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(annley) the beat of our hearts is louder than words

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Jeu 16 Juin - 22:52
Ann n’a pas aussi bien dormi depuis des mois. En vérité, ça fait deux ans qu’elle lutte entre insomnie et hypersomnie sans jamais tout à fait réussir à trouver un équilibre qui lui permette de se sentir un tant soit peu reposée. Elle se régule un peu mieux depuis que quelques projets germent dans son esprit, lui laissant apercevoir un faisceau de lumière au bout du tunnel, mais rien n’était jusqu’alors comparable à cette nuit.

Libérée d’un poids qu’elle n’avait jusqu’à quelques jours plus tôt même pas conscience de transporter, Anneke est bien plus sereine. Et pour cause : Wes n’était pas parti. Wes ne la détestait pas. Au contraire : Wes avait compris et accepté ses excuses, en avait formulé d’autres, et ils s’étaient retrouvés comme jamais encore auparavant. Devoir quitter son nouveau cocon sécuritaire pour aller travailler avait consisté en une véritable épreuve pour la brune qui n’avait probablement jamais été aussi agréable avec qui que ce soit dans le cadre de son travail, collègues évidemment, mais surtout clients. Personne n’avait osé rien lui demander, probablement trop incrédules pour ne pas trouver ça louche, et à vrai dire, ça l’avait bien arrangée. Ça ne regardait personne. Pas encore, pas tant qu’elle pouvait profiter de sa petite bulle sans être dérangée.

Réveillée pour de bon, Ann pourrait se lever discrètement, laisser Wesley dormir, ou simplement somnoler encore un peu en l’attendant. Mais il y a des choses qu’on ne contrôle pas, à commencer par le besoin pressant de vérifier qu’il n’est pas un mirage, qu’il est bel et bien là, à ses côtés. Que la journée de la veille s’était déroulée pour de vrai. Ann s’applique donc à imprimer sous ses doigts, distraitement, délicatement aussi, le moindre centimètre carré de peau de son torse. Se rend aussi coupable d’un soupir de soulagement en réalisant qu’elle n’a pas rêvé. Son petit jeu égoïste ne manque cela dit pas de réveiller Wes, et instantanément, la brune s’en veut. Un peu. Pas suffisamment pour le laisser tranquille, cela dit. « Hi, sorry, I didn’t mean to wake you up. », murmure-t-elle doucement lorsqu’elle réalise sa bêtise, sans interrompre ses caresses pour autant. Il y a cependant autre chose, un léger détail qu’elle avait oublié en rentrant du travail au beau milieu de la nuit, et qu’elle s’empresse de rectifier avant de laisser la distraction l’emporter une nouvelle fois. Ann dépose un baiser furtif sur l’épaule de Wesley, puis approche ses lèvres de son oreille : « Happy birthday… boyfriend. » Référence directe à leurs textos de la veille, some things never change, à commencer par les facilités de communication qu’offrent les sms. Elle lui avait dit la vérité, à savoir qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de réfléchir à comment l’appeler autrement que son ami ou son colocataire. Après tout il l’a été si longtemps qu’il faut rebrancher toutes les connexions de son cerveau pour réussir à modifier ces qualificatifs – ou plutôt, en ajouter d’autres à la liste, car Wes reste bel et bien à ses yeux le meilleur ami qu’elle ait jamais eu, l’un n’empêchant selon elle pas l’autre. Durant les dernières heures de son shift et après cette petite conversation (qui aura eu lieu entre la réserve du bar de la salle de concert et les toilettes du staff, Ann ne se rappelle pas d’un seul autre moment de sa vie passé dix-sept ans et demi où elle s’est ainsi planquée avec un sourire crétin sur les lèvres pour envoyer des textos en se croyant discrète) cependant, elle a tourné et retourné la question dans tous les sens. Conclusion : elle se sent à l’aise avec l’idée. Trouve même cela excessivement mignon, peut-être encore légèrement aveuglée par la grisante nouveauté de cette relation. « Sleep well? »

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Sam 18 Juin - 11:58
Si Wes avait eu un mal fou à s'endormir avant qu'Ann ne rentre du travail, au moment où elle était venue se blottir contre lui, il avait sombré dans un sommeil profond et réparateur. Alors lorsqu'il émergea, il eut l’impression qu’il revenait de très, très loin. Les cheveux en bataille, les paupières encore lourdes, il mit une seconde à se rappeler où il se trouvait et pourquoi cette chambre ne ressemblait pas à la sienne. Ce sont les mains d'Ann sur son torse qui ravivèrent sa mémoire. Wes ignorait tout de ses vies antérieures, mais dans l'une d'elle, il avait dû faire de sacrées bonnes actions pour mériter un réveil aussi paradisiaque. « Hey babe. » Le musicien cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer à la lumière du jour qui inondait la pièce. La voix encore enrouée, il répondit doucement : « Don't say you're sorry, I can see you're absolutely not... It's really nice by the way. » En réponse aux caresses de la jeune femme, il étendit un bras pour l’enrouler autour d’elle.

Embrassant sa clavicule au passage, Wes nicha son nez dans le cou de la brune pour dissimuler son sourire niais. Un effort vain, Ann ayant sans doute déjà grillé son côté romantique. Le fait qu'elle l'appelle boyfriend était un beau cadeau. Avec quelques heures de recul, il s'était rendu compte qu'il lui avait peut-être un peu mis la pression en envoyant ce fameux SMS dans la nuit – “am I your boyfriend ?”. Légèrement honteux, il s’était gardé d’insister. Mais visiblement, Ann avait volontiers adopté le terme. Ça le rendait éminemment heureux. « Thanks. I think this is the best birthday I've ever had. » Il avait encore du mal à y croire. Am I dead ? Is this heaven ? Certes, l'euphorie des premiers jours d'une relation était agréable. Mais Wes avait hâte de franchir cette étape et de s'habituer à leur nouvelle dynamique. En fait, il lui tardait que son sentiment d'irréalité s'évapore. Qu'il n'ait plus ce doute persistant, qu'il soit absolument certain que tout soit vrai. « Si j’avais su que le jour de mes 40 ans ressemblerait à ça, j’aurais eu carrément plus hâte. » Pris par les événements des derniers jours, il en avait presque oublié son anniversaire fatidique, qu’il avait pourtant tellement redouté. Finalement, la quarantaine s'annonçait plutôt bien.

Ann s'enquit de la qualité de son sommeil et Wes jeta un œil au réveil sur la table de nuit. 14h. Ah oui, quand même. À présent un peu mieux réveillé, la voix à nouveau claire, il déclara : « Ça faisait longtemps que j'avais pas fait le tour du cadran. » Et pour cause : la veille, il s’était effondré d’un épuisement tant physique qu’émotionnel. Amusé, un peu narquois, Wes ajouta : « I think I've figured out why your room is so much better than the guest room… » Il mima un air très sérieux pour poursuivre. « It's definitely the mattress. And maybe it has something to do with the girl on it but I'm not sure.» Wes attendit les représailles, un sourire bête collé sur les lèvres, vaguement prêt à se faire jeter du lit pour cet outrage. En plus d’avoir passé une excellente nuit, il s’éveillait avec un sentiment d’apaisement qui s’était fait rare ces dernières années. Oh, sortir avec Ann ne résolvait pas tous ses problèmes, ç’aurait été trop beau. Mais la satisfaction infinie de savoir qu’il allait passer la journée avec elle (et par “avec elle”, il entendait “collé à elle”, du moins si elle le voulait bien) le rendait optimiste. « What about you ? Did I take up too much space  ? You're, like, comfortable in your bed and then suddenly a big guy starts taking up all the space. »

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Lun 20 Juin - 7:29
Plusieurs choses se passent dans la tête d’Ann au moment où Wes émerge de son sommeil. Tout d’abord, la culpabilité toute relative d’en être la responsable. Ensuite, la vague de chaleur qui se déverse dans tout son corps lorsqu’il la salue. Babe. Ce qui la traverse est un mélange bien contradictoire. Plutôt positif, attention. D’ailleurs, un sourire un peu niais se dessine assez rapidement sur son visage. Mais entendre ce surnom de la bouche du musicien fait partie de ces détails étranges auxquels il lui faudra s’habituer. Si pudiques dans leur amitié, Ann n’est même pas certaine d’avoir appelé Wes autrement que par son prénom durant des années, pas le moindre surnom à l’horizon, même stupide. Il y avait toujours eu une certaine distance entre eux, impalpable, qui ne les a jamais empêchés de devenir excessivement proches, mais pas un mot plus haut que l’autre. Pas une esquisse de geste en trop, du moins pas avant longtemps. Ce genre de petite attention est donc à la fois plaisante et déroutante pour Ann qui accueille cependant la nouveauté avec un intérêt tout particulier.

Et à vrai dire, Wes a raison : elle n’est pas vraiment désolée de l’avoir réveillé et il n’est pas dupe. Ça ne sert à rien de tenter de feindre le contraire. Aussi, alors qu’en réponse à son étreinte elle enroule à son tour ses bras autour du musicien, elle avoue tout : « Yeah, maybe you’re right, but it really wasn’t my intention though. » Les doigts d’Ann continuent leur course, dessinant de larges boucles le long du bras de Wes, et elle laisse s’installer quelques secondes de silence durant lesquelles elle l’enlace. Prend conscience de ce qu’elle est en train de vivre et de la chance qu’elle a. Mais lorsqu’il lui fait part de son bonheur ce matin, elle se met soudain à sourire bêtement. « And today’s only getting started. I hope it's all gonna be as good as now, then. Or better. » Puis, l’air de rien, elle glisse : « I like babe, by the way. I wouldn’t have guessed you had a thing for cheesy nicknames but it’s cute, I like it. »

Son petit sarcasme ne manque cependant pas de la faire ricaner. Elle le pousse gentiment en prenant un air faussement outré, puis se relève pour pouvoir le regarder de haut. C’est d’ailleurs sur le même ton très sérieux qu’il a commencé par employer qu’elle répond d’abord : « I’ve thrown men out of my bed for less than that, Takagi, careful. » Enfin, pour cela, il aurait fallu qu’il y en ait eu, des hommes, et ce n’est pas tout à fait le cas. Plus depuis un bon moment, en tout cas, on parle de plusieurs mois. Plusieurs années ? Probablement pas depuis le début de leur coloc, ou alors elle ne s’en souvient pas – ce serait possible, vu son état psychologique jusqu’à il y a encore quelques mois, il y a peut-être quelques détails qui lui sont passés à côté. Elle se garde bien de le préciser, cela dit. Par contre, elle n’est pas capable de garder son sérieux très longtemps et elle finit par ajouter, moqueuse : « You’re lucky I’m in a good mood for some reason, I don’t know why. Lucky too I actually love that stupid grin on your face. You are safe for now. » Et sur ces bonnes paroles, elle dépose un baiser sur ses lèvres et retourne se blottir contre lui, le nez bien enfoui dans son cou. Une cachette plutôt agréable selon ses nouveaux standards.

Lorsqu’il retourne la question de son sommeil, elle commence par plaisanter : « Well, now that you’re mentioning it… » Décidément, Ann est d’excellente humeur ce matin. Elle reprend cela dit rapidement son sérieux : « Yeah, no, I slept like a baby, actually. My five foot two and I have been through worse punishments than sharing a mattress with a hot tall guy to snuggle up with all night, don’t worry about it. » Sur ces airs de boutade, elle ne fait que dire la vérité. Aussi, elle lui offre un sourire sincère, puis change innocemment de sujet : « Any plans for tonight? », demande-t-elle, nonchalante d’abord, mais avec tout de même une petite idée en tête qu’elle s’empresse d’exposer. « I mean, there’s this cool gig at the venue, some punk gals from California with an amazing energy. I’ll probably be selling their t-shirts or serving beers but… I mean, my contract does stipulate I can write up to 5 lucky people a year on the guest list of any show. You could come if you felt like it? » Tout d’un coup, elle réalise qu’elle n’est pas seule sur terre. Evidemment qu’il a probablement prévu de fêter son anniversaire dignement ce soir, pourquoi irait-il se perdre dans une petite salle de concert de Brooklyn pour fêter ça tout seul en attendant qu’elle finisse de bosser ? Elle rembobine donc, sauvant les meubles : « If you weren’t planning on anything else than staying home of course, I mean, don’t cancel a party for that, I’ll be working anyway. » Ca paraît évident, mais elle préfère préciser. Après tout, elle s’est un peu emportée dans sa petite idée. D’ailleurs, pour faire oublier sa maladresse, elle plaque un sourire malicieux sur son visage. « In the meantime, I have three hours ahead of me and a lot of questions, starting with: how does it feel to turn 40? No cramps yet, no stiffness? » Dans l’attente d’une réaction, Ann lève un peu la tête, incapable de contenir son rire moqueur. Vraiment, retrouver cette complicité avec Wes, plus encore en fait, lui fait un bien fou. Elle réalise un tas de choses, à commencer par l’aisance agréable de leurs interactions qu’elle n’a jamais retrouvée chez personne en trente-huit and d’existence, et se voit obliger de chasser la pensée parasite qui vient ensuite – how bad would it have been to let him go for good? – pour se concentrer à nouveau sur le présent. Et sur toutes les belles choses qui semblent se profiler à l’horizon.

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Mar 21 Juin - 23:07
Pendant deux ans, Wes avait réfréné tout élan d'affection. Il s'était interdit les gestes tendres, les surnoms ridicules, les embrassades. Quand Ann et lui se retrouvaient sur le canapé devant un film, il y avait toujours entre eux une distance de sécurité. D'aussi loin qu'il se souvienne, jamais l'un d'eux ne s'était endormi en laissant reposer sa tête sur l'épaule de l'autre. C'était plus simple ainsi : la pudeur évitait les ambiguïtés, et donc les problèmes, dans une amitié parfaitement équilibrée. Aujourd’hui, il comprenait que le fait de consacrer autant d'énergie à garder ses distances aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. On n'a pas besoin de se tenir loin d'une personne lorsqu'il est parfaitement clair que l'on n'éprouve aucune attirance envers elle. Quoiqu'il en soit, maintenant que cette période se trouvait révolue, Wes était très heureux de laisser libre court à son naturel affectueux. Autant dire que le “babe” était sorti tout seul, avant même qu’il aligne les deux premiers neurones de la journée. Il n’en avait même pas honte, aussi niais cela puisse-t-il paraître. Et puisqu’Ann validait le surnom, il n’allait certainement pas se priver d’en user et d’en abuser. Le silence s’installa entre eux, si apaisant que Wes ne chercha pas à le combler. Il en profita seulement pour laisser ses doigts courir dans les cheveux d’Ann, tandis que ceux de la jeune femme parcouraient son bras. Wes avait du mal à voir comment le reste de la journée pourrait bien être encore meilleur que cet instant, mais si Ann l’affirmait, alors il voulait bien la croire. Il était même impatient d’y goûter.

Lorsqu’elle se releva, ce fut pour le toiser, et Wes dû reconnaître que derrière la boutade, ça lui fit un peu (un tout petit, petit peu) d’effet. Difficile pour lui de mimer l’offense, se laisser charrier par Ann étant peut-être l’une des choses qu’il préférait au monde. « Far too kind to spare me, ma’am. » L’évolution de leur relation ne semblait pas avoir entaché leur complicité et Wes en était enchanté. De son avis, il n’y avait rien de plus effrayant qu’une relation de couple prise trop au sérieux. Couple. Il tiqua sur le mot qui venait de se matérialiser dans son esprit. La brune venait de le confirmer en l’appelant “boyfriend” : ils étaient en couple. Wow, voilà qui sonnait solennel. Mais étrangement, ça ne le terrifia pas ; mieux, ça lui plut – c’est sur cette pensée aussi surprenante qu’agréable qu’Ann revint se lover contre lui. Et quand elle lui parla de sa nuit, il ne put s’empêcher de relever : « So you think I'm a hot tall guy, hm ? Not sure I heard you correctly, can you please say it again ? » Wes se rengorgea comme un paon, réellement flatté sous couvert de dérision – on lui pardonnera cet élan de narcissisme.

Très vite, Ann enchaîna. Il devina qu’une idée germait derrière sa tête, ça se lisait sur son visage, mais il la laissa en venir au fait sans intervenir. Et instantanément, la proposition même pas déguisée l’emballa. « I think you overestimate my social life. If you give me the right to discreetly make fun of your customers then I'm in. I swear I won't get you into trouble. » L’idée d’être le +1 d’Ann le satisfaisait énormément. Ça n'était pas la première fois qu’il s’incrustait à une soirée au bras de sa coloc copine. Mais toujours en sa qualité d’ami. Là, l’invitation prenait une dimension nouvelle. Il réfléchit une poignée de secondes avant d’ajouter prudemment : « Am I allowed to kiss you in public or for some reason you prefer not to ? » Parmi les deux réponses possibles, l’une plaisait incontestablement plus à Wes que l’autre. Mais il préférait en parler tout de suite plutôt que de commettre un impair plus tard. Il y avait tout un tas de raisons pour lesquelles Ann pouvait souhaiter rester discrète, après tout il s’agissait de son travail et de ses collègues, pas d’une simple soirée avec des inconnus.

C’aurait été trop beau qu’Ann le laisse s’en sortir sans se moquer de sa toute nouvelle quarantaine. Il grimaça, à moitié vexé. « You're a cruel woman, Van Asten. » Presque aussitôt, un immense sourire d'imbécile s’étala sur son visage. Wes avait une plaisanterie sur le bout de la langue et ça se voyait jusque dans ses yeux qui s’étaient mis à pétiller. « Come on, do you really think we could have done what we did yesterday if I had arthrosis ? » Inutile de préciser de quoi il parlait, Ann le savait pertinemment. Il se garda toutefois de préciser qu'il avait eu besoin d'une nuit de sommeil pour se remettre de l'effort. Puis, sur un ton nettement moins badin, il murmura : « Turning 40 is like a reminder that I really need to get moving. » Loin de lui l’idée de plomber l’ambiance légère de ce début d’après-midi. Il n’avait pas dit ça tristement, loin s’en faut, mais il resserra tout de même ses bras autour de la jeune femme, comme pour s’assurer qu’elle était toujours là. Car elle était la preuve vivante qu’il pouvait lui arriver de jolies choses, à lui aussi. S’il était possible qu’Ann s'intéresse à lui, alors d’autres miracles pouvaient se réaliser. Parmi eux, relancer sa carrière sans subir un flop retentissant.

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Mer 22 Juin - 22:17
Ann lève les yeux au ciel, faussement exaspérée, lorsque Wes lui demande de répéter son compliment. Sans se redresser, toujours lovée dans son cou, elle grogne: « Come on, I’m sure you knew that already. » Qu’il est canon, pas qu’elle le pense, elle n’a probablement jamais verbalisé cette information avant ce matin. C’est le genre de choses qu’elle ne se serait jamais permis de lui dire avant. Les faits sont des faits et il n’y a aucun mal à faire savoir à ses amis qu’on les trouve agréables à regarder, évidemment, mais nous savons tous à présent qu’Ann et Wes n’ont probablement jamais rien eu de deux innocents amis. Et même avant de l’avoir réalisé – il y a plus ou moins trois jours, donc -, elle s’est à coup sûr inconsciemment préservée. Mais pour continuer sur le ton de la boutade, elle plaque un sourire narquois sur son visage et enchaîne : « You’re objectively taller than me. » Ce qui n’est pas bien compliqué, soyons francs. Une étincelle de malice dans les yeux, elle se contente de cette affirmation. Laisse couler quelques secondes durant lesquelles elle s’empêche de pouffer de rire, franchement fière de sa petite vanne. Puis, elle cède finalement : « And hot. Alright, you’re hot. You now have two seconds to brag about it, not one more. » Sinon quoi? Probablement rien. Mais il ne faudrait pas non plus trop lui gonfler l’ego. Ça reste un homme, une petite bête fragile, donc. Aussi adorable soit-il, il n’est pas question de trop brosser Narcisse dans le sens du poil. Et puis, Ann ne serait pas Ann sans une bonne dose de sarcasme.

Lorsqu’elle expose son idée pour le soir-même, elle commence par regretter. Impossible qu’il n’ait pas déjà un plan, avec Elior peut-être, va savoir. Elle se sent bête durant un instant. Mais finalement, Wes la rassure et accepte. Une perspective qui la met en joie. « Great. They won’t let you in at the same time as me but I think public doors open at six. Support act starts at 7.30. And you can make fun of whoever you want, they’re all douchebags anyways. » Elle hausse son épaule libre, désinvolte, puis precise tout de même: « Well, that’s not entirely true, I’m sure some of them are genuinely not all bad. But, you know, you tend to see people from a different perspective when you’re the one offering a service. » Et pour être honnête, elle n’a pas commencé ce travail dans les meilleures conditions. Elle le supporterait probablement beaucoup mieux si elle n’était pas arrivée avec ses gros sabots, persuadée qu’un job non itinérant où on ne lui laissait que peu d’occasions de jouer les techniciennes serait forcément dénué de tout intérêt. Ça n’aide pas à apprécier le contact avec le client, pour sûr. Cependant, elle ne se laisse pas l’occasion de disserter sur le sujet, car Wes arrive avec une question bien plus intéressante sur les lèvres. Un peu hésitante, encore en pleine réflexion sur le sujet, elle commence: « Who I’m dating is none of my colleagues’ business and I wasn’t planning on telling any of them…» Dating, donc. Formuler la chose à voix haute provoque une drôle de réaction chez Anneke pour qui une pièce supplémentaire semble tomber dans son cerveau. She’s dating him. Une pensée qui rend toute cette histoire bien officielle, et qui, par extension, libère une petite dose de stress dans son bas ventre. Un stress impatient, comme celui qu’on ressent avant de revoir un être cher perdu de vue depuis longtemps. Ann pourrait passer une heure à sourire bêtement, les yeux rivés au plafond, à réfléchir à quel point l’idée I’m actually dating Wes la rend hilare et hébétée, mais il y a toujours une question à laquelle elle n’a pas répondu. Et à vrai dire, sans avoir préparé la chose au préalable, Ann se perd dans ses explications, qu’elle aurait voulues claires et concises… « But this is not a secret… is it? We’re not hiding? We could, I mean, if it’s something you’d like, we can keep a low profile for a while… as long as you need, really. But if you’re just worried about me then it’s alright, I don’t want to… Oh, fuck’s sake, cut the crap, Ann. » sans succès. Sa langue claque contre ses dents, un peu exaspérée par elle-même. Décidément, ses facultés de communication ont été mises à l’épreuve ces vingt-quatre dernières heures mais on ne peut pas dire qu’elle ait déjà évolué. « Kiss me anywhere is what I’m trying to say. » Beaucoup mieux. Ça a le mérite d’être direct. « Thanks. », murmure-t-elle cependant, attendrie, dans la foulée. Elle apprécie son côté prévenant. À vrai dire, elle ne devrait pas trouver cela merveilleux, ne devrait pas non plus s’estimer chanceuse, mais personne ne s’était jusqu’alors inquiété de son consentement sur de petits détails tels que les démonstrations d’affection en public comme le fait Wes en ce moment.

Et vraiment, pour cette attention, il aurait mérité qu’elle le laisse tranquille avec ce cap qu’elle soupçonne d’être un peu plus compliqué pour lui qu’il ne le devrait. En rire est cependant, selon elle, un bon moyen de dédramatiser. Et il semble se prendre au jeu… si bien que la brune pouffe d’un rire sonore dont elle ne réussit même pas à dissimuler le côté moqueur. Elle a très bien compris sa petite allusion, mais après lui avoir fait le coup une fois – celui de lui faire avouer un véritable compliment, premier degré, sans aucune autre raison que celle de gonfler son ego -, il est hors de question qu’elle le laisse s’en sortir. « Well, technically, stiffness occurs the next day and you still haven’t tried to get out of bed, so how would I know? Also, you were still only 39 when we did what we did. You might need to prove your point again if you want me to believe it. » Un petit air de défi se loge dans le regard de braise qu’elle lui offre. Cependant, elle met vite fin à ce petit échange, plutôt fière d’elle. Sans attendre, elle se repositionne tout contre lui. « But later, I wouldn’t want to kill you just yet. See? I’m not that cruel. »

Son petit jeu cependant prend vite fin. Les dernières paroles de Wes lui brisent un peu le cœur. Ce sont ses bras qui se resserrent sur elle qui font tout, à vrai dire. Comme pour le rassurer, lui rappeler qu’il n’est pas seul, Ann enroule ses deux bras autour de lui et elle le serre un peu plus fort. Elle soupire discrètement. Qu’il lui en parle est une bonne chose, selon elle. Mais si elle n’est pas dans sa tête, elle n’a que de trop vivaces souvenirs de l’état dans lequel il avait été capable de se mettre lorsqu’il avait été question de recommencer à jouer. « It’s not… I’m not judging you, you know that, right? I never have, and I would never. » Parce que s’il vient à se forcer à se mettre au travail par peur du regard des autres, ça pourrait être contreproductif. Distraitement, les doigts d’Ann se perdent dans les cheveux du musicien. « Do you think you’re ready? How do you feel about that? »

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Dim 26 Juin - 21:12
Wes aurait aimé dire que cette scène de couple paisible, il l'avait déjà rêvée des millions de fois. Mais dans les faits, jamais il ne s'était autorisé le moindre fantasme du genre, jamais il n'avait osé imaginer Ann autrement que comme son inséparable coloc. Et pourtant, ce que vivait Wes était bien plus idyllique que tous les rêves qu'il aurait pu inventer. Une sensation de bien-être amplifiée par les compliments d'Ann, qui pansaient un ego très largement maltraité ces deux dernières années. Ces compliments, il avait beau les avoir réclamés, ils le firent tout de même un peu rougir. Aussi préféra-t-il les accueillir en ricanant, comme à leur habitude à tous les deux. « No, I'm not going to show off, ‘cause I may be hot, but I'm also a very, very humble guy. »

De l'invitation que Wes s'était hâté d'accepter, la conversation dériva sur le travail de la jeune femme. La façon dont elle en parlait, cette espèce de lassitude dans ses mots, cette exaspération dans ses yeux, tout ça titilla le brun. Ça n'était pas la première fois qu'il le remarquait, mais de peur de se mêler de ce qui ne le regardait pas, il s'était toujours plus ou moins gardé de commenter. Sauf qu'entre eux beaucoup de choses avaient changées et qu'aujourd'hui, il se sentait un peu plus autorisé à émettre un avis – à tort peut-être. « When you talk about your job, I feel like you hate it, and it's frustrating, because I know for a fact that you can do pretty much anything you want. » Il aurait tellement préféré la savoir épanouie dans son environnement de travail, sans qu'elle ne rentre le soir en ayant un stock d'histoires de clients imbuvables, pour ne pas dire insultants. « I know you think I'm saying this because I have a little crush on you, but it's not just that, you deserve to do something fulfilling, something that doesn't involve dealing with jerks. Something that doesn't bore you or make you sad. » Le brun se mordilla la lèvre inférieure, persuadé qu'il venait d'enfoncer une porte ouverte et qu'Ann allait gentiment le rabrouer.

Wes n'imaginait pas que la question qu'il posa ensuite prendrait une telle ampleur. Les explications dans lesquelles s'engagea Ann s'empêtrèrent. Impuissant, Wes la regarda se dépatouiller difficilement avec sa réponse. Il n'avait pas voulu la prendre au dépourvu, alors quand elle eut un léger mouvement d'humeur, il s'empressa de réagir : « Hey, everything's fine, don't... Don't beat yourself up like that. » Finalement, la réponse de la jeune femme se situa au-delà de ses espérances. Son sourire s'élargit. « And I really, really don't want us to hide. » Il se garda de le lui dire, un peu honteux d'être aussi heureux, mais si ça ne tenait qu'à lui, tout le quartier serait déjà au courant. Voire tout NYC. De fait, il eut toutes les peines du monde à camoufler son air de contentement lorsqu'elle se mit à le taquiner sur son grand âge, impitoyable. Pour la forme, il leva les yeux au ciel et adopta une moue vaguement vexée. Jusqu'à ce qu'elle évoque what they did the day before. Le regard qu'Ann lui lança lui coupa littéralement le souffle. Son cœur loupa un battement et il mit quelques secondes à se reconnecter à la discussion, complètement déphasé. Oh wow, il fallait qu’elle se calme avec ce genre de facéties, ou il risquait réellement un arrêt cardiaque. « Not that cruel ? You almost killed me with your look, jeez Ann, be careful with the old man. » Décidant que cette tentative d'homicide ne pouvait pas rester impunie, il afficha son plus bel air innocent. « When you said "kiss me anywhere" did you mean something like this ? » Joignant le geste à la parole, il se pencha sur son visage. Doucement, il fit glisser sa main dans le cou de la jeune femme, avant de déposer un long, très long baiser sur ses lèvres. Et puis il s’écarta, comme si de rien n’était, même pas capable de dissimuler son sourire de petit merdeux, définitivement fier de sa vengeance. Il n’y avait pas qu’Ann qui pouvait user impunément de son pouvoir de séduction.

Mais le rôle de séducteur n’étant pas fait pour lui, il en abandonna très vite l’attitude, pour mieux retrouver le bon vieux Wes plein de doutes et d’insécurités, celui qui aimait la sécurité nouvelle des bras de sa copine. Il savait déjà qu'elle ne le jugeait pas, mais se l'entendre dire lui fit du bien. « I know you don’t, Ann. » Elle ne le considérait pas comme un feignant dont le seul problème était un énorme poil dans la main. Elle comprenait. Ou peut-être qu'elle ne comprenait pas entièrement, mais au moins elle écoutait et il était reconnaissant de sa patience. Le musicien resta quelques secondes silencieux, le temps de réfléchir à sa réponse. Puis, prudemment, il se lança : « I want to get back into it. I want it, like, so bad… But I'm so scared. I miss writing songs, I miss being on stage, but I don't know if I can handle a career alone, I've never done that. What if I couldn't do it ? What if it doesn't work ? What would I do ? I don't know how to do anything else but music. » Wes caressa distraitement la joue d'Ann, le regard dans le vide, avant de poursuivre : « I know it's a silly thought, but if I don't do anything, at least I'm sure I won't fail, you know ? » Il cligna des yeux, posa à nouveau son regard sur la jeune femme et lui adressa un sourire rassurant. Malgré tous ces questionnements qui le taraudaient, il se portait bien et c'était en grande partie grâce à elle. Il ne voulait pas lui inspirer de la peine, parce que ça n'avait pas lieu d'être, alors il clarifia : « I don't think I need a pep talk, this is not about motivation. Not anymore. I just need you to tell me that being afraid isn't ridiculous. »

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Mar 28 Juin - 19:37
Depuis qu’elle avait commencé à travailler dans cette salle de concert, Ann n’avait été capable de rien d’autre que de s’en plaindre. Et à vrai dire, peut-être qu’elle a toujours aimé exagérer un peu, rapport aux longs debriefings qu’elle offrait à Wes de temps à autres et aux fous rires qui s’ensuivaient parfois. Peut-être également que trouver l’excuse d’un job qui nous déplaît aide à semer le doute sur le véritable nœud du problème – en l’occurrence, sa santé mentale plus que mise à l’épreuve pour d’autres raisons. Ajoutez à cela quelques véritables incidents – beaucoup, à vrai dire - et une bonne dose de nostalgie et de frustration, ça vous donne la réaction et les inquiétudes compréhensibles de Wes au sujet d’Ann et de son job qu’elle semble pourrir à tours de bras.  « No, it’s okay. I’m okay, really. I’ve been doing so much better for a while now, haven’t I? », commence-t-elle à la hâte dans le but de le rassurer. Elle apprécie son intervention, cependant. Les compliments qu’il lui offre sont agréables à entendre, et Ann lui est reconnaissante de l’attention qu’il porte à son bien-être. Elle se permet donc de préciser la situation : « It's just… Half our technicians have no idea what they’re doing but somehow I’m the one selling freaking t-shirts and it's driving me crazy. » Soudain, réalisant le mépris dont elle semble encore faire preuve, elle s’empresse de faire machine arrière. « I’m not saying I’m better than anyone, I’m not, but… dealing with customers is just not my shit. Honestly, I miss my old job, that's all. » Encore une phrase qu’elle aurait mieux fait de ne pas dire, rapport au fait que l’homme avec qui elle partage son lit en ce moment même l’a techniquement virée malgré qu’elle ne lui en veuille pas le moins du monde. Alors, pour noyer le poisson de ses maladresses, Ann se réfugie à nouveau dans le sarcasme : « Also, men are a nightmare and I hate them, but, you know, nothing I can do about it. I’ll stick to death stares until I find a solution that doesn’t involve life without parole. » Dire qu’elle n’est qu’à moitié ironique en prononçant ces mots serait un euphémisme. La brune gomme rapidement le rictus satisfait de son visage, mais n’en pense cela dit pas moins. Et à vrai dire, il y a bien une solution potentielle à son problème, une solution qui germe doucement dans son esprit depuis des mois, creusant son petit chemin jusqu’à être, aujourd’hui, presque aboutie. De là à en parler… Peut-être tout à l’heure. Plus tard. Un autre jour. On verra.

De toute façon, Ann n’en est pas là, trop occupée à se dépatouiller avec ses propres mots, résultant en un agacement visible. Elle est cependant bien vite rassurée et la pression redescend aussi rapidement. « Good. ‘Cause me neither. », conclut-elle d’un hochement de tête. En voilà une bonne nouvelle. A dire vrai, Ann déborde de tant d’excitation face à cette relation naissante, ou plutôt à cette évolution de relation, que la simple idée de se balader à son bras suffit à lui arracher un grand sourire niais. Elle se planque donc à nouveau derrière le second degré, mais cette fois-ci, elle se retrouve attrapée à son propre jeu. Lorsque Wesley se penche sur elle, avec son petit sourire en coin et son air séducteur, la brune est parcourue d’un long frisson qui la paralyserait presque. Elle lui rend son baiser avec intensité, ses deux bras enroulés autour de son cou, oubliant un instant ce qui l’a menée à vivre cet instant précis. « This is a very inappropriate way of kissing anyone in their workplace, please do it more. » murmure-t-elle contre ses lèvres quand il s’écarte enfin, un peu essoufflée et ne cherchant pas tout à fait à cacher son trouble. Wes ne l’entend cependant pas de cette oreille et se sauve, visiblement fier de sa petite vengeance personnelle. A ce petit jeu ridicule, Ann ne rechigne pas à lui concéder la victoire - après tout, elle a toutes les peines du monde à calmer son cœur qui bat la chamade. Elle aurait bien du mal à surenchérir, mais elle se rappelle intérieurement de lui faire payer son audace plus tard. Faussement vexée, elle marmonne donc : « Right, fair enough. Now get that stupid smirk out of your face, old man, or I might not be able to keep sparing your poor muscles for long. »

La petite rigolade cependant ne dure pas. Ann écoute avec attention, ses doigts toujours entortillés dans les cheveux de Wes, les inquiétudes de ce dernier. Elle se retient à plusieurs reprises d’intervenir, préférant attendre d’être certaine qu’il ait déchargé ce qu’il a sur le cœur avant de le rassurer, mais ne manque pas de soutenir son regard et d’opiner du chef. Lorsqu’il est clair qu’il a terminé, qu’il a énoncé ce dont il a besoin, Ann se relève doucement. « Okay, come here, look at me. » Elle s’installe en tailleur sur le lit, l’invitant de deux mains tendues à l’imiter. Être tout contre lui est une sensation apaisante, grisante, mais la brune veut pouvoir le regarder dans les yeux. Être sûre de passer le message. « It’s okay to be scared. You’re not being silly; you’re not being ridiculous. And I mean it - you are allowed to feel terrified. Anybody would. » Une de ses mains se loge sur la joue de Wes qu’elle caresse avec douceur. Ann lui offre un sourire tendre qu’elle espère suffisant pour témoigner de sa sincérité, mais juste pour être certaine, elle continue : « That being said - I know, no pep talk, I’ll keep it short -… you’re one of the brightest musicians I know. You made it look so easy to go up on stage, to write good music with an actual impact. Damn, Wes, there’s no way you can’t bring that back in your music today, you’re freaking talented! And I’m not saying that because of my obvious feelings for you. » A dire vrai, elle admirait déjà son travail lorsqu’elle a commencé à travailler pour son groupe il y a des années, avant même qu’ils ne deviennent amis, ne parlons donc même pas du genre de sentiments qu’elle ressent aujourd’hui. Ce qu’elle pense des talents de Wes n’a donc rien de bien neuf, au contraire. De là à lui avouer de but en blanc, autant vous dire que ça n’arrivera pas de sitôt. D’autant que ça n’a rien d’un scoop : on ne postule pas dans des boîtes qui nous déplaisent, après tout. Et quand on bosse pour des groupes de musique, c’est pareil. Du moins selon la conception d’Ann, qui reporte son attention sur les grands yeux distraits du musicien. « You’ll get there. And of course, it might be hard, maybe it won’t even work out the way you’d want it to right away. But I believe in you. And whatever the outcome, remember this is a safe space. You will always find support here. » Elle lui adresse un sourire réconfortant. Sa main glisse à la recherche de celle de Wes qu’elle serre doucement dans la sienne, comme pour sceller la promesse qu’elle vient de verbaliser.

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Lun 11 Juil - 22:27
Le front plissé du musicien se détendit au fur et à mesure des explications d’Ann. Quand elle lui demanda de confirmer qu’elle se portait mieux, il acquiesça vivement. C’était évident : depuis quelque temps, elle rayonnait à nouveau. Certes, la veille, Ann avait affirmé que son colocataire y était pour quelque chose dans sa reconstruction, mais Wes ne se leurrait pas. Son progrès, sa guérison, elle ne les devait qu’à elle-même, tout juste avait-il donné un petit coup de pouce, et encore, de façon parfaitement inconsciente. Allongé sur le dos, la joue d’Ann au creux de son épaule, il se mit à sourire au plafond. Pris d’un élan d’honnêteté, il murmura : « You're strong. Sometimes I wish I was as strong as you. » Il ne lui en fallait pas plus pour le rassurer : si Ann assurait que son job lui convenait en dépit de ses inconvénients, alors il la croyait. Il n'insisterait pas davantage. « Only you know what's good for yourself, babe. » Il se délecta une seconde du surnom qui venait de sortir naturellement de sa bouche. Mais la seconde suivante, Ann mentionna son ancien boulot de roadie et il subit un léger coup au cœur. Après des mois de rancœur et de regrets, il était aujourd’hui très satisfait de l’ordre dans lequel les choses s’étaient déroulées. Et pour cause : il ne se serait jamais retrouvé dans les draps d’Ann si son groupe n’avait pas explosé. Mais en entendant la nostalgie dans la voix de sa copine, son propre égoïsme le frappa. « I know you miss it. I'm so sorry, Ann. If the opportunity ever arises, and if you want it of course, we'll go together, there's no technician I trust more than you anyway. » Maintenant qu’il en parlait, il réalisait qu’à aucun moment il n’avait imaginé un semblant de carrière sans la présence d’Anneke.

Heureusement, la jeune femme ne paraissait pas lui en vouloir, pour preuve elle lança une plaisanterie sur laquelle Wes s’empressa de rebondir. Sur un ton faussement désinvolte, il renifla : « Please don't go to jail, that would be disappointing. » Non, vraiment, il se voyait assez mal aller visiter sa petite amie au parloir, merci bien. Pas après lui avoir (inconsciemment) couru après durant deux longues années. Un rire gentiment moqueur le secoua. « If you go to jail, I warn you, I'll move in with your favorite neighbor. She loves me and she's not afraid of my Japanese side at all. We'd make great roommates. » S’il ne parvenait pas à rendre Ann jalouse en évoquant leur voisine aigrie et ouvertement raciste, alors Wes ne comprenait définitivement plus rien aux femmes. La plaisanterie innocente dériva cependant vers une tentative de séduction à peine dissimulée, ce qui fut loin de déplaire au grand brun. Il aimait le fait que leur complicité, auparavant très prude, se teinte aujourd'hui d’un soupçon de drague, pour ne pas dire d’un gringue parfaitement assumé. Mais Wes oubliait un peu vite qu’il ne possédait que très peu de volonté. Ce baiser, qu’il avait initié avec la vague intention de se venger, le troubla autant qu’Ann. D’ailleurs, il ne songea pas une seconde à s’en cacher. « I'm stupid because I wanted to trick you but now I'm the one who's confused. Well played, Wes, you're an old and weak man... » Il se laissa retomber à côté d’elle, résigné, avant de conclure : « Very, very weak around you. »

Durant leur colocation, Wes avait confié bon nombre de ses états d’âme à sa colocataire. Mais ce qu’il lui révéla aujourd’hui, cette peur latente, il s’était jusqu'ici bien gardé de lui en faire part, par honte sans doute. Et à cause de cette même honte, il tenta de plaisanter : « Sorry Ann, I act like you’re my shrink... Honestly, I wish you could replace my shrink, you're way hotter than him. » Mais Anneke ne semblait pas disposée à le laisser s’en tirer aussi facilement. Elle lui intima de lui faire face, quittant l’étreinte confortable qu’ils partageaient. Réfrénant un grognement, Wes obéit. Il se redressa pour s'installer sagement face à elle, puis écouta attentivement ce qu'elle tenait à lui dire. Encore une fois, Ann visa juste, très juste. En deux ans de vie commune, elle avait totalement décrypté son fonctionnement et pour Wes, se sentir compris n’avait pas de prix. You will always find support here. La formule lui procura un puissant sentiment de réconfort, comparable à celui que l’on ressent en enfilant une combi en pilou-pilou un soir d’hiver. « It is crucial for me to know that you are by my side. I mean... I don't want to put pressure on you, you're not responsible for me, I'm a big boy and I can take care of myself but… I like to know that you have my back. I swear to god I'm gonna make you proud. » Il baissa les yeux sur leurs doigts entrelacés. Le souvenir de leur dispute se faufila dans son esprit, sournois et douloureux. Au risque de briser la douceur de l’instant, il éprouva le besoin d'extérioriser cette pointe de colère envers lui-même : « When I think I was stupid enough to risk losing you, damn, what a moron I am ! »

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Jeu 14 Juil - 20:17
Tandis qu’Ann explique son point de vue, dans une tentative désespérée de rassurer Wes comme elle le peut, elle se colle un peu plus contre lui. Lovée dans le creux de son cou, elle s’affaire à raconter à quel point sa situation pourrait être pire qu’elle ne l’est et elle s’en convainc assez parfaitement aussi. Parce qu’à vrai dire, il y a un tas de raisons pour lesquelles elle aurait pu démissionner, et un tas d’autres pour lesquelles elle a décidé de rester. Aussi, elle accueille les commentaires du musicien sans broncher, continuant son laïus le sourire aux lèvres – car quoi de mieux que les compliments d’un être tel que Wes pour commencer la journée, je vous le demande. Sa validation lui fait un bien fou. Le cœur de la brune se serre cependant lorsqu’elle réalise son indélicatesse. La dernière chose qu’elle souhaite sont les excuses qu’il lui offre malgré tout. Incapable de réagir, prise d’une légère panique du malaise qu’elle pourrait avoir instauré entre eux, elle se contente de le serrer un peu plus fort contre elle, quelques secondes à peine. Et pour toute réponse verbale, elle détourne l’attention avec un sarcasme. Une manière comme une autre d’échapper à la communication efficace. Encore. Dix points de moins pour Gryffondor.

Par chance, Wes mord à l’hameçon. Et lorsqu’il la menace sur le ton de la plaisanterie, Anneke prend un air faussement choqué. Elle s’écarte même un peu de lui pour accentuer l’effet. « Come on, not with that old bat, ew, Wes! Now I have to stay out of trouble, thank you very much! » De toutes les menaces, il avait décidé de partir sur leur horrible voisine, celle qui lui tape sur les nerfs depuis près de trente ans. Feindre le dégoût n’est donc pas une tâche bien compliquée. Car même si elle le sait tout à fait ironique, l’idée même de Wesley prenant l’apéro avec cette vieille bique suffit à lui arracher une grimace. Pas pour longtemps, cela dit, car c’est contre elle que la plaisanterie finit par se retourner. Un peu essoufflée, elle ne cherche pas à se cacher. Après tout, elle consent tout à fait à ce genre de pièges de la part du musicien, loin d’elle l’idée de s’en plaindre – sinon juste pour la forme. Sa confidence lui arrache un sourire tendre, cela dit. « That’s good to know, I guess we’re even then. », elle avoue dans un soupir paisible. Doucement, elle se retourne et se hisse sur son coude pour le surplomber un peu. Sa main libre se perd dans les cheveux de Wesley tandis qu’elle détaille les traits de son visage, encore incrédule à l’idée même de lui plaire à lui. Son sourire s’élargit. « You’re not old at 40, by the way, I was just messing with you. And even if you were, those baby wrinkles around your eyes when you smile? I’m here for them. You look amazing. » Aussi vite cependant, elle réalise ce qu’elle vient de dire et bredouille: « It was supposed to be a compliment, please tell me I didn’t screw up again. »

Que Wes tente de détourner l’attention n’atteint pas Ann, bien déterminée à lui donner ce qu’il a demandé, à savoir : sa validation. Ou plutôt l’assurance qu’il n’est pas différent de n’importe qui d’autre. Elle ignore donc sa petite boutade d’un roulement d’yeux qui veut tout dire, sans même prendre la peine de lui répondre, et elle se lance dans un discours d’une honnêteté pure. I’m gonna make you proud, finit-il par lui répondre, et la brune secoue la tête. « I’ll be there every step of the way if you need me. You know, I’ll be cheering in the distance with my arms and ears wide open. I’d even kick some butts if you asked me to, yours or anyone’s, gotta do what you gotta do. » Anneke rit de sa petite blague destinée à détendre un peu l’atmosphère. Elle ne peut pas prétendre avoir conscience des difficultés auxquelles il fait face, mais elle peut au moins essayer de compatir. Et de lui faire comprendre que tout va bien. Qu’il n’est pas en danger avec elle, du moins, jamais. Son sourire cela dit se fane légèrement pour retrouver un air sérieux. « But no, seriously Wes, my opinion on your work doesn’t matter. Make yourself proud, that’s the only promise I need. You deserve all the happiness in the world, and I'll definitely be there to share it with you. But you should only be listening to yourself. » Elle se garde bien de lui dire, mais elle serait fière de n’importe quoi venant de lui, de toute façon. La barre est très basse, non pas parce qu’elle ne croit pas en lui, au contraire, mais parce que quoi qu’il fasse, du moment qu’il semble en être satisfait, Ann appréciera comme toujours, et endossera avec plaisir le maillot de première fan. Et même si les choses venaient à tourner différemment du plan initial, elle le soutiendrait quoi qu’il arrive, parce qu’elle n’a jamais imaginé que ça se passe autrement. L’évolution de leur relation ne fait que la conforter dans cette idée, l’aidant à réaliser qu’à vrai dire, Wes est présent depuis longtemps, d’une manière ou d’une autre, dans ce qu’elle s’imagine parfois être son futur.

Il y a cela dit un autre point à éclaircir, une autre insécurité qui la fait froncer des sourcils. Incapable de laisser l’une des personnes qu’elle estime le plus au monde se traiter d’imbécile sans réagir, la brune réplique : « And about what happened these last days… don’t beat yourself up, I’m responsible too. We should have talked right away, the both of us. I should have talked to you, actually. » C’est à son tour de poser le regard sur leurs doigts entrelacés. Elle resserre un peu son étreinte, consciente d’avoir été à l’origine de toute cette histoire. Si elle n’avait pas cédé à de faux prétextes, peut-être que la situation n’aurait pas dégénéré. Car après tout, il la connait, il est au courant de sa nature angoissée, et il est suffisamment intelligent pour être capable de ne pas tirer de conclusions hâtives. Il est évident qu’ils auraient pu faire un effort tous les deux, Wes a sa part de culpabilité dans cette histoire au même titre qu’elle, mais elle reconnaît volontiers être l’élément déclencheur de toute cette situation délicate. Du pouce, elle caresse le dos de la main du musicien, un geste qui se veut aussi réconfortant pour elle que pour lui, à vrai dire. « It’s, ehm, it’s difficult. To talk. For me, I mean. But I thought I’d lost you once and it was bad enough, so I’ll make sure it doesn’t happen again. Promise. » Les mots difficiles prononcés, Ann relève finalement le regard, sans pour autant lui lâcher la main.

Et puisqu’il faut illustrer ses propos, la brune revient un peu en arrière dans la conversation, pour éclaircir ce qui semble être un détail. Elle n’a cependant pas encore tous les codes, et dans sa tête à présent, pour éviter de se retrouver à nouveau dans la situation de ces derniers jours, il vaut mieux en dire trop que laisser planer un doute. « I’m sorry, by the way. For bringing up, you know, missing the road earlier. I tend to forget you used to be my boss. » Especially when said ex-boss is sitting half-naked in her bed. Une situation qui n’aurait jamais eu lieu d’être si les choses ne s’étaient pas déroulées exactement comme elles s’étaient déroulées, ce qui la conforte aujourd’hui dans l’idée que rien n’arrive sans raison. Et que, peut-être, cette épreuve douloureuse avait été nécessaire à la construction d’un bonheur futur, aussi fleur bleue soit cette pensée qu’elle ne se serait jamais imaginé avoir un jour. « And I wasn’t blaming you, I never did. There’s nothing I’d like more than going back out there with you if the time comes, though, but in the meantime, you don’t have to worry about me. I’m surrounded by music, that’s everything I wanted when I came back. And I couldn’t quit my job anyway, part of the fun is coming home to, well, to you, and laughing about it. » Elle avait visiblement à la bouche bien plus d’anecdotes négatives à partager que de découvertes musicales intéressantes jusqu’à présent – et surtout au pic de sa déprime. Une manière certainement de trouver une excuse valable à ce moral à zéro qu’elle ne pouvait plus dissimuler efficacement devant son colocataire depuis bien longtemps. Une façon de décharger aussi, parce qu’il faut bien le dire, certains soirs lui avaient véritablement donné envie de rendre son tablier. Malgré tout, la perspective de retrouver son appartement après huit heures de boulot avait toujours fait partie de ces petits plaisirs réconfortants, de ceux qui adoucissent une journée morose. Mais bien plus que quatre simples murs, c’est la présence de Wes qu’elle avait cherché tout ce temps sans se l’avouer.

Après avoir laissé couler quelques secondes d’un silence agréable, profitant simplement de la présence rassurante de son petit ami – quel qualificatif étrange, Anneke a l’impression de revenir à l’adolescence en y repensant – à ses côtés, calant sa respiration sur la sienne, elle lui adresse un regard interrogateur. « Can I tell you about something? Nothing major, really, it’s just… I’d like an honest opinion. » Car s’il a osé s’ouvrir à elle sur ses plans et insécurités, elle se sent à présent suffisamment légitime pour parler des siennes. Quitte à avoir l’air ridicule. Elle n’a parlé de cette idée de podcast qu’à très peu de monde, d’ailleurs, et Wes s’apprête à faire partie d’un club de confidents qui se compte sur les doigts d’une seule main.

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Jeu 28 Juil - 23:08
Si Anneke commençait à le connaître mieux que n’importe qui, Wes savait aussi décrypter la communication non-verbale de la brune. Alors quand ses bras se crispèrent autour de lui, il devina qu’Ann regrettait les mots qu’elle venait de prononcer. Ça n’était pas bien dramatique, pourtant. Elle avait simplement formulé quelque chose qu’il savait déjà, son boulot de roadie lui manquait, il aurait vraiment fallu qu’il soit aveugle pour ne pas le comprendre. Pour apaiser la micro-panique qu’il sentait naître chez elle, il se mit à caresser doucement son dos, ses doigts décrivant des cercles à un rythme régulier, comme pour dire : tout va bien, je ne suis ni fâché, ni vexé. Il aurait tout le temps de s’en faire des nœuds au cerveau plus tard, pour l’heure il n’était pas encore redescendu de son petit nuage. Car aussi cliché cela puisse-t-il paraître, il se sentait à sa place, blotti contre cette femme qu’il adorait et dont la présence ne semblait jamais pouvoir le lasser. Wes se surprenait même à ne pas se poser trop de questions, lui le grand champion de l’overthinking. Bien sûr, fréquenter Ann de cette manière constituait un changement majeur dans sa vie, mais en même temps, matériellement parlant, rien n’était destiné à bouger. La seule nouveauté résidait dans le fait qu’il n’aurait plus jamais à réprimer son affection envers elle. Il se réjouissait d’avance de tous les petits gestes de tendresse auxquels il allait pouvoir laisser libre court. Et ça commençait par ces formes géométriques que son index formait aléatoirement sur la peau d’Ann.

Quelques chamailleries plus tard, elle se redressa pour le surplomber. Il replia le bras qui entourait la jeune femme pour le glisser derrière sa propre tête. Ainsi installé, il accueillit ses compliments, presque gêné, et sourcilla à peine à l’évocation de ses rides – ses fameuses rides. « They used to be one of my complexes, but now that you've told me you love them, I guess they’re not a complex anymore. So I think I kind of liked your compliment, breathe, you didn’t screw up. » L’espace d’une seconde, Wes se dit qu’il devait avoir l’air fin, à la regarder avec de grands yeux énamourés. En à peine une journée et une nuit, il avait basculé du côté de ces couples ridicules dont Ann et lui aimaient se payer gentiment la tête. Car on parlait bien d’Ann, là, la même personne qui ricanait devant la fin de Flashdance (à l’occasion il faudrait qu’il lui en touche un mot, le sujet était grave, on ne se moquait pas impunément de Jennifer Beals devant Wes). Et puis l’instant d’après, il décida que son côté niais faisait partie du package et qu’Ann allait devoir se coltiner ses regards transis, tant pis pour elle, tant pis pour sa réputation de mec détaché.

Wes commençait sérieusement à soupçonner Ann d’avoir reçu un mémo intitulé “how to seduce your depressed-musician-roommate”, étant donné la justesse de chacun de ses mots et la résonance qu'ils provoquaient dans son esprit. S’il laissa échapper un sourire en imaginant sa copine dans le rôle de sa garde rapprochée (l’idée lui plaisait peut-être plus qu’elle n’aurait dû), il écouta solennellement le reste du discours, prenant soin d’en absorber chaque phrase. Mais quand vint son tour de prendre la parole, il se trouva bêtement démuni. Ann consacrait beaucoup d’énergie à le rassurer, à lui réaffirmer régulièrement sa validation, si bien qu’il ne savait même pas comment lui fournir des remerciements à la hauteur. « I… I don’t even know what to say, no one ever said that to me. I'm feeling confident when we’re together. You’re here, you’re right here, and I think that's all I need to move forward. » Et puisqu’ils en étaient au chapitre des sujets sérieux, autant reparler de ce drame qu’ils avaient évité de peu, celui qui avait failli leur coûter leur relation. Wes s’était montré incapable de réagir avec la maturité dont devrait être doté un adulte de 40 ans. Il se savait en grande partie responsable de ce qu’il s’était passé. Cette culpabilité, il la lut dans le regard qu’Ann releva vers lui, comme un miroir de son propre ressenti. « You’re right, it is hard to talk, I know that better than anyone. But now that we have clarified the unspoken things between us, I hope it will be easier. I'm going to make an effort. That's a promise too. » Et justement, quoi de mieux que d’appliquer immédiatement cette belle promesse ? Car il y avait un épisode sur lequel il souhaitait revenir, un épisode loin de faire apparaître le brun sous son meilleur jour. Ses joues rosirent ostensiblement et il pria pour que ça ne soit pas trop visible. « I just want to... Talk about my fit of jealousy again. I'm so fucking ashamed of myself. Please, never worry about making me jealous or not, I trust you. I fundamentally trust you. The rest is just insecurities and that's my problem, not yours. » Leur relation ne serait pas affectée par un sentiment aussi toxique que jalousie, il pouvait lui en faire le serment.

Ann manifesta à son tour l’envie de clarifier quelque chose qui la tracassait. Wes serra sa main dans la sienne. Il devinait sans mal que depuis tout à l’heure, la peur d’avoir fait une bourde tournait en boucle dans un coin de la tête de sa copine. « You don't have to apologize, babe. » Il lui sourit tendrement. Puis, comme ils en avaient désormais l’habitude, il opta pour la plaisanterie, signifiant ainsi qu’il ne cultivait aucune rancœur. Il s’offusqua : « But your BOSS ?? No, I’ve never been your boss... Well, yes, technically I’ve been your boss, but ew, I hate the term. Let's say colleagues, okay ? » Il y avait tout de même un fond de vérité, Wes n’aimait pas être considéré comme un patron, il n’en avait jamais eu ni la carrure ni l’ambition. De plus en plus rompu à l’exercice difficile d’alterner entre vannes légères et discussions d’adultes, Wes switcha à nouveau sur un registre plus sérieux. « To be honest, I'm not really worried, like I said, you're strong. And I'll always be here to joke around when you get home. » Comme Ann, il envisageait leur futur commun avec une certaine exaltation, et c’était sans doute la première fois depuis des mois, voire des années, que se projeter ne le terrifiait pas. Mais avant d’envisager l’avenir, il y avait toute une relecture de leur histoire passée à effectuer. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le musicien était passé à côté de beaucoup, beaucoup de choses. « Looking back now, I realize that I missed so many opportunities with you. Remember that Christmas Eve in the ER ? We ended up eating sushi in the parking lot in the middle of the night and I should definitely have kissed you. » Wes se perdit un instant dans ses pensées, fasciné par le fait de revivre ces souvenirs sous un nouveau prisme. C’était sous son nez depuis si longtemps, avant même ce baiser de l’Overkill qui avait tout chamboulé. Il y avait eu tant de signes, tant d’indices… Wes avait l’impression de redécouvrir sa propre vie, comme un spectateur qui, dans la voiture après sa séance de ciné, se rappelle tout à coup des indices disséminés dans le film à twist qu’il vient de voir. « And that fake date ? Jeez, what a masquerade, I was so confused... » Il fut secoué par un léger rire, se remémorant l’effet foudroyant qu’avaient eu sur lui les techniques de séduction d’Ann. Wes mourrait de curiosité : que s’était-il passé dans la tête d’Ann tandis que son propre inconscient s’efforçait de réfréner son attirance ? Avait-elle déjà compris ou, comme lui, avait-elle préféré un déni confortable ?

Le silence s’installa, jusqu’à ce qu’elle lui réclame prudemment un avis. Wes ne put retenir un léger froncement de sourcils. Il ignorait quel genre de confession elle allait lui faire et son cerveau angoissé se mit immédiatement en alerte – avant qu’elle ne le rassure, sans doute consciente de sa propension à imaginer le pire. Son visage se détendit. « Of course you can. And I swear I won't embellish my opinion. » Incapable de résister à l’appel d’une plaisanterie (plus ou moins bonne, au demeurant), il ne put s’empêcher d’ajouter, une lueur d’espièglerie dans le regard : « Let me guess. You killed the neighbor and you want me to help you hide the body ? ‘Cause I’m in, where’s the dead old bat ? » Son élan irrépressible d’adolescent blagueur s'essouffla aussitôt. Il s’excusa, désolé d’avoir pollué cette tentative de communication alors même qu’Ann venait de lui confesser sa difficulté à parler. « Sorry, I'm a jackass. I'm listening. » Pour être honnête, il brûlait d’envie d’entendre cet aveu si mystérieux, pour lequel elle prenait tant de pincettes.

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Ven 5 Aoû - 9:45
Il n’y a pas grand-chose de plus agréable que de réaliser qu’on se trouve en présence d’une personne sécurisante, et il ne suffit de rien de plus qu’une caresse de sa part pour convaincre Ann que c’est le cas de Wes. Elle en avait déjà conscience depuis des mois : après tout, il avait plus d’une fois contribué à apaiser ses angoisses, à la rassurer quand il était évident que son moral était à zéro – malgré tout le mal qu’elle se donnait pour tenter de faire illusion. Mais vivre cet instant l’aide à réaliser les raisons pour lesquelles elle l’avait, au fil du temps et sans même le réaliser, autorisé à s’ériger au rang de l’une des personnes les plus importantes à ses yeux en baissant une à une toutes ses barrières de protection. Et pourquoi, depuis les aveux de leurs sentiments respectifs, l’idée d’un changement pourtant si important dans leur relation ne la perturbe plus outre mesure. Wesley a ses failles, tout comme n’importe quel autre être humain, mais ils ont tant partagé qu’ils se connaissent presque par cœur, apprenant même, semble-t-il, les réactions appropriées pour apaiser chaque état d’âme – preuve en est qu’il y parvient encore, sans qu’elle ait eu à prononcer le moindre mot. Et elle aura tout le temps de réfléchir à ce que signifie cette réalisation plus tard. Car pour l’instant et à nouveau, il gère son petit pic de panique avec toute la bienveillance du monde, et Anneke est trop occupée sur son petit nuage pour se laisser envahir par un tas de pensées parasites. Finalement, elle retrouve sa contenance aussi vite qu’elle l’a perdue. Et toujours blottie dans les bras de Wes et bercée par les cercles que son index forme sur sa peau, le ton semi-moqueur caractéristique de son bien-être revient rapidement.

Fidèles à eux-mêmes, le couple partage quelques minutes d’une intimité nouvelle mais aux accents familiers. Ann se réjouit de retrouver cette complicité malgré l’évolution de leur relation et se complaît dans leurs chamailleries aujourd’hui teintées d’une proximité qu’ils ne s’étaient jusqu’alors pas permis. A sa dernière maladresse cependant, la brune tente un rétropédalage peu efficace, très rapidement rassurée – encore, à croire vraiment qu’il est entré dans sa tête et a décrypté tous les codes – cependant par un Wesley qui ne se vexe même pas. Elle ne trouve rien d’autre à répondre qu’un « Good. » soulagé, trop occupée à se perdre dans le regard attendri de ce dernier pour en rajouter. Ses doigts glissent dans les cheveux de Wes qui n’a d’ailleurs pas l’air de se plaindre de ce silence contemplatif et la brune ne réfrène pas une seule seconde l’expression bienheureuse qu’elle affiche, bien décidée à profiter du moment. Prendre conscience, petit à petit, de l’affection qu’elle porte à cet homme qui semble la dévorer des yeux, toute l’adoration du monde dans les iris, et de la chance qu’elle a de vivre cet instant privilégié.

Leur quiétude n’est brisée que pour évoquer plusieurs sujets délicats mais néanmoins importants. Ann ne peut pas prétendre comprendre le musicien lorsqu’il évoque ses insécurités, ouvrant ainsi le bal des conversations sérieuses. Elle se sent pourtant capable de rattraper tout ce qu’elle n’a pas encore eu l’occasion de lui dire, ne se sentant pas légitime jusqu’alors. La brune en fait des caisses pour rassurer cet homme dont elle n’a jamais caché l’admiration qu’elle porte à son travail. D’une certaine manière, à présent qu’elle s’y sent autorisée, elle met tout en œuvre pour le garantir de son soutien indéfectible. « You will. You’ll get there. », susurre-t-elle d’une voix douce pour conclure ce chapitre, maintenant assurée que tout est sous contrôle. Elle presse doucement son pouce contre sa paume, manière non-verbale de mettre encore en emphase ses dernières paroles. « It’s gonna be okay. » Manifestement, il n’y a aucune raison que la situation empire. Wes comme elle sont revenus de loin, de très loin, même, et semblent tous les deux aujourd’hui bien plus sereins à l’idée de faire un ou plusieurs pas en avant. Rien ne sera jamais pire que les deux années écoulées, c’est une certitude, et puisqu’ils ont de toute évidence eu l’occasion de passer du temps ensemble au plus bas et d’apprendre un tas de choses sur leurs fonctionnements respectifs, Anneke n’est pas inquiète pour le musicien.

La conversation reprend sur le même ton sérieux mais léger, à l’inverse de leur unique incartade, qui revient sans surprise sur le tapis. La brune retrouve dans les yeux de Wes tout ce qu’elle ressent à ce sujet, jusqu’au même sentiment de gêne lorsqu’il s’agit de communiquer sur des questions difficiles, sentiment qui l’avait conduite à ne jamais oser reparler de ce premier baiser échangé sur un coup de tête, manquant presque de poser le point final de leur relation. Mais en ce début de journée, des promesses sont échangées et des excuses sont à nouveau formulées, et s’il n’est toujours pas agréable pour Anneke de se lancer dans ce genre de conversations, elle ne peut se voiler la face plus longtemps sur les bienfaits de la communication. Visiblement agacé par son comportement des jours précédents, d’ailleurs, Wes revient sur le sujet et la brune le remercie d’un hochement de tête un peu fébrile. Aussitôt, elle le rassure : « And I trust you. So I guess there’s nothing to worry about. » La vérité, s’il en est. Elle ne pensait pas la même chose le jour de leur dispute, mais maintenant qu’ils ont mis les choses au clair, Ann se sent suffisamment en confiance, le connaît assez, aussi, pour croire en ses promesses. Elle lève sur lui un regard tendre : « But thank you. And I’m sorry, again, for everything I said out of spite. I have no excuse, but it won’t happen again. » Un nouveau serment qu’elle n’aura aucun mal à tenir, si tant est qu’ils réussissent à se parler, à ne pas se laisser emporter par des non-dits. Et Anneke a tant souffert de la situation qu’elle ne s’inquiète pas : ils y arriveront.

Puisqu’ils sont dans le thème, Ann revient sur sa bourde précédente et la réaction du musicien la conforte dans le fait qu’il n’y avait aucune méprise. Soulagée, elle se permet de le taquiner : « Colleagues, then. You weren’t the bossy kind anyway. With me, at least. I can’t speak for every single person that has worked for you. » Puisqu’il le reconnaît lui-même, elle se permet. Et soyons francs, il avait été plutôt agréable de travailler avec Wes, bien plus que s’il s’était comporté en diva. Elle laisse échapper un léger rire à cette idée et continue : « But yeah, I feel good about you being here. Like, here, here. » Un sourire amusé sur les lèvres, elle désigne le matelas d’une main. « I was, um, could I say concerned? Yeah, I was concerned it would feel weird between us, but it doesn’t. It feels so right I’m actually surprised I never even thought of you, like, that way before. It’s like my brain shut off for two years. » Spéculer sur le bien-fondé de s’en être rendu compte plus tôt n’est pas nécessaire, cela dit. Ils étaient bien trop occupés à se débattre avec leur santé mentale pour qu’une relation amoureuse ne leur soit bénéfique, sans aucun doute. Redécouvrir leur relation sous ce nouveau prisme est amusant, cela dit, et il semblerait d’ailleurs que Wes, à son tour, se mette à penser à ce passé commun, à tous ces souvenirs qui paraissent maintenant si évidents mais qu’ils avaient été incapables d’analyser comme des preuves d’un attachement véritable sur le moment – ce jour où il avait passé Noël aux urgences avec elle en premier lieu dans la hiérarchie, à coup sûr. Ann revit l’instant et c’est comme si un million de pièces finissaient enfin par tomber dans son cerveau. « You were so amazing that day, you dropped all your plans to wait with me, I’m so sorry. How rude of me to not have kissed you, by the way. It’s funny, when I think about it, you weren’t home and I could have called anyone, but it was you all the same. » Inutile de se demander ce qui avait bien pu lui passer par la tête ce jour-là, finalement. C’était Wes, point, et inconsciemment, c’est probablement l’idée de l’avoir à ses côtés qui avait influencé son jugement. D’ailleurs, son sourire s’élargit à la mention de ce fameux faux date organisé par Elior. Mascarade est le mot approprié, sans aucun doute. « Oh, god, you too? I felt so weird, I blamed it on the champagne, but… » Elle ponctue sa remarque d’un haussement d’épaules. En regardant en arrière aujourd’hui, Ann réalise que les deux évènements évoqués par Wes font probablement partie des moments qui ont contribué à changer quelque chose dans leur relation. Pas prête à s’y risquer à l’époque, elle avait cela dit passé un temps considérable à ignorer chacun des signaux qui se présentaient à elle. « We had such a great time, though. We should have gone out more. But I guess after that fake date it would have meant going on real ones? And I’m not sure I was there yet if that makes sense. » Son cerveau avait plutôt pris un malin plaisir à lui fermer les yeux face aux détails menant dans cette direction. L’idée même d’être attirée par Wes, lors de ce faux date, aurait probablement suffi à la faire paniquer, à vrai dire. Et ils auraient tout le temps, maintenant que leur relation est mise au clair, de reprendre ces étapes sereinement. Ann a hâte de découvrir les joies de se promener à son bras, et quelque chose lui dit que se presser ne sert à rien. Aussi, aucun regret de son côté, juste des hypothèses qu’elle prend à la rigolade.

Après un silence, la brune décide qu’il est temps de parler de ce projet qu’elle couve depuis quelques mois. Après tout, Wes avait passé plusieurs minutes à avouer ses insécurités un peu plus tôt, un épisode qui suffit à la brune pour se convaincre qu’il est safe de l’imiter. Comme à son habitude, c’est par le second degré que commence par réagir le musicien et Ann accueille la petite blague avec un rire cristallin. « I wish. But no, she’s very much alive, unless Mother Nature’s finally decided to do her job. » Elle hausse les épaules et lui adresse une moue ennuyée, suffisamment grotesque pour témoigner de l’absence de sérieux dans sa réponse. La voisine est une vipère, mais elle ne lui voudrait aucun mal malgré tout. Une petite gastro, tout au plus, rien de grave. Mais Ann reprend rapidement son sérieux : « Yeah, no, I had that idea, and I’m convinced it’s interesting, but I don’t know if it’s good? » Levant les yeux vers Wes, elle grimace un peu. À vrai dire, que l’idée soit bonne ou pas, elle est déjà suffisamment ancrée dans son esprit pour qu’elle ne tente pas d’en faire quelque chose. Elle a cependant bon espoir de se rassurer auprès de la présence bienveillante du musicien. Après une courte pause, elle se lance enfin : « I figured, when it comes to our scene, it’s almost impossible to find any sort of content that isn’t entirely created by men, for men. And I’m not that good a composer but I know a thing or two about music, enough to feel comfortable sharing my opinion so, so I thought “hey, how cool would it be to gather all the people we never get to hear about and talk about the music we love and share our stories?” » Son regard s’illumine au fil de ses explications, véritablement transportée par cette idée. Et lorsque vient le moment de continuer son discours, c’est beaucoup plus déterminée qu’elle s’exécute : « Honestly at that point I didn’t expect it to lead to anything, it just… it sat there for a while, but then I had that talk with Eryn and these gals that were playing at the Overkill a few months ago, and… yeah, anyway, I think the idea of a podcast came out. » Le mot est sorti. Elle ne laisse cependant pas le temps à Wes de digérer l’information qu’elle reprend, un mélange de panique du jugement et d’excitation dans la voix : « Frankly I threw myself into it these last couple months, slowly. I don’t have a name yet, I’m figuring things out as I move forward, but, yeah, it’s happening, I guess? I don’t know where it’s going, I’m not even sure it’s a good idea, but… yeah. », elle termine d’un dernier haussement d’épaules. Comme pour se protéger cependant, elle reprend rapidement son ton détaché, incapable de determiner le degré d’illusion qu’elle réussit à maintenir. « And, I mean, I have no use of any straight men’s opinion on the matter, if they’re not interested they can fuck off and listen to pretty much anything else, they’re gonna relate nonetheless. But I do value yours. You’re the chosen one, Takagi, I love that for you. », conclut-elle avec un clin d’œil dans sa direction, incapable de réprimer un sourire malicieux. Sous ses airs détachés, Ann espère recevoir la validation du musicien, dont l’opinion lui est importante. Qu’il n’apprécie pas l’idée de l’empêchera pas de la mener à bien, entendons-nous, mais le contraire lui serait probablement bénéfique.

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Lun 15 Aoû - 12:14
It's gonna be okay, you'll get there… Wes enfouit son nez dans les cheveux d'Ann, ferma les yeux un instant et se laissa bercer par ses paroles apaisantes. Il se sentait si détendu que pour un peu, il aurait été tenté de s'assoupir à nouveau, à condition qu’Anneke soit au creux de ses bras. Mais cette dernière semblait déborder d'énergie et se rendormir ne figurait vraisemblablement pas dans ses plans. Une petite voix lui souffla qu’il fallait aussi songer à manger, mais le brun choisit de l’ignorer, il n’avait absolument aucune envie de s’extirper des draps et de la chaleur des bras d’Ann. Ça n’était pas tant son côté flemmard qui s’exprimait, mais plutôt la crainte de laisser filer l’instant, de s’extraire de leur cocon pour se confronter au monde réel – même si, pour l’heure, le monde réel ne consistait qu’à la cuisine de l’appartement.

Reparler de leur dispute mémorable de la veille était pour le moins risqué. Le musicien n’avait pu s’en empêcher, la faute à son besoin constant d’être rassuré, au risque de mettre leur quiétude en danger. Toutefois, il ne regretta pas un seul instant d’avoir remis le sujet sur le tapis. Avec un monde de patience dans les yeux, Ann affirma qu’il ne restait en elle aucune rancœur, aucune crainte, rien qui fasse ombre au tableau. Entre eux, le temps était au beau fixe, pas un nuage à l’horizon, et Wes tirait de cette certitude une force nouvelle. Il espérait qu’un épisode orageux comme celui de la veille ne se reproduirait pas entre eux, ou du moins pas avec cette ampleur destructrice. Après tout, ils avaient vécu deux ans dans une harmonie parfaite, il n’y avait aucune raison pour qu’ils n’y parviennent soudainement plus. Doucement, il formula autant un vœu qu’une promesse presque un peu trop belle pour être réaliste : « So no worries and no more arguments. Or only small arguments, because I take too long showers for example, I am sorry by the way, sometimes I'm lost in my thoughts and I lose track of time. » Il balaya ses excuses d’un rire. Peut-être qu’un jour les mots blessants d’Ann ressortiraient pendant une crise d’angoisse et d'irrationalité, allez savoir, mais en attendant, il avait déjà tout oublié. Et tout pardonné, bien trop heureux que ses sentiments soient partagés pour ruminer bêtement. D’ailleurs, il ne se priva pas de verbaliser son euphorie : « We're gonna be an awesome couple. » Ses yeux s’écarquillèrent une seconde alors qu’il réalisait le caractère officiel de ce qu’il venait de lâcher à haute voix, puis il décréta qu’il fallait bien appeler un chat un chat et leur couple, un couple.

La conversation dévia, leur permettant d’enterrer définitivement leur prise de bec. Le témoignage d’Ann lui fit réaliser avec surprise à quel point leurs deux ressentis étaient similaires. À croire que ces derniers mois, leurs cerveaux s’étaient concertés pour leur mettre des œillères en même temps, dans les mêmes situations, en parfaite synchronisation. « Yeah, I'm not feeling weird with you either. You were my friend, and then my best friend, and then the best friend I ever had, and now you're my girlfriend. It makes so much sense, I think my brain has managed to process the information now. » Il insista sur le « maintenant ». Il avait été si lent à la détente que ça en devenait presque drôle. Le musicien avait élevé le fait de louper tous les signaux d’Ann au rang de discipline olympique. « It took me a while to figure it out too, my friendship for you was so strong that I didn't even notice when it turned into, um, attraction. » Une attraction autant physique qu'émotionnelle, bref, en sentiment amoureux, mais Wes n'était pas encore prêt à utiliser le terme. « And I've never thought you could share this attraction. Between us, everything was so… platonic ? I would have felt like a criminal if I had dared to imagine another kind of relationship. » À trop vouloir une amitié sans ambiguïtés, il s’étaient montrés ridicules, entre leurs regards en douce d’adolescents, la distance réglementaire entre eux sur le canapé et le boycott total de tout commentaire sur leur physique respectif.

Revisiter leurs souvenirs communs s’avéra être l’une des activités préférées de Wes. Petit à petit, il mesurait de mieux en mieux la dimension stratosphérique du paquet de non-dits qu’ils se trimbalaient depuis des mois. Pas étonnant que ça ait manqué de leur exploser à la figure. L’un des meilleurs exemples résidait dans cette fameuse nuit du réveillon passée aux urgences. Jamais Wes n’aurait imaginé qu’Ann l’avait appelé pour une autre raison que la praticité… Même si, effectivement, il n’était pas à l’appart ce soir-là et contacter Eryn aurait été mille fois plus rapide. Encore un signe qu’il n’avait pas su interpréter. « I waited with you because the kitchen was literally a remake of The Shining, and because I was a bit worried about your blood not being inside your body, not because I expected anything in return. » Il approcha une main du visage de sa copine pour déposer une brève caresse sur sa joue. « We missed an opportunity to kiss that night, but it's okay, you made up for it afterwards at the Overkill and I must say that, our little misunderstanding aside, it was so great. » Si l’on excluait la fin de soirée absolument catastrophique, leur premier baiser avait activé un mécanisme dans la tête du musicien, et ce n’est qu’à partir de ce moment qu’il s’était mis à penser autrement. En un mot : ç’avait été son déclic. Même si, pour être honnête, le repas fancy chez Jojo’s avait aussi joué un grand rôle dans sa prise de conscience. « That was a really fun night, you’re right. And I wasn't there either, but now I'm so excited to take you on a real date. Not in a posh restaurant this time. I'm talking about real dates that look like us. » À nouveau dans ses iris, l’éclat d’un vif enthousiasme.

La violence surjouée de sa réaction envers la voisine le fit éclater de rire. Il savait qu’elle n’en pensait pas un mot, et que si cette affreuse bonne femme se trouvait un jour en difficulté, elle serait la première à lui porter secours. C’est cependant la seule plaisanterie que le musicien s’autorisa. Silencieux, il laissa Ann lui exposer son idée, faisant son possible pour ne pas se laisser déconcentrer par les yeux pétillants de la jeune femme. Et quand elle assura qu’elle estimait son opinion, la sienne parmi toutes les autres, il sentit sa poitrine gonfler sous l’effet de la fierté. Il n’était néanmoins pas dupe : quoi qu’il en pense, ça n’empêcherait pas Ann de mener son projet à bien. Il sourit. « The idea seems to be implanted in your brain and let's be honest : even if I thought it was bad you would still do it. I like that about you. » Il lui fallait maintenant verbaliser son avis et, l’air soudainement très sérieux, il se tut quelques instants pour choisir les bons mots. « I'd like to phrase this correctly… » Ann lui faisait confiance, il n’y rien qu’il désirait plus que de se montrer à la hauteur de ses attentes, en lui fournissant le fond de sa pensée de façon honnête, construite et, il l’espérait, pertinente. « I'm not dumb enough to think that our scene is fully inclusive. But since I've been living with you, you've shown me how not inclusive it is. And it's a much bigger problem than I thought. » Un grand sourire s’invita à nouveau sur son visage et il planta son regard dans celui de sa copine. « It was a really long and messy speech to say that I love your idea. »

Tout aussi fier d’elle et emballé qu’il l’était, Wes ne put contenir sa manie d’envisager le pire. Il connaissait le meilleur mais aussi le pire de leur milieu, et il nétait pas assez stupide pour croire qu’il n’y avait pas, à droite à gauche, quelques authentiques abrutis. « That said, I guess it's also political and I'm afraid you'll be the target of hateful idiots. » Partagé entre sa confiance totale entre une Ann qu’il savait solide et la peur de la voir rechuter à cause d’une vague de haine, Wes réprima une grimace. Si une telle chose arrivait, il serait là pour prendre le relais. Être présent en backup constituait la seule contribution qu’il pouvait apporter au projet d’Ann. « So if one day you get tired of answering haters on twitter, I'll be there. » Si dans une bagarre de bar il n'en menait pas large (voire il optait pour la technique du repli stratégique), il se sentait tout à fait capable de remporter une bataille de tweets bien sentis. C’était dans ses cordes. Soudain tout impatient, il s’exclama : « I swear, I can't wait to make fun of them in public ! They better not make any stupid comments about you and your project. You'll let me do it, right ?? »

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Ven 26 Aoû - 21:57
Jamais Ann n’avait vécu un réveil plus paisible, certainement pas depuis son retour à East Village deux ans auparavant. Wes niché au creux de son cou, la brune ferme les yeux et le serre contre elle. Son index décrit de petits cercles rassurants sur la peau du musicien et elle cale sa respiration sur la sienne. Un sentiment d’apaisement s’empare de la brune qui profite du silence qui s’installe alors. Elle n’a aucun moyen de connaître ce que le futur leur réserve, ni si leurs plans d’avenir se concrétiseront. A l’heure qu’il est cependant, elle se sent capable d’affirmer que peu importe ce qui les attend, gérer les déconvenues ne sera que plus aisé. Quand la conversation reprend, c’est avec détermination que l’un puis l’autre se rassurent sur leurs intentions de communiquer – d’essayer, du moins – pour ne pas reproduire ce qui avait bien failli les séparer. Et lorsque Wes tente un trait d’humour, c’est tête la première qu’Ann y plonge, avec la ferme intention d’en rajouter une couche : « No need to argue – there’s an easy fix to that issue: I’ll just shower with you from now on. » Elle réprime un éclat de rire dans un effort vain de garder une expression neutre. « To help you focus, of course, nothing else. For the water bill’s sake. », précise-t-elle, incapable de rester sérieuse plus longtemps. Elle pouffe et enfin, fière d’elle, son rire cristallin résonne dans la pièce. We’re gonna be an awesome couple., conclut finalement Wes. Ses deux derniers mots résonnent dans les oreilles d’Ann dont le sourire s’élargit encore alors qu’elle acquiesce, fébrile.

Petit à petit, puisqu’il semblerait que l’heure soit aux confidences, Ann s’autorise à partager son ressenti sur leur situation. Au fil de leurs aveux, ses doigts se serrent autour de ceux du brun, consciente du caractère improbable de leur synchronisation. De bien des manières, elle ressent chacun de ses mots comme s’ils sortaient de sa propre bouche. « Get out of my brain, Wes. », ricane-t-elle lorsqu’elle est certaine qu’il n’a plus rien à ajouter. Très vite, elle délivre le fond de sa pensée: « No, seriously, in the last 24hrs you’ve managed to express so many of my own thoughts, if anything must be weird it’s that, not us being together. » Il lui avait fallu le temps de s’en rendre compte, mais en ce début de journée, c’est une absolue certitude. La brève analyse de certains de leurs souvenirs ne fait que confirmer ce que pense Anneke, notamment lorsqu’il est question de cette veille de Noël passée dans la salle d’attente des urgences. Ce soir-là, elle avait fait en sorte de passer à côté de tous les signaux avec un soin qui pourrait presque paraître délibéré si Wes n’avait pas un vécu similaire sur lequel se raccrocher. Ce dernier, d’ailleurs, la rassure encore et alors qu’elle ferme les yeux au contact de ses doigts sur sa joue, se contente d’un I know à peine murmuré pour toute réponse. Et quand leur premier baiser revient sur le tapis, Ann ne peut s’empêcher d’apporter quelques précisions. « Loved every second of it. Slightly less the anxiety and overthinking that followed, I have to admit... » Son sourire se pince un instant. « I mean, like you said earlier: you’re the best friend I ever had. Kissing you jeopardized our whole, like, dynamic, that relationship we had that I valued and cared so much about and, yeah, by the time I realized, it was too late already. And we were so drunk I had no clue if, you know, if your consent was… » Soudain, elle balaie ce souvenir d’un geste de la main. Rien ne sert d’en parler à nouveau, à vrai dire. Ce qui s’est passé fait partie de leur histoire, bien entendu, et prétendre le contraire serait bien hypocrite. Mais en ce qui les concerne, la hache de guerre est enterrée. « Yeah, we already talked this through, there’s no point in circling back there. We’re good. We’re safe. » Si elle en a conscience en cet instant, le répéter à voix haute l’aide à ancrer cette nouvelle certitude dans son esprit. Son regard croise celui de Wes et elle lui offre un sourire mêlant tendresse et confiance, les yeux pétillants d’une lueur nouvelle, ou du moins, qui lui manquait ces deux dernières années. Cette évolution dans sa relation avec le musicien ne la guérira pas, mais se sentir capable d’avancer dans cette sédentarité qu’elle apprivoise à peine est un confort agréable. Et l’idée même de vivre de vrais dates en sa compagnie la rendrait presque euphorique. « I do like the sound of that. And I’m off tomorrow – fancy hitting on me in public? »

La conversation dévie à nouveau. En confiance, Ann se permet de dévoiler son projet de podcast à Wes. Son cœur bondit dans sa poitrine à plusieurs reprises, notamment quand sa première réaction consiste en lui rappeler qu’elle est têtue. What do you mean, ‘even if it was bad’?, pense-t-elle, ravalant sa panique pour le laisser terminer. I’d like to phrase this correctly…, il continue et en cet instant, Ann s’attend au pire, le cœur au bord des lèvres. Il parle, il parle encore, et finalement, le soulagement, tant et si bien qu’elle s’autorise un râle sonore. « Jeez, Wes, I thought you were trying to tell me it sucked. », rit-elle alors.

Pourtant, le musicien n’a pas terminé. A son intervention suivante, elle le coupe avec douceur : « Everything’s political, baby. » Une mise au point qu’elle pense importante. Elle ne va pas plus loin cependant, lui indiquant d’un signe de la main qu’elle ne compte pas lui couper la parole plus longtemps. Et l’enthousiasme dont il fait preuve lui arrache un sourire amusé. A vrai dire, elle ne lui en demanderait pas tant, mais son soutien lui fait un bien fou. Tout de même, elle ne peut s’empêcher de le mettre en garde : « I couldn’t stop you from doing it. But answering trolls and haters is an endless battle I have no desire to fight myself – I’ve got zero fucks to give and no intention of offering some random morons the attention they’re looking for. And honestly, you’re a big boy that can make his own decisions, but I would advise you don’t get involved either if it were to happen. » La malice au coin de l’oeil, elle précise: « Let’s be honest, I’d mostly find that hot and making out with a listener at the workplace would be very unprofessional of me. » Un haussement d’épaules plus tard, ravalant l’éclat de rire qui pointe le bout de son nez mais bien incapable d’effacer le rictus amusé de son visage, elle revient cela dit sur le droit chemin. A la base, elle tentait de se faire entendre, pas de draguer Wes sans vergogne – bien que l’idée soit plus que tentante, dans ces conditions. « But also, seriously now, it’s so not worth it. It - » Soudain, alors qu’elle est pourtant prête à lui exposer mille-et-uns arguments, la brune se réprime. Elle lève un regard tendre à la rencontre du sien et annonce, réalisant soudain : « Thank you – I should have started with that. Thank you so much. It’s such a privilege to be surrounded by people like you, really. » Toute sa vie, Ann a été relativement préservée et épargnée, enfermée dans un cocon tout à fait privilégié et, d’une certaine manière, bien loin de toutes ces problématiques qu’elle condamne – d’où l’idée de donner la parole aux autres dans le cadre d’un podcast plutôt que de tirer la couverture à elle. Aujourd’hui encore, si sa bulle a éclaté et qu’elle se retrouve confrontée au monde extérieur, elle peut malgré tout se targuer d’avoir comme colocataire, comme partenaire, un allié qui fait son possible et même plus. « You’re so supportive, it means the world. » Dans ses yeux, une lueur d’émotion et dans son cœur, une intense chaleur. Ann cède à l’impulsion de l’instant et glisse de quelques centimètres pour enrouler ses bras autour du musicien et enfouir son nez dans son cou. Elle laisse échapper un faible soupir. Les yeux fermés, elle profite de quelques secondes de quiétude avant l’inévitable échéance : celle de penser à se sortir du lit.

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Jeu 1 Sep - 17:26
Pour Wes, le côté charmeur d’Anneke était tout nouveau, car elle ne s’était jamais autorisée à le dévoiler en sa présence – du moins avant l’épisode de l’Overkill. Il y était cependant on ne peut plus réceptif : chacune des insinuations de la jeune femme lui faisait perdre son souffle et sa répartie. Cette histoire de douche, pourtant présentée comme une plaisanterie, le fit violemment rougir. Avec une latence de quelques secondes, il frémit : « For the bill. For the planet. Seems reasonable and not sensual at all, I'm in. » Ignorant tant bien que mal la voie par très catholique dans laquelle s’étaient engagées ses pensées, il railla : « Sometimes I feel like you're trying to turn me on, but obviously it doesn't work at all… » Peu aidé par le rire d’Ann, il parvint à redonner à son esprit un semblant de décence. Il s’en était fallu de peu, mais il était de nouveau mentalement disponible pour poursuivre la discussion.

Apprendre qu’Ann possédait presque exactement le même vécu que lui le rassura. Au moins, elle n’avait pas souffert durant des mois à cause de sa fausse indifférence. Et comme personne n’avait été malheureux (excepté ces deux derniers jours), il s’autorisa à trouver la situation cocasse et à en rire ouvertement. « Don't be afraid, I’m not inside your brain, I don't have any telepathic skills, because otherwise I would have been sooo much better with girls. » Son ricanement se transforma en un petit soupir de contentement, heureux qu’ils se comprennent si parfaitement et que leur relation n’ait jamais cessé d’être saine – malgré quelques couacs vite résolus.

Parmi ces couacs, leur petite commedia dell'arte à l’Overkill. Wes s’en voulait toujours d’avoir failli à sa mission, celle qui consistait à atténuer les crises d’angoisse d’Ann. Visiblement, la jeune femme éprouvait une certaine culpabilité elle aussi, à en juger par les justifications dans lesquelles elle se lança. En écho à son We’re safe, Wes embrassa son cou. Puis, dans un sursaut d’optimisme, il décréta : « What if we only keep the positive side of this evening ? I’ll cherish the memory of the moment I discovered that you kiss like a goddess. » Bien sûr, il n’était pas question de tout oublier, et surtout pas la leçon fondamentale qu’ils tiraient de cette soirée : communiquer sur ses sentiments n’est pas si superflu qu’il y paraît.  

Toujours porté par l’euphorie de l’instant, le musicien lança l’idée d’un vrai date sans vraiment réfléchir. Mais quand son regard croisa celui d’Ann, un léger vent de panique s’empara de lui. Il eut l’impression qu’il lui fallait trouver une idée géniale, là, maintenant, tout de suite. Planifier un rendez-vous idéal, hors du commun, bref, magique. L’ennui, c’est que Wes était nul dans l’exercice, et qu’organiser quoi que ce soit qui n’ait pas de rapport avec sa musique s’avérait pour lui mission impossible. Puis, soudain, la pression retomba comme un soufflet. Le brun expira doucement. Il connaissait Ann, il savait ce qui lui plaisait. Il n’avait absolument pas l’obligation de lui faire vivre le date le plus spectaculaire jamais imaginé. Il réfléchit un instant, songeant à leurs sorties habituelles et à la façon dont il pourrait rendre ça légèrement plus romantique, avant de lui sourire. « What about getting slightly drunk and going for a walk in the streets of little Italy ? »

Décidément bavarde (à l’image du musicien qui n’avait jamais lâché autant de mots d’affilée dans un intervalle de temps aussi court), Ann décida que le moment était opportun pour lui confier ses projets. Et Wes, dans un souci de bien faire, ne réalisa pas que sa réponse prenait beaucoup trop de temps à sortir pour ne pas être suspecte. Surpris par son râle, il se joignit finalement à son rire avec une grimace désolée. « God, sorry Ann, I love your idea. It's going to be good. You've got the skills, the knowledge and the convictions, it certainly can't be bad. » Évidemment qu’à ses yeux, ça ne pouvait pas être inintéressant. Des deux, il n’y avait aucun doute qu’Ann se défendait mieux en termes de culture musicale, et pourtant Wes pouvait se targuer d’être un vrai connaisseur. « And now I have dozens of questions. » Il n’attendit même pas pour toutes les poser, quitte à assaillir sa copine. Who will be your first guest ? What will be the theme of the first episode ? And the second one ? Will you allow me to attend the recording ?  De quoi noyer la pauvre Ann sous un océan d'enthousiasme. Et quand le sujet de potentiels haters atterrit sur le tapis, il s’empressa de tempérer face à l’inquiétude d’Ann. « I promise it won't become obsessive. One or two jokes at their expense, not one more. Unless you find it sexy, in which case it might be three or four jokes. » Finalement, Anneke retrouva sa place dans ses bras, cette place qui lui revenait de droit et qui n’avait jamais été cédée à une autre durant ces deux dernières années. Son regard tendre et ses paroles flatteuses le firent sourire et il murmura : « Sometimes I'm a huge moron and sometimes I manage to be a little less of one, right ? » Ann était là pour corriger sa trajectoire lorsqu'il effectuait des petites sorties de route et il aimait ça. Aussi cliché cela puisse-t-il paraître, elle le rendait meilleur, littéralement. Sa petite réflexion niaise fut cependant interrompue par le grondement sourd qu’émit son estomac, visiblement mécontent d’avoir été négligé. « Okay that's the sound of breakfast. I love cuddling but my tummy doesn't agree, sorry babe. My stomach is much less romantic than I am. » Il desserra son étreinte, conscient qu’il était peut-être temps pour eux de se lever et d’affronter la journée, même s’il y avait pire punition que de partager un déjeuner en amoureux.

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