Impossible pour moi de l'imaginer ruminer, surtout pas après l'avoir prit dans mes bras, en larmes, lorsqu'on nous annonça son décès.
Tenter de l'aider autant que j'ai pu a forcé mon cerveau à creuser encore dans la fosse. Sauf que la fosse, elle n'est pas infinie, et après avoir été remuée autant, elle a finit par déborder. Plus on passait de temps ensemble, moins j'ai été capable d'ignorer. Plus d'un an a passé, jusqu'au jour où j'ai craqué. Je l'ai embrassé, et étrangement, elle ne m'a pas repoussé.

Trois semaines. Trois semaines sans nouvelles, trois semaines sans réponses. J'ai fini par me faire une raison. Elle doit se sentir au moins aussi coupable que moi, aussi honteuse, je suis même persuadé qu'elle me déteste. What kind of guy would sleep with his dead best friend's wife ?  A en juger par le dégoût que je ressens quand je me regarde dans le miroir depuis trois semaines, je m'ose même pas imaginer ce qu'elle se dit quand elle pense à la nuit qu'on a passé ensemble. Quand elle pense à moi. Horrible, disgusting, coward of a loser. That's what I am.
Autant vous dire que lorsque j'ai vu son nom s'afficher sur l'écran de mon téléphone, mon coeur a loupé quelques battements. Je m'étais levé brusquement de ma chaise et avais réussi à faire les cents pas dans mon appartement plus rapidement que jamais, étant donné que l'appel ne dura que très peu de temps. Tout ce que je sais désormais, c'est qu'elle veut me voir. La bonne nouvelle c'est qu'elle veut que je me déplace chez elle, donc j'ai l'avantage de pouvoir sortir si jamais il y a un problème. La mauvaise, c'est que la dernière fois que je me suis rendu chez elle, on a finit sous ses draps, à s'adonner à des activités auxquelles on ne s'adonnait que dans mes rêves alimentés par la fosses à sentiments avant.

Je ne cherche pas à savoir la raison pour laquelle elle veut me voir pour me dire ce qu'elle a à me dire. Je pars du principe que si je ne m'attends à rien, je ne pourrai pas être déçu ni surpris. Alors que je me rends chez elle, des flashbacks parasitent mon cerveau. Son sourire, puis ses lèvres contre les miennes, sa beauté qui s'étend à chaque détail de sa peau, puis nos doigts qui s'entremêlent pendant l'étreinte paradisiaque. Cette nuit-là, je me la suis tellement refaite en boucle dans ma tête que je la connais par coeur. Je me souviens de chaque seconde, tant j'en ai rêvé. J'ai beau tenter de mettre en pause ce film qui ne fait que de se répéter dans ma tête, rien n'y fait. Cela fait de toute façon trois semaines que je ne pense plus qu'à ça. Que je ne pense plus qu'à elle.

Alors que le uber me dépose devant le Rose Building dans le Queens, ce sont d'autres sentiments qui prennent cependant le dessus. Le stress, l'angoisse même, parce que je suis certain qu'elle me déteste, que je la dégoûte, qu'elle va m'annoncer qu'elle ne veut plus jamais entendre parler de moi. La honte, parce qu'elle a peut-être ressenti que cette soirée là était plus importante pour moi qu'une simple nuit de sexe. Aurais-je même murmuré quelque chose pendant l'acte ? Quelques mots auraient pu s'échapper d'entre mes lèvres, me trahissant, sans même que j'y eusse fait attention. Une pointe de désir aussi, l'envie de recommencer, l'envie de tout lui avouer, de lui dire ce que je pense d'elle, de sa douceur, de son sourire, de ses regards, de sa voix. L'envie d'enfin pouvoir dévoiler ce que j'ai toujours ressenti pour elle, et enfoui dans ma fosse.


Mon cerveau et mon coeur ont décidé de me jouer des tours aujourd'hui, parce que j'ai comme l'impression que le sol se dérobe sous mes pieds en même temps que la porte de l'appartement de Vee s'ouvre. Les mains dans les poches, un sourire se dessine sur mon visage quand je la vois, un sourire que je ne contrôle pas, un sourire que je n'ai jamais contrôlé. Elle parle vite, elle est nerveuse, mais je ne tarde pas à entrer comme elle m'invite à le faire. Mon estomac se noud à son commentaire sur les chaussures, parce que la dernière fois que je suis venu, oui, mes chaussures ont bel et bien traîné dans l'appartement, et non, par miracle son chien ne leur avait pas fait de dégât. Parce que je suis gêné, et très peu confortable, les premiers mots qui sortent de ma bouche furent pour parler du petit doberman. Je m'accroupis en face de celle-ci et offre quelques caresses au bébé chien. « Of course I remember Poppy, and I hope you remember me too, little buddy. » Et parce que je ne supporte pas le silence, parce que je ne réfléchis pas avant de parler, je me relève rapidement, et ose plonger mes yeux marrons dans les siens, quitte à m'y perdre et ne plus savoir regarder ailleurs par la suite. « I- I think we can address the elephant in the room right now and I'm-I'm going to start by- » je m'éclaircis la gorge mais enchaîne rapidement, entre elle et moi, c'est à se demander si nos mots font la course avec l'autre. « I'm sorry I-I- » je tente de regarder ailleurs, mais mes yeux sont attirés par les siens comme des aimants, « I shouldn't have kissed you and I shouldn't have let this happen cause you probably feel bad now and I never want you to feel bad or sad, or both so yeah I... I'm sorry. » Je rêve d'être assez courageux pour me contredire, et lui avouer que non, je ne suis pas désolé, que je recommencerais avec plaisir, que je pense à elle constamment, et que ça a commencé bien avant il y a trois semaines. But I'm a coward. « I just hope... I hope you didn't ask me to come here to tell me that you don't want to see me again and that I left my bracelet here or something even though that would make sense cause I lost it and I can't seem to find it anywhere... » Une pause pour prendre un peu d'air, je n'ai pas l'habitude parler aussi vite. Pourtant, au vu du rythme auquel mon coeur bat, il m'est impossible de faire autrement.

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Lun 27 Mar - 15:33
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[ TW : MENTIONS DE CANCER, DEUIL, GROSSESSE SURPRISE ]
Elle avait passé tant de temps à anticiper des scénarios catastrophes, du genre qui sortaient tout droit de ses cauchemars d'enfant les plus terriblement réalistes, qu'elle ne s'était pas vraiment préparée à sa venue, pas tout à fait. Stevie réalisa, en ouvrant la porte pour découvrir le sourire de Teddy, si réconfortant, si chaleureux, si lumineux qu'il en était communicatif, qu'elle ne s'était pas non plus préparée une seule seconde à l'éventualité qu'elle puisse être heureuse de le voir. Parce que ça n'avait pas de sens. Ils étaient unis par le chagrin et le deuil, et cette grossesse dont il n'avait encore pas la moindre idée. Et après un tel développement dans leur situation — à défaut d'un meilleur terme pour qualifier pareil catastrophe — la logique aurait voulu qu'elle panique. Potentiellement qu'elle lui claque la porte au nez et court se rouler en boule dans le coin le plus sombre de son appartement. Mais face à son sourire et à l'aisance avec laquelle il s'agenouilla pour saluer Poppy, Stevie sentit ses épaules s'affaisser, comme libérées d'un poids qu'elle avait bien trop conscience de porter. C'était un peu idiot, un peu naïf aussi, parce que ça ne changeait rien, loin de là. Peut-être que c'était une simple question d'hormones. Puppies and pretty boys were bound to make a pregnant person emotional, right? Right.

Par bonheur, il finit par se relever, visiblement nerveux, et, instinctivement, Vee se crispa. C'était là, le moment où il allait finalement parler de la dernière fois qu'ils s'étaient vus, de ce qu'ils avaient fait et de combien il regrettait. Il allait parler d'erreur et sans doute proposer qu'ils effacent ça de leur mémoire. Mais elle ne pouvait pas. Et quand bien même cet accident — parce qu'il s'agissait bien de ça, un accident, juste un accident, rien qu'un accident — n'aurait pas eu la moindre conséquence, aurait-elle eu envie d'oublier ? Pas sûr et cette indécision, en soi, était terrifiante. Stevie avait toujours su ce qu'elle voulait. Le genre de filles avec des objectifs bien définis, qui se donnait tous les moyens de réussir, quitte à en oublier le reste et quand bien même la vie décidait de lui jouer des tours. C'était exactement ce qui s'était passé avec ses études, avec ses parents, avec le patinage et avec Mike. Certes, elle n'était pas allée au bout de tous ses projets mais elle s'était démenée pour arriver le plus loin. Teddy, en revanche, Teddy n'avait jamais été au programme. Il avait déboulé dans sa vie sans prévenir, une anomalie dans son quotidien de plans quinquennaux et de projets organisés au millimètre près. Il n'était pas à sa place et pourtant, elle continuait de rechercher sa présence. L'éviter pendant trois longues semaines avait creusé un vide dans sa vie presque similaire à l'absence de Mike. Si ça ne la qualifiait pas pour le championnat de la pire épouse de l'année, elle ne savait pas ce qui le ferait.

L'entendre s'excuser effaça instantanément la chaleur que son arrivée avait prodigué. Par réflexe, Stevie recula d'un pas, puis deux, croisant les bras sur sa poitrine en une tentative enfantine de défense. Bien sûr qu'il était désolé, évidemment. Sa seule consolation, c'était qu'il n'avait pas avoué ouvertement qu'il avait eu pitié de la pauvre petite veuve éplorée. Sentant son menton trembler sous l'émotion qui menaçait de déferler, elle se détourna, feignant de ranger les bibelots qui traînaient sur une petite table juste à côté de la porte. Une tactique qui remontait à l'enfance. S'occuper les mains pour ne pas avoir à se perdre dans sa propre tête et se confronter aux vérités terribles que ses circonstances avaient ancrés profondément dans son esprit, le genre qui lui rappelaient qu'elle n'était pas à sa place, qu'on ne voulait pas d'elle, qu'elle n'était pas assez bien pour qu'on veuille d'elle surtout. Évidemment que Teddy était désolé, oui, mais il était trop gentil pour dire le reste. Trop gentil pour lui reprocher de les avoir mis dans cette situation.

And it was fine. Ce n'était pas la première fois qu'elle entendait ce type de discours, faits de platitudes polies qui cachaient une réalité un peu triste. Ce ne serait probablement pas la dernière non plus et si elle réussissait une chose dans sa vie, ce serait de protéger son bébé de ce genre de situations. Elle n'avait peut-être pas prévu cette grossesse mais jamais, jamais, jamais elle ne laisserait son enfant penser qu'iel était un accident ou pire, une erreur regrettable. Quant à Teddy, il faudrait encore qu'elle parvienne à le lui dire.

Masquant son trouble derrière une rapide quinte de toux puis le sourire le plus factice qu'elle était capable de produire, Stevie se retourna pour lui faire face, plus tendue que jamais. It's fine. A lie as old as times. I'm the one who should apologize anyway, I'm pretty sure I tried to climb you like a tree and it's... Son regard glissa momentanément sur la bouche de Teddy avant qu'elle ne se reprenne, les joues écarlates. It's fine, répéta-t-elle avec plus d'entrain que ne l'exigeait la situation, well, maybe it's not but it could be. Fine, that is. Unless you're terribly attached to that bracelet because no, I don't have it. At least, I don't think I do. I haven't— I mean, I've cleaned since, you know, but I haven't seen it. But maybe it fell under the b— you know what, that's not why I called. And maybe, maybe you need to sit. Yeah, you should be sitting for this, come on. Sans réfléchir, elle prit sa manche, Poppy sur ses talons, le guidant jusqu'au minuscule salon qui était devenu son univers tout entier ces derniers jours. Plantée devant le canapé, Vee l'observa un moment, désespérément à la recherche d'un semblant de courage. Fallait-il bousculer toute sa vie à lui aussi, juste parce qu'elle se trouvait dans une situation délicate ? D'un autre côté, elle savait très bien qu'il méritait de savoir. Ce qu'il faisait de cette information, c'était son affaire.

Avec une profonde inspiration, elle recula, se désengageant de la zone d'impact pour faire les cent pas avec une régularité qui aurait rendu fiers ses anciens coachs de patinage avant qu'ils ne fassent un inévitable commentaire sur sa forme et la rigidité de ses épaules. Ok, so, um, I guess there's no right way to say this, even though I've literally rehearsed this. Like, in my head, we've already had this conversation a good fifty times, l'informa-t-elle d'une voix tremblotante, so I should be ready, you know, to tell you but the thing is, now that you're here, it's just... it's real, you know? It's happening and I have no goddamn idea how you gonna react and it's freaking me out, ok? It's freaking me the fuck out. I think it might be worse than when I actually realized it myself, because I'm fine with it. Mostly. I think? But I just— I don't wanna ruin your life, really. I swear, I don't wanna do that, you deserve so much. Elle s'arrêta au milieu de la pièce, consciente qu'elle avait reculé le moment de tout dire aussi longtemps que possible. Un soupir lui échappa, le dernier avec que sa vie, leurs vies à tous les deux ne soient irrémédiablement changées pour de bon. Incapable toutefois de croiser le regard de Teddy, Stevie se concentra sur le sol, captant un point précis du parquet. But you also deserve to know, reprit-elle lentement, son cœur battant si fort qu'elle avait l'impression de le sentir jusque dans sa gorge, I'm pregnant. And yes, before you ask, it's yours. It has to be yours, I mean, you're literally the second man I've slept with in my entire life and I did the maths anyway. Plus, if God exists, I don't think they're very interested in me giving birth to the second coming of Christ or whatever so... yeah.  

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Lun 17 Avr - 16:44
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[ TW : MENTIONS DE CANCER, MENTION TRES RAPIDE D'AVORTEMENT ]
Stevie n'est pas dans son état normal, elle paraît nerveuse. Au moins autant que moi, si ce n'est plus, mais c'est un cercle vicieux, parce que je suis une éponge et j'absorbe son stress, sans même savoir ce qui en est la cause. Est-ce que c'est simplement ma présence, le fait de se retrouver une nouvelle fois seule dans une pièce avec moi qui la gêne autant ? Est-ce que c'est le regret de la nuit qu'on a passé ensemble, ou juste, le regret de m'avoir rappelé ? Comme c'est la jungle dans ma tête, je n'arrive pas à savoir ce qu'il se passe dans la sienne. Pourtant, je n'arrive pas à la lâcher du regard. Comme un aimant attiré vers son complémentaire, mes yeux sont obligatoirement dirigés sur elle, sur son regard fuyant, sur sa bouche envoutante, sur ses petites fossettes qui se forment sur ses joues quand elle parle, ou tente d'esquisser un sourire.
A chaque fois que je cligne des yeux, je m'imagine m'approcher d'elle, l'embrasser à nouveau, enlacer nos doigts une nouvelle fois. Pourtant, je ne bouge pas, à part pour me frotter le visage alors qu'elle s'excuse de mettre "monté dessus comme un arbre", pour cacher la paume d'adam qui joue à l'ascenseur le long de ma gorge alors que je déglutis, parce que je meurs d'envie qu'elle recommence. Et plus je tente de fermer les yeux pour chasser ces pensées parasites de mon imagination, plus je nous revois dans la pièce d'à côté. Mais elle n'a pas l'air d'avoir envie de réitérer l'expérience, alors je tente de faire bonne figure, et je me laisse guider vers le canapé sur lequel je finis par m'asseoir de son conseil.

Elle a beau parler, je ne vois pas où Stevie veut en venir. Les genoux l'un contre l'autre, mes deux mains tenant ma tête au cas où elle décidait de se détacher de mon corps, je l'écoute, j'essaye d'anticiper ses prochaines paroles, mais rien n'y fait. Impossible d'anticiper ce qui suit. Je sens mon regard se transformer, presque comme un regard de détresse alors qu'elle blablate, parce qu'elle tourne autour du pot, et que je la sens se tendre de plus en plus. Mon coeur bat de plus en plus vite, prêt à atteindre son climax, puis il s'arrête. Tout se fige. Les aiguilles de l'horloge devant moi s'arrêtent de tourner, les voitures dans la rue que l'on voit à la fenêtre n'avance plus, le regard de Vee est braqué sur le sol, mon coeur s'est arrêté. Pregnant. L'espace d'une seconde, elle a arrêté le temps avec ses mots. Au début, j'ai l'impression que mon âme quitte mon corps. I'm fine with it, qu'elle a dit. Qu'est-ce que ça veut dire, exactement, I'm fine with it ? Alors que je me lève, instinctivement, sans pouvoir expliquer le pourquoi du comment, et me rassois dans la seconde. Dans ma tête, j'ai l'impression que tout se passe très lentement, que je mets une bonne demie heure à lui répondre, comme si j'avais fumé deux pétards avant de me rendre chez elle, mais en réalité, tout va très vite. Surpris par la nouvelle, sans que je ne puisse plus rien contrôler, ma main gauche se met à trembler, envahi par le stress. « You're... » Je prends une grande inspiration, aussi grande que mes poumons de fumeur de cigarettes me l'autorise, place mes mains dans mes poches et me lève, pour de bon cette fois. Je m'approche d'elle, le visage aussi blême que celui de Ghost Face, m'humidifie les lèvres avec le bout de ma langue, soudainement pleinement conscient de la sécheresse de celle-ci. « So what... what do you want to do ? » Une nouvelle inspiration, puis, je lui tourne le dos, commençant à faire les cents pas dans la pièce. Le temps semble reprendre son cours, alors que je marche, puis je me mets à penser tout haut. « Obviously whatever you decide, I'm gonna be there. » alors que je prononce les quelques mots suivants, je repose mes yeux sur elle, « You're not alone. » Et je reprends mes cents pas dans la pièces, les mains dans les poches de mon pantalon, « I mean I- I- I've always wanted... a family... » Ma voix est hésitante, je n'arrive pas à croire que je prononce ces mots à haute voix. J'aurais toujours pu tenter d'imaginer pourquoi Vee m'avait demandé de la retrouver chez elle aujourd'hui, je n'aurais jamais parié sur ça. « But that's not my decision to make... and I don't want to influence you or anything... I mean... but you said you were fine with it ? What does that mean ? » Un nouveau regard dans sa direction, pour que je sache ce que je dois lui dire, ce que je peux lui dire. Parce que quelque part, j'espère avoir compris le message qu'elle voulait me faire passer. J'ai toujours voulu rencontrer quelqu'un, et un jour, devenir père. Je sais bien que dans la société d'aujourd'hui, ce ne sont pas des choses que l'on doit faire, mais moi, ce schémas là, celui du couple amoureux qui décident de devenir parents, c'est un schémas que j'ai toujours voulu suivre. Alors puisqu'à bientôt trente ans je n'ai pas encore trouvé le partenaire idéal, ou du moins, je n'ai jamais réussi à lui parler de mes sentiments, pourquoi pas tenter l'expérience de la deuxième partie de ce schémas là ? Je pense pouvoir être un bon père, alors un enfant, pourquoi pas ? Surtout s'il s'agit de l'enfant de Stevie.
Désormais planté comme un piquet à l'autre bout du salon, je l'observe, un léger sourire se formant sur mes lèvres. Le reflet de la lueur d'espoir que je n'ose pas montrer plus que ça, au cas où j'ai mal compris. Au cas où elle est sur le point de m'annoncer qu'elle ne veut pas le garder, parce que j'aurais l'air bien con de m'extasier si c'était le cas. Alors, je la regarde et je fournis un effort surhumain pour m'empêcher de la serrer très fort contre moi.

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